Auto-entreprise et coronavirus (covid-19) : conséquences, aides et mesures

Auto-entreprise et coronavirus (covid-19) : conséquences, aides et mesures

20 mai 2020

Vous le savez, l'épidémie de coronavirus (COVID 19) a désormais atteint le stade pandémique 3.

La France tourne au ralenti.

Les auto-entrepreneurs en voient déjà les conséquences. Baisse d'activité et de chiffre d'affaires, arrêt de travail et arrêt maladie, confinement, garde d'enfants et principes de précaution... On fait le point sur la situation, les mesures exceptionnelles annoncées et les aides possibles pour les auto-entrepreneurs.

Dernière mise à jour : mercredi 20 mai, 11h00.


Sommaire

 


Baisse d'activité et de chiffre d'affaires

« Aucun salarié au Smic [qui se retrouve] au chômage partiel ne perdra un centime ». C'est ce que le ministre de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire, a indiqué vendredi 13 mars au micro de Jean-Jacques Bourdin.

Mais qu'en est-il des travailleurs non salariés et en particulier des auto-entrepreneurs (micro-entrepreneurs) ?

Que vous soyiez artisan, commerçant ou travailleur libéral, vous êtes nombreux à souffrir d'un ralentissement des commandes et missions voire d'annulations pures et simples.

La conséquence directe ? Des pertes de chiffre d'affaires potentiellement importantes, et ce, pour une durée indéterminée. Pour faire face à ces déficits brutaux de trésoreries, plusieurs mesures d'urgence ont été prises. On fait le point dessus.

Vous êtes à la tête d'une société, d'une entreprise (SAS, SARL, EIRL, etc.) ? Consultez l'article de notre partenaire Simplitoo, qui fait le point sur votre situation ainsi que sur les aides et les mesures qui vous concernent spécifiquement.

Bon à savoir

Les travailleurs salariés mis au chômage partiel par leur employeur seront indemnisés par l'État, à hauteur de 84 % de leur revenu net (100% s'ils sont au Smic).

Report des cotisations sociales à l'URSSAF

Face à la situation de crise, le gouvernement offre la possibilité à toutes les entreprises, et donc aux auto-entrepreneurs, de reporter le paiement de leurs cotisations sociales initialement prévues en mars, puis avril et mai.

Sachez que vous n'avez pas besoin de vous justifier auprès de votre URSSAF et qu'aucune pénalité de retard ne sera ensuite appliquée, face au caractère exceptionnel de la situation. Il vous faudra déclarer 0 € sur votre échéance de février (puis mars, avril et mai). On vous explique plus bas comment faire.

Vous aurez ensuite plusieurs mois pour vous acquitter des cotisations reportées une fois que la fin de l'état d'urgence sanitaire sera déclarée.

Comment demander le report de vos cotisations sociales ?

Depuis le mardi 17 mars, vous n'avez plus besoin d'envoyer un message à l'URSSAF pour demander le report de vos cotisations sociales. Le report se fait directement dans votre déclaration de chiffre d'affaires.

Quelles cotisations sociales sont concernées ?

Vous pouvez reporter vos cotisations sociales de mars, avril et mai 2020.

Comment faire ?

Rendez-vous dans votre espace personnel sur le site internet de l'URSSAF. Depuis mars, vous devez déclarer votre chiffre d'affaires réel encaissé. Le report a lieu au moment de la validation qui entraîne le paiement de vos charges. Pour les reporter, il vous suffit alors de ne pas valider.

En conséquence, aucun prélèvement de charges sociales ne sera effectué pour le mois concerné.

La marche à suivre est expliquée pas à pas dans un guide de déclaration spécial coronavirus mis en ligne par l'URSSAF.

Bon à savoir

Vous avez déjà payé vos cotisations sociales du mois de mars ? Vous pouvez demander un remboursement de vos cotisations sociales du mois de mars (uniquement) si le paiement ou le prélèvement SEPA a déjà été effectué. Vous devez en faire la demande auprès de votre URSSAF. Attention, cela ne vous dispensera pas de les régler à nouveau lorsque la situation sera revenue à la normale !

Puis-je demander le report de mon impôt sur le revenu ?

