Baromètre 2022 : comment vont les auto-entrepreneurs ?

Baromètre 2022 : comment vont les auto-entrepreneurs ?

17 novembre 2022

La popularité de la micro-entreprise ne se dément pas ! Ainsi, en janvier 2022, six entreprises sur dix étaient des auto-entreprises (étude Insee). Quel est le profil de ces indépendants ? Quelles sont leurs motivations et leurs aspirations ? Pour répondre à ces questions, le Portail Auto-Entrepreneur a lancé un grand sondage auquel 1 155 auto-entrepreneurs ont répondu. À l’heure de la réforme des retraites et d’une crise énergétique, voici les 5 enseignements de ce Baromètre 2022 en partenariat avec l'hebdomadaire L'Express ! 

 

L’auto-entreprise en 2022 : ce que l’enquête nous apprend 

L’année a été marquée par une succession de crises géopolitique, sanitaire, mais aussi écologique. Face à ces risques inédits, les auto-entrepreneurs mettent la question de leur protection sociale au cœur de leurs préoccupations, et en particulier l’amélioration du système des retraites

Plus de la moitié des auto-entrepreneurs interrogés (44 %) se disent touchés par la crise actuelle (baisse du nombre de clients, hausse des charges, etc.). Étonnamment, leur confiance en leur propre avenir reste plutôt bonne (7, sur une échelle de 1 à 10). 

Pourquoi créer son auto-entreprise ? Une écrasante majorité (73 %) déclare être poussée par un farouche besoin d’indépendance et l’envie vivre de sa passion.  

Cette recherche de sens au travail s’inscrit dans le contexte plus large de la « Grande Démission ». Apparue en 2020 aux États-Unis sous le nom du Big Quit, cette vague de démissions gagne aujourd’hui du terrain en France. 41 % des répondants ont en effet quitté un emploi salarié pour se mettre à leur compte. Une tendance en hausse depuis un an ! 

Grâce aux réponses au Baromètre 2022, le Portail Auto-Entrepreneur a tiré 5 grands constats pour l’auto-entreprise. Découvrez-les tout de suite !

Envie d'en savoir plus sur les résultats de l’enquête ? Téléchargez gratuitement le Baromètre de l’auto-entreprise 2022 et découvrez le détail des réponses.

 

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Constat nᵒ 1 : la retraite comme motif majeur de préoccupation 

Retraite, cotisations, chômage... 37 % des répondants aspirent à l’amélioration de leur couverture sociale.  

Exposés à une succession de crises sanitaires et géopolitiques, ils estiment qu’il est prioritaire de renforcer leur protection sociale tout au long de leur vie.

Parmi les mesures souhaitées, « améliorer le système des retraites » se positionne incontestablement en première ligne (53 %), largement devant l’augmentation des indemnités journalières et le droit aux arrêts maladie (22 %).

Ces revendications font écho au projet de réforme des retraites en cours de discussion. Report de l’âge légal, relèvement de la pension minimale, prise en compte de la pénibilité au travail, de nombreuses mesures sont en ce moment débattues au Parlement. La nouvelle version du système des retraites devrait entrer en vigueur dès l’été 2023.

Pour aller plus loin : Tout comprendre sur la retraite en auto-entreprise 

Bon à savoir 

Les auto-entrepreneurs soulignent également leur besoin d’aides au lancement (28 %) et la baisse du montant des charges sociales (28 %). 

Constat nᵒ 2 : sans filet face à la crise énergétique 

Les auto-entrepreneurs touchés par la hausse des charges et des prix 

« Ambiance générale pesante », « Augmentation des coûts des matières premières nécessaires à mon activité », « Incertitude quant à l’avenir » : 44 % des répondants déclarent être touchés par la crise économique depuis le mois de septembre 2022. Parmi eux, 30 % considèrent que la crise les touche « fortement » et 12 % l’ont subie « sévèrement ». 

Les auto-entrepreneurs s’estimant les plus touchés par la crise sont :

1. Les artisans (38 %)

2. Les commerçants (33 %)

3. Les libéraux (29 %)  

29 % des auto-entrepreneurs touchés soulignent « l’augmentation importante des charges et dépenses de fonctionnement ». La même proportion (29 %) évoque « la baisse du nombre de clients » tandis que 15 % mettent en avant des difficultés d’approvisionnement. Ces difficultés touchent donc avant tout les activités artisanales. 

Pour d’autres : « Ma petite entreprise ne connaît pas la crise » 

Du côté des autres répondants (56 %), la crise ne semble pas avoir eu de conséquences sur leur activité. Pour eux, c’est Business as usual (« les affaires tournent comme d’habitude »). 

Comment expliquer cette tendance ? Une grande proportion des auto-entrepreneurs sondés provient du secteur des services (47 %). On peut donc supposer que, contrairement aux artisans, ces répondants sont peu touchés par les problèmes d’approvisionnement ou la hausse des prix des matières premières.

Ce professionnel libéral en témoigne : « Peu de charges (20 km / jour), peu de matériel, donc pas plus de frais (sauf assurance pro, mutuelle, complémentaire, site internet... qui eux augmentent) ». 

Les mesures gouvernementales temporaires tels que le bouclier tarifaire ou le chèque énergie auraient de plus permis de limiter les effets de la crise en France. 7 % des auto-entrepreneurs pas ou peu touchés pointent du doigt un « manque de recul pour dresser un état des lieux ». 

Bon à savoir

5 % des auto-entrepreneurs consultés affirment que la crise a eu des effets positifs sur leur activité. Un professionnel du bâtiment témoigne : « Avec le Covid et les confinements, la plupart des gens se sont rendu compte qu’ils voulaient se sentir bien chez eux. Ils font beaucoup plus de travaux ». 

Constat nᵒ 3 : la « Grande Démission » arrive chez les Français 

Près d’un répondant sur deux (41 %) a quitté son emploi salarié pour se lancer à son compte. La moitié d’entre eux a démissionné il y a moins de 18 mois. De plus, 7 % des auto-entrepreneurs sondés projettent de démissionner.  

Notre sondage rejoint l’étude de la Dares qui souligne un taux de démission plus élevé au 1er trimestre 2022 (2,7 %). Ce chiffre constitue un record historique depuis la crise de 2018 (2,9 %).

Pour aller plus loin : Démissionner pour créer son auto-entreprise : mode d’emploi 

Les réponses collectées nous ont permis de dresser un portrait-robot de l’auto-entrepreneur démissionnaire :

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Plus de la moitié des auto-entrepreneurs interrogés (51 %) déclarent avoir créé leur activité afin de devenir leur propre patron. Cette soif d’indépendance se révèle même plus importante que la motivation financière (17 %).  

Des auto-entrepreneurs nous partagent leur expérience : 

« À l’heure du numérique, nous disposons d’un panel de possibilités qui nous permettent d’adapter notre vie professionnelle à nos impératifs personnels. » 

« J’étais lasse de ne pas être reconnue dans le travail que je fournissais et avais envie de donner plus de sens à ce que je sais faire. » 

Le saviez-vous ? 

La crise sanitaire a bouleversé en profondeur les représentations du travail en France. Devenir indépendant est aujourd'hui devenu un levier pour donner plus de sens à sa vie professionnelle. Selon une étude de l’Anact publiée en juin 2022, 4 travailleurs actifs sur 10 projettent de démissionner pour retrouver du sens dans leur profession. 

Constat nᵒ 4 : l’auto-entreprise, un choix assumé et non une contrainte

Près de la moitié des répondants, démissionnaires ou non, affirment d’abord vouloir être indépendants dans leur vie professionnelle. La micro-entreprise se présente alors comme une manière d’échapper aux contraintes du salariat. Ce choix est décrit comme une « bouffée d’air », un « besoin vital » ou encore un « grand défi ». 

« Je sortais d’un burn-out et venais de perdre mon travail. Je n’avais plus envie de redevenir salariée : je souhaitais être mon propre patron. Cela m’a permis de gérer mon emploi du temps pour concilier ma vie professionnelle et personnelle à ma façon. »

 

Les répondants mettent en avant 5 raisons qui les ont poussés à créer leur auto-entreprise (plusieurs réponses étaient possibles) : 

1. Volonté de liberté et d’indépendance : 47 % 

2. Réalisation d’un projet personnel et l’envie de vivre de sa passion : 17 % 

3. Ambition d’entreprendre et d’augmenter ses revenus : 12 % 

4. Obligation d’obtenir un statut pour exercer son activité : 10 % 

5. Recherche de sens et respect de ses valeurs : 9 % 

En 2021, la tendance était inversée ! 58,5 % des répondants au Baromètre 2021 se lançaient pour concrétiser un projet personnel et 33 % pour gérer librement leur emploi du temps. 