Le gouvernement a confirmé la possibilité d'un report charges fiscales, en plus des charges sociales. Concrètement, cela signifie que vous pouvez demander à reporter le paiement de votre impôt sur le revenu issu de votre activité d'auto-entrepreneur ou en modifier le taux. Les reports sont possibles trois fois si vos prélèvements sont mensuels, et une fois si vos prélèvements sont trimestriels.

Vous avez opté pour le versement forfaitaire libératoire

Si vous réglez vos charges fiscales à l'URSSAF (en plus de vos charges sociales), vous devez faire votre demande de report dans votre espace personnel sur autoentrepreneur.urssaf.fr.

Vous n'avez pas opté pour le versement forfaitaire libératoire

Si vous réglez les charges fiscales de votre auto-entreprises directement à votre centre des impôts, vous devez adresser votre demande de report à ce même centre, et non pas à l'URSSAF. Il vous faudra vous connecter à votre espace particulier.

Remises exceptionnelles sur les majorations et pénalités de retard

Mardi 10 mars, le gouvernement a également annoncé des remises exceptionnelles de la part de l'URSSAF. Celles-ci portent sur les majorations et pénalités de retards relatives aux cotisations sociales des entreprises. Celles-ci sont pour le moment suspendues.

Échelonnement de paiements

Même avec un report du paiement de vos cotisations sociales, il peut rester difficile de les régler d'un coup une fois le délai des trois mois écoulé. C'est pour cette raison que le gouvernement rend possible l'échelonnement du paiement de vos charges sociales.

Cette mesure est similaire à l'échelonnement que vous pouvez par exemple demander pour vos impôts. La durée de l'échelonnement est décidée au cas par cas par l'URSSAF, dans la limite de 12 mois. Pour plus d'informations à ce sujet, n'hésitez-pas à les appeler en composant le 3957.

Puis-je demander l'annulation de mes charges fiscales et sociales ?

Le 4 mai 2020, Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics, a annoncé une annulation des charges sociales pour les entreprises de moins de 10 salariés qui ont dû fermer administrativement par décret. Si vous êtes concerné (vous avez un petit commerce qui ne peut plus accueillir de public suite au décret d'interdiction), et uniquement dans ce cas, vos charges sociales devraient être annulées, en partie rétrospectivement, pour la durée du confinement : mars, avril et mai.

On parle uniquement des charges sociales pour cette mesure. Plus de détails à venir.

Par ailleurs, si vous n'avez pas dû fermer administrativement, vous n'êtes pas concerné par cette mesure (coiffeur à domicile ou coach sportif par exemple).

Une prise en charge de vos charges fiscales et sociales, quelle que soit votre situation, peut être décidée si vous faites une demande d'aide financière exceptionnelle auprès de l'URSSAF.

Loyer et factures énergétiques : possibilité de suspension ?

Difficile de s'acquitter de ses charges habituelles (loyer, crédits, électricité, eau et gaz) quand la baisse de chiffre d'affaires est importante.

Dès le 26 mars, le paiement des loyers et des factures d'eau, de gaz et d'électricité peut être reporté selon certaines conditions pour les entreprises en difficulté et ceci au cas par cas. Ces reports ne concernent que les locaux professionnels et commerciaux, et non pas votre domicile particulier. Deux cas de figure pour pouvoir faire votre demande de report :

  • Votre entreprise doit se trouver en réelle difficulté économique : procédure de sauvegarde, de redressement judiciaire ou de liquidation judiciaire
  • Vous êtes éligible au fonds de solidarité

Comment obtenir un report ou une suspension ?

Pour le report de vos factures d'eau, de gaz et d'électricité : vous devez vous rapprocher de votre fournisseur par mail ou par téléphone et formuler une demande de report à l'amiable en prouvant que vous appartenez à l'une des deux catégories mentionnées ci-dessus. Le report est valable pour les factures émises entre le 12 mars et la fin de l'état d'urgence sanitaire. Les factures concernées seront ensuite rééchelonnées sur une période minimale de six mois, qui pourra commencer dès le mois suivant la date de fin d'état d'urgence sanitaire.

Pour le report des loyers, voire leur annulation, la situation est plus complexe. Certaines fédérations de bailleurs et la Caisse des dépôts et consignations ont appelé leurs adhérents à annuler 3 mois de loyers pour les locataires qui ont dû fermer administrativement par décret. Dans les autres situations, vous devez adresser une demande de report à l'amiable à votre bailleur. Celui-ci n'est pas tenu d'accepter, mais sachez qu'aucunes pénalités financières ou intérêts de retard ne pourront être appliqués si vous ne réglez pas vos loyers pendant la durée de la crise sanitaire (et même dans les deux mois qui suivent la fin de celle-ci). Attention, car en cas de défaut d'accord à l'amiable, rien n'empêchera ensuite votre bailleur de vous sanctionner par la suite. Il pourrait très bien mettre fin à votre bail de location une fois la crise terminée. Dans tous les cas, privilégiez donc le dialogue avec votre bailleur.

On le répète : ces reports voire annulations ne concernent que les loyers et factures de locaux professionnels qui rentrent dans les deux catégories mentionnées plus haut.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter l'ordonnance qui encadre les reports de loyers et charges énergétiques ainsi que les pages 57 à 59 de la FAQ du ministère de l'Économie et des Finances.

Le fonds de solidarité (ou aide de 1500€)

Lundi 16 mars, une première aide d'urgence a été annoncée par la Fédération des Auto-Entrepreneurs (FNAE). Ce dispositif a été confirmé par ordonnance officielle le 25 mars 2020 et le décret l'encadrant a été publié le 31 mars et mis à jour à deux reprises entre temps.

Un fonds de solidarité est mis en place par le gouvernement à destination des auto-entrepreneurs. Ce fonds de solidarité exceptionnel est alimenté par l'État, les Régions ainsi que les grandes entreprises volontaires.

Il possède deux volets : un premier qui concerne potentiellement tous les auto-entrepreneurs et un second, plus restrictif, réservé aux entreprises en grande difficultés financière. Depuis le 13 mai, ce second volet est ouvert aux auto-entreprises qui n'emploient pas de salarié.

Qui peut en bénéficier en mars 2020 ?

Que vous déclariez votre chiffre d'affaires mensuellement ou trimestriellement.

Les conditions d'octroi ont été fixées comme suit pour mars 2020 :

  • Votre auto-entreprise a subit une interdiction d'accueil du public par décret ou votre chiffre d'affaires (CA) a baissé de plus de 50 % (et non plus 70%) :
    • entre mars 2019 et mars 2020
    • entre avril 2019 et mars 2020 si vous étiez en arrêt maladie ou congé parentalité en mars 2019 (pas de nombre de jours minimum)
    • entre votre chiffre d'affaires mensuel moyen et votre chiffre d'affaires de mars 2020 si vous avez créé votre auto-entreprise entre avril 2019 et le 31 janvier 2020
  • Vous réalisez moins de 1 million d'euros de CA annuel (ce qui est nécessairement votre cas en tant qu'auto-entrepreneur compte-tenu des plafonds de CA fixés).

 

Qui peut en bénéficier en avril 2020

(mise à jour le 13 mai 2020 suite à la publication d'un nouveau décret)

Pour la demande portant sur le mois d'avril 2020, les conditions d'octoi sont les suivantes.

Si vous avez créé votre auto-entreprise avant le 2 avril 2019, vous pouvez choisir de calculer votre perte de CA pour avril 2020 :

  • par rapport au mois d'avril 2019

ou

  • par rapport à la moyenne de vos CA de l'année 2019 (nouveauté)

 

Si vous avez créé votre auto-entreprise après le 1er avril 2019 et avant le 1er février 2020, vous continuez de calculer votre perte de CA pour avril 2020 :

  • par rapport à la moyenne mensuelle de vos CA depuis la création de votre entreprise jusqu'au 29 février 2020

 

Si vous avez créé votre auto-entreprise en février 2020, vous êtes désormais éligible au fonds de solidarité et calculez votre perte de CA en avril 2020 :

  • par rapport à votre CA de février 2020

 

Quelle que soit votre situation, votre activité doit toujours avoir subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 50 % à l'issue de ce calcul ou bien avoir subi une interdiction d'accueil du public (fermeture administrative).

Dernières informations

Depuis le 13 mai 2020 et pour le calcul de votre fonds de solidarité d'avril et mai, « le montant de la subvention est réduit du montant des retraites et indemnités journalières perçues ou à percevoir au titre du mois d'avril 2020 ». Cela signifie que le montant que vous percevrez in fine au titre du fonds de solidarité sera déduit du montant de vos IJ ou de votre pension de retraite perçus pendant le mois en question.