« La liberté de créer son propre emploi du temps n'a pas de prix. Je travaille dans un domaine qui me correspond et qui ne sert pas seulement à gagner de l'argent, mais à me faire du bien autant que j'en fais aux autres. » 

Information importante 

Un répondant sur 10 a opté pour l'auto-entreprise par obligation. Cela concerne essentiellement les retraités, les demandeurs d’emploi ou les personnes pour lesquelles il était urgent de choisir un statut juridique pour leur activité (afin de rejoindre une plateforme de freelances par exemple). « Je n’avais pas droit au chômage, j’ai donc dû créer une activité pour avoir un revenu rapidement. » témoigne un répondant. 

Constat nᵒ 5 : les auto-entrepreneurs ont foi en leur avenir, moins en celui de la France 

Un moral globalement positif 

Globalement, les auto-entrepreneurs interrogés restent confiants lorsqu'ils envisagent leur avenir. 66 % d’entre eux comptent développer leur activité en auto-entreprise dans les trois prochaines années.  

De manière plus générale, le moral des répondants est au beau fixe pour l’année à venir. Ils le placent à 7 sur une échelle de 1 à 10. Cette note était de 5,5/10 en 2021. 

Ce n’est pas tout : 19 % des auto-entrepreneurs interrogés projettent même de transformer leur auto-entreprise en entreprise individuelle classique ou de créer une société. Les plafonds du régime de la micro-entreprise étant limités, ces chiffres laissent donc supposer qu'un auto-entrepreneur sur cinq connaît une forte croissance de son activité

Au total, une écrasante majorité (85 %) souhaite continuer d’entreprendre dans les trois années à venir. C’est 11 % de plus qu'en 2021 ! 

Cet optimisme peut surprendre, puisque plus d’un tiers des auto-entrepreneurs consultés (36 %) déclarent un chiffre d’affaires annuel de moins de 5 000 euros par an. Cette somme est deux fois inférieure au SMIC. L’auto-entreprise est pourtant l’activité principale de 74 % de nos répondants. Seuls 43 % des auto-entrepreneurs déclarent un chiffre d’affaires supérieur à 10 000 euros annuels

Le saviez-vous ? 

Plus d’1 indépendant sur 10 vivait sous le seuil de pauvreté en 2019. Cela correspond à un revenu disponible de 1102 € par mois pour une personne seule (Insee Première nᵒ 1884, janvier 2022). 

Si le moral est auto-entrepreneurs est globalement bon, 8 % des répondants envisagent tout de même de mettre fin à leur activité. Cette proportion s’élevait à 23 % l’an dernier. Les auto-entrepreneurs interrogés évoquent un chiffre d’affaires insuffisant, un âge avancé, une irrégularité de revenus ou encore des charges élevées. 

Un regard pessimiste sur l’avenir de la France 

Concernant la situation économique et l’avenir de la France, les auto-entrepreneurs se montrent plus pessimistes, avec une note de 4,5 (sur une échelle de 1 à 10). Les répondants seraient donc plus rassurés par leur avenir professionnel que par celui de leur pays

On retrouve ce même décalage dans différentes enquêtes d’opinion sur le bonheur des Français. Ainsi, le Baromètre des Territoires publié en novembre 2021 conclut que si la majorité des Français se disent heureux dans leur cercle familial, ils sont plus critiques dans le modèle économique de leur pays. 

Ces données n’auraient pu être recueillies et analysées sans la participation de ces 1 155 répondants volontaires. Les équipes du Portail Auto-Entrepreneur les remercient d’avoir pris le temps de partager leurs aspirations, doutes et perspectives sur l’auto-entreprise en 2022. 

Vous aussi, vous aimeriez en savoir plus sur l’auto-entreprise en 2022 ? Téléchargez notre Baromètre pour accéder à l’intégralité de l’étude

 

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