Qui est automatiquement exclu de cette aide ?

Depuis le 13 mai, vous ne pouvez pas prétendre à cette aide si :

  • vous avez créé votre auto-entreprise aprés le 29 février 2020
  • vous exercez une activité salariée à plein temps en parallèle
  • vous touchez une pension de retraite supérieure ou égale à 1500 €
  • vous avez bénéficié d'indemnités journalières de sécurité sociale entre le 1er et le 30 avril (puis entre le 1er et 31 mai), et leur montant total est supérieur ou égale à 1500 €.

 

Quel en est le montant ?

Le montant de cette aide sera égal à votre perte de chiffre d'affaires en mars 2020 (puis avril 2020) et sera plafonné à 1 500 € par mois de crise sanitaire. Cela signifie que ces 1500 € représentent la somme maximale qui vous sera versée chaque mois, après en avoir fait la demande et si vous respectez les conditions d'obtention. Si vos pertes de chiffre d'affaires représentent une valeur de moins de 1 500€, votre aide sera donc naturellement inférieure.

Exemples

Si vous avez réalisé un chiffre d'affaires de 1000 € en mars 2019 et qu'il ne représente plus que 200 € en mars 2020, vous toucherez, a priori, 800 € d'aide. Vous avez bien perdu plus de 50 % de chiffre d'affaires entre ces deux mois, mais cette perte de 800 € est inférieure à 1500 €. Même chose en avril.

Si vous avez réalisé un chiffre d'affaires de 3000€ en mars 2019 et qu'il ne représente plus que 500 € en mars 2020, vous toucherez, a priori, 1 500€ d'aide. Votre avez en effet perdu plus de 50 % de chiffre d'affaire entre ceux deux mois. Bien que votre perte d'élève à 2 500 €, le montant de l'aide est plafonné à 1 500 € et c'est donc la somme qui vous sera versée.

Comment en faire la demande ?

Vous pouvez effectuer votre demande d'aide exceptionnelle pour le mois de mars jusqu'au 30 avril. Pour celle concernant le mois d'avril, elle s'effectue entre le 1er et le 31 mai. La demande d'aide se fait par télédéclaration sur le site internet des impôts, à partir de votre espace particulier.

Vous devrez fournir pour votre demande :

  • vos numéros SIREN et SIRET, pour identifier votre entreprise
  • votre RIB, pour pouvoir être payé
  • vos déclarations de chiffres d'affaires, nécessaires au calcul du montant de votre aide
  • le montant de l'aide estimé à laquelle vous pouvez prétendre (c'est donc à vous d'en faire le calcul)
  • une déclaration sur l'honneur, pour assurer de l'exactitude des informations fournies

La Direction Générale des Finances Publiques, chargée de verser cette aide, procèdera alors à des vérifications dites de « premier niveau ». L'aide vous sera ensuite versée.

On revient sur les modalités de cette aide et on vous explique toute la marche à suivre dans notre article spécial fonds de solidarité.

Je veux vérifier mon éligibilité et le montant que je pourrais percevoir ?

Sans plus attendre, vous pouvez faire notre simulation (sur Messenger via un chatbot). Vous pourrez alors savoir si vous êtes éligible à l'aide et quel serait le montant dont vous pourriez bénéficier.

Après mars et avril ?

Le fonds de solidarité a une durée de trois mois : mars, avril et mai 2020. Il sera bientôt prolongé de trois mois supplémentaires (juin, juillet et août) pour les entreprises des secteurs suivants qui ne pourront pas rouvrir en mai :

  • restauration
  • tourisme
  • événementiel
  • sport
  • culture

L'aide financière exceptionnelle de l'URSSAF et du CPSTI

Si vos pertes de chiffre d'affaires vous font rencontrer de véritables difficultés financières et que vous n'êtes pas éligible au fonds de solidarité, vous pouvez demander à l'URSSAF une aide financière exceptionnelle. Notez que l'aide financière exceptionnelle et le fonds de solidarité ne sont pas compatibles.

Les conditions et le formulaire de cette demande d'aide exceptionnelle ont été modifiés (26 mars 2020) pour mieux répondre aux demandes en rapport avec la crise actuelle.

Qui verse cette aide ?

La demande d'aide financière exceptionnelle doit être adressée à l'URSSAF, bien qu'elle soit ensuite octroyée par l'aide sociale du CPSTI (Conseil de la protection sociale des travailleurs indépendants).

Quel en est le montant ?

Le montant de cette aide est décidé au cas par cas, en fonction de votre situation. Son montant maximal n'a pas été officiellement précisé.

Qui peut en bénéficier ?

Cette aide s'adresse aux travailleurs indépendants en grande difficulté, et donc aux auto-entrepreneurs.

Il en bénéficier, il vous faudra cependant :

  • ne pas être éligible au fonds de solidarité
  • avoir été affilié au plus tard le 31 décembre 2019 inclus (les créations d'entreprises en 2020 ne sont donc pas concernées)
  • avoir versé des cotisations sociales au moins une fois depuis le début de votre activité
  • être impacté de manière significative par les mesures de confinement et de fermeture au public actuelles
  • être à jour de vos cotisations et contributions sociales personnelles au 31 décembre 2019 (ou échéancier en cours)

Comment faire ma demande ?

Vous pensez être éligible ? Il vous faudra alors remplir le formulaire de demande d'intervention du fonds d'action sociale spécifique au coronavirus . Le précédent formulaire vous demandait d'inscrire le montant de toutes vos charges et de décrire en détail votre situation. Sa version actualisée au 26 mars ne vous demande plus que le montant de vos pertes de chiffres d'affaires liés à la crise.

Depuis la mi-mai, vous pouvez faire une demande pour avril, que vous ayiez déjà perçu cette aide au titre du mois de mars ou non.

Si vous résidez en outre-mer, le formulaire devra être transmis à la Cgss.

Votre dossier sera ensuite examiné par un agent de l'URSSAF qui vous contactera pour obtenir plus de détails et valider certaines informations. Cette aide n'est pas automatique et aucun recours n'existe en cas de refus.

Pour en savoir plus, consultez notre article dédié à l'aide financière exceptionnelle.

Les autres aides dont vous pouvez bénéficier

 

En plus du Fonds de Solidarité exceptionnel, crée spécialement pour la crise du coronavirus, des dispositifs déjà existants peuvent vous permettre de limiter les dégâts en cas de grande difficulté financière.

L'aide aux cotisants en difficultés (ACED)

Cette aide délivrée par l'URSSAF vous permet de vous dispenser en partie ou totalement de vos cotisations sociales. Elle peut intervenir à la suite d'une conjecture économique défavorable, ce qui est le cas avec l'épidémie de coronavirus.

Accordée sous certaines conditions, il vous faudra remplir et adresser à l'URSSAF un formulaire, similaire à celui de l'aide financière exceptionnelle décrite juste au-dessus. Pour les départements d'outre-mer, ce formulaire devra être adressé à la Cgss.

L'Allocation Spécifique de Solidarité (ASS)

Vous êtes auto-entrepreneur, avez épuisé vos droits à l'allocation chômage (ARE) et gagnez moins de 1171,80 € (ou 1841,40 € si vous vivez en couple) ? Vous pouvez faire une demande d'Allocation Spécifique de Solidarité à Pôle Emploi pour compléter vos revenus d'auto-entrepreneur. Le montant de cette allocation s'élève à 16,74 € par jour et court sur 6 mois renouvelables. Si vous pensez pouvoir en bénéficier, rendez-vous sur service-public.fr pour plus de détails et d'informations.

Le saviez-vous ?

L'Etat a décidé d'appliquer la circonstance de « cas de force majeure » à tous ses contrats pour la durée de l'épidémie. Cela signifie que si vous avez un contrat de marché public avec l'État, aucune pénalité ne sera appliquée en cas de retard de livraison.

L'indemnité « perte de gains » ou Retraite Complémentaire Indépendant (RCI)

Une indemnité destinée aux commercants, artisans et libéraux non réglementés ne cotisant pas à la CIPAV (les libéraux CIPAV ne sont donc pas concernés) est également mise en place. Cette aide, cumulable avec le fonds de solidarité ou l'aide financière exceptionnelle, vous sera versée automatiquement par le CPSTI. D'un montant maximal de 1 250 €, elle est « plafonnée à hauteur des cotisations et contributions sociales personnelles RCI versées au titre de l’exercice 2018 ». En clair, cette aide serait calculée à partir de vos cotisations sociales de retraite complémentaire. Concrètement, vous toucheriez environ 7 % des cotisations sociales que vous avez versées en 2018 car c'est le pourcentage normalement destiné à vos cotisations de retraite complémentaire.

Néanmoins, il semblerait que ce soit plutôt 7 % de votre revenu 2018 qui est en réalité versé (d'après les premiers retours). Pour rappel, votre revenu correspond à : votre chiffre d'affaire - votre abattement forfaitaire (34, 50 ou 71 % de votre CA en fonction de votre activité).

Quoi qu'il en soit, cette aide est defiscalisée : elle est donc exonérée de cotisations sociales et fiscales. Son financement est possible grâce aux bonnes réserves du régime complémentaire de retraite des indépendants.

Pour bénéficier de cette aide automatique, deux conditions :

  • être toujours en activité au 15 mars 2020
  • avoir été immatriculé avant le 1er janvier 2019.

 

L'aide a commencé à être versée le 27 avril 2020 et sera versées d'ici la mi mai à tous les bénéficiaires.

Indemnisation en cas de garde d'enfants à domicile

Jeudi 12 mars, l'allocution du président de la République a acté la fermeture de toutes les écoles du pays. La mesure concerne les crèches, collèges, lycées et universités. Elle a pris effet ce lundi 16 mars. La reprise progressive a commencé le 11 mai.

Vous êtes parents et devez cesser votre activité pour assurer la garde de vos enfants ? Pas de panique, des mesures ont également été mises en place.

Depuis le 1er mai, les salariés ont basculé en chômage partiel s'ils continuent de s'arrêter de travailler pour garder leurs enfants. Pour les indépendants, et donc les auto-entrepreneurs, les indemnités journalières sont bien maintenues. Elles ne diminueront pas jusqu'à la fin de l'État d'urgence sanitaire.

Conditions pour obtenir un arrêt de travail

« Si vous avez un enfant de moins de 16 ans et que le télétravail n’est pas possible, vous y avez droit automatiquement » a déclaré la ministre du Travail ce vendredi 13 mars. Le gouvernement rend donc possible une indemnisation compensatrice pour les parents d'enfants de moins de 16 ans. Cette indemnisation journalière vous sera versée par l'Assurance Maladie après avoir rempli une demande en ligne d'arrêt de travail. Toutefois, quelques conditions et modalités s'appliquent :

  • Vous devez avoir un enfant de moins de 16 ans dont l'établissement a été fermé en raison de l'épidémie (pas de limite d'âge si votre enfant est en situation de handicap).
  • Un seul parent peut bénéficier de l'indemnité.

La délivrance de cet arrêt de travail et des indemnités journalières liées signifient donc que vous ne pouvez pas travailler depuis chez vous. Si vous travaillez d'habitude depuis votre domicile, vous ne pourrez donc pas facturer pendant la durée de cet arrêt de travail.

Comment faire votre demande ?

Vous pouvez faire votre demande directement depuis le site declare.ameli.fr en remplissant le formulaire en ligne prévu à cet effet.

Si votre auto-entreprise est votre unique activité, vous pouvez en faire la demande vous-même. Vous devrez vous déclarer comme unique salarié (bien que la formulation soit théoriquement erronée) . Si vous exercez aussi une activité salariée en plus de votre activité indépendante, ce sera votre employeur qui remplira cette demande.

Cet arrêt dure jusque 21 jours et sera prolongeable en fonction de l'évolution de la situation. Vous pouvez le partager entre les deux parents mais un seul parent peut être arrêté à la fois. Aucun délai de carence n'est appliqué. Le montant de l'indemnisation journalière est le même que pour un arrêt maladie classique et est compris entre 5,46 € et 56,35 €, selon vos revenus et votre situation.

Information Importante

Vous ne devez pas vous rendre chez un médecin pour obtenir un arrêt de travail. C'est uniquement sur le site declare.ameli.fr qu'il s'obtient. La demande lance en même temps la procédure d'indemnisation journalière.

Arrêt de travail pour les personnes à la santé dite « fragile » et les femmes enceintes

Vous souffrez d'une affection de longue durée (maladie chronique, pathologie importante) ou êtes enceinte ? Vous êtes considéré comme une personne à risque élevé, c'est-à-dire qu'une infection par le coronavirus pourrait entraîner des complications.

Depuis le mercredi 18 mars, vous avez la possibilité de vous déclarer en arrêt de travail et ainsi bénéficier d'indemnités journalières, sans jour de carence, au même titre que les parents gardant leurs enfants.

Qui est concerné ?

Le public concerné est le suivant :

  • les femmes enceintes, à partir de leur 3ème trimestre de grossesse
  • les personnes atteintes de maladies respiratoires chroniques (asthme, bronchite chronique…)
  • les personnes atteintes d’insuffisances respiratoires chroniques
  • les personnes atteintes de mucoviscidose
  • les personnes atteintes d’insuffisances cardiaques (toutes causes)
  • les personnes atteintes de maladies des coronaires
  • les personnes avec antécédents d’accident vasculaire cérébral
  • les personnes souffrant d’hypertension artérielle
  • les personnes atteintes d’insuffisance rénale chronique dialysée
  • les personnes atteintes de Diabète de type 1 insulinodépendant et de diabète de type 2
  • personnes atteintes de pathologies cancéreuses et hématologiques, ou ayant subi une transplantation d’organe et de cellules souches hématopoïétiques
  • personnes atteintes de maladies inflammatoires et/ou auto-immunes recevant un traitement
  • personnes infectées par le VIH
  • les personnes atteintes de maladie hépatique chronique avec cirrhose
  • les personnes présentant une obésité avec un indice de masse corporelle (IMC) égal ou supérieur à 40

La liste exhaustive est actualisée est disponible sur le site de l'Assurance Maladie.

Comment se déclarer en arrêt de travail pour une de ces raisons ?

Que vous soyez salarié et auto-entrepreneur ou uniquement auto-entrepreneur, vous devrez effectuer vous-même la déclaration (et non votre potentiel employeur) sur la page dédiée du site de l'Assurance Maladie.

Il vous suffira alors de remplir les champs indiqués, certifier l'exactitude des renseignements fournis puis de cliquer sur « me déclarer ». Cet arrêt est établi pour une durée initiale de 21 jours. Vous n'avez pas besoin de vous rendre chez le médecin pour l'obtenir et vous n'avez pas de certificat médical à fournir pour cette déclaration (ceci, afin d'éviter d'engorger encore plus les cabinets). Cet arrêt de travail pourra être étendu en fonction de l'évolution de la situation sanitaire et conformément aux directives du gouvernement.

 

En cas de suspicion de coronavirus ou de risque d'exposition

Vous êtes infecté par le coronavirus, pensez l'être ou avez été en contact rapproché avec des personnes contaminées ? Vous pouvez, sous certaines conditions, bénéficier d'indemnités journalières compensatrices.

1er cas : vous avez été exposé au virus et devez vous confiner

Vous êtes maintenu à domicile après avoir séjourné dans une zone (région, ville ou pays) cluster ou avez été en contact avec une personne qui a été reconnue comme infectée ? Vous devez alors obtenir un arrêt de travail. Vous devez rentrer en contact avec l’Agence Régionale de la Santé (ARS) qui traitera alors votre cas, si celle-ci ne vous a pas déjà appelé.

Vous ne devez donc pas faire de demande sur le site declare.ameli puisque la procédure doit être enclenchée par l'ARS. Celle-ci doit vous déclarer comme  « cas contact à haut risque ».

2ème cas : vous pensez être infecté par le covid-19.

Vous devez d'abord vous faire tester. Sachez que vous ne pouvez pas vous faire tester dans les laboratoires de ville ou chez votre médecin traitant, contrairement à certaines fausses informations qui circulent.

Vous devez en effet d'abord appeler le 15 (SAMU), qui décidera alors de la marche à suivre, au cas par cas. Si vous êtes testé positif, un arrêt maladie vous sera alors délivré, vous ouvrant droit à des indemnités journalières.

Dans ces deux cas :

  • La durée maximale de votre arrêt est de 20 jours (arrêt de travail comme arrêt maladie).
  • Il n'y a pas de délai de carence pour votre indemnisation.

Information importante

Pour ne pas engorger les service du SAMU inutilement, nous vous recommandons d'appeler d'abord le numéro d'information gratuit et officiel du gouvernement au 0 800 130 000. Votre interlocuteur pourra alors répondre à toutes vos questions avant de vous aiguiller vers les services compétents si besoin est.

Dois-je suspendre mon activité ?

Conformément aux dispositions prises par le gouvernement ce samedi 14 mars et précisées ce dimanche 15, tous les commerces non indispensables au fonctionnement de la Nation sont désormais fermés. Depuis le 11 mai, tous les commerces peuvent réouvrir saufs :

  • les bars
  • les restaurants 
  • les hôtels
  • les salles de sport
  • les salles de théâtre, de cinéma, de concert (lieux culturels)

Vous recevez vos clients chez vous ou bien vous déplacez à leur domicile (ménage, chantiers, service à domicile, cours particuliers...) ?

Depuis le 11 mai, vous pouvez continuer votre activité ou bien la reprendre en appliquant strictement les mesures dites « barrières » :

Vous devez donc respecter la distance de sécurité d'un mètre avec vos clients.

Pour en savoir plus sur ce qui se passe à partir du 11 mai : déconfinement, préparez la reprise !

coronavirus-mesures-barrieres

Fermeture des commerces non essentiels

Pour rappel, jusqu'au 11 mai, la liste officielle des commerces fermés était la suivante :

  • catégorie L : Salles d'auditions, de conférences, de réunions, de spectacles ou à usage multiple
  • catégorie M : Magasins de vente et Centres commerciaux, sauf pour leurs activités de livraison et de retraits de commandes
  • catégorie N : Restaurants et débits de boissons, sauf pour leurs activités de livraison et de vente à emporter, le « room service » des restaurants et bars d'hôtels et la restauration collective sous contrat
  • catégorie P : Salles de danse et salles de jeux
  • catégorie S : Bibliothèques, centres de documentation
  • catégorie T : Salles d'expositions
  • catégorie X : Etablissements sportifs couverts
  • catégorie Y : Musées
  • catégorie CTS : Chapiteaux, tentes et structures
  • catégorie PA : Etablissements de plein air
  • catégorie R : Etablissements d'éveil, d'enseignement, de formation, centres de vacances, centres de loisirs sans hébergement, sauf ceux relevant des articles 4 et 5.

La liste officielle des commerces qui ont pu maintenir leur activité pendant le confinement a été précisée à la suite de cette liste dans l'annexe de l'arrêté du 15 mars, consultable en ligne.

Information Importante

Si vous avez un commerce et que vous ne trouvez pas votre activité dans les deux listes officielles, n'hésitez-pas à contacter directement votre préfecture.

Quoi qu'il en soit, la santé de tous est ici en jeu. La vôtre, comme celle de vos proches et de vos clients. Faites preuve de sens civique mais encore plus simplement, de bon sens !

J'ai choisi de continuer mon activité et dois me déplacer

Attention, ces informations ne sont plus valables depuis le 11 mai.
Si votre activité n'est pas concernée par les restrictions et que vous pouvez exercer sans mettre en danger votre propre santé, celle de vos clients et celle de votre entourage, vous pouvez légalement continuer de travailler. Sachez que cela n'est pas conseillé.

Il vous faudra cependant remplir une attestation de déplacement dérogatoire et l'accompagner obligatoirement d'un justificatif de déplacement professionnel. Si vous ne le faites pas, vous vous exposez à une amende de 135 €.

Contrairement à ce qui a été d'abord annoncé, vous ne pouvez pas présenter de version mobile de l'attestation et du justificatif. Vous devez donc les imprimer ou bien les rédiger sur une feuille de papier (papier libre) si vous n'avez pas d'imprimante à votre disposition.

Les autres conditions de déplacement dérogatoires sont indiquées sur interieur.gouv.fr.

Je n'ai plus de clients ou ai été contraint de stopper mon activité, que faire pour limiter les pertes ?

L'un des avantages de l'auto-entreprise, c'est de vous permettre d'exercer plusieurs activités en simultanné. Si votre activité est fortement impactée en raison de la crise actuelle, il vous est donc possible d'en ajouter une nouvelle, compatible avec les mesures actuelles de confinement.

On vous a d'ailleurs concocté un top 10 des activités à faire depuis chez vous. Il vous suffira alors de déclarer votre ajout d'activité en remplissant le formulaire adéquat sur le site guichetentreprises.fr. On vous explique comment faire dans notre article dédié à l'ajout d'une activité en auto-entreprise.

Quelques liens officiels utiles

 

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