Auto-entrepreneur et retraite : ce qu’il faut savoir

10 min
Mis à jour le 08/07/2026

Lointaine pour certains, proche pour d’autres, la retraite des micro-entrepreneurs est sujette à bon nombre de questionnements. En France, un auto-entrepreneur cotise pour sa retraite via ses cotisations Urssaf, en proportion de son chiffre d'affaires déclaré. Un CA nul n'ouvre aucun droit. Ces cotisations ouvrent droit à la retraite de base (jusqu'à 4 trimestres par an) et à une retraite complémentaire en points. Mais concrètement, comment cotise-t-on à la retraite quand on est indépendant en 2026 ? Comment la Cipav ou l’Assurance retraite calculent votre future pension ? Quelles différences entre retraite de base, complémentaire et épargne retraite ? Voici un guide complet pour vous aider à estimer vos revenus de futur retraité et bien préparer votre avenir.

L’essentiel à connaître sur la retraite des auto-entrepreneurs en 2026

  • Vous cotisez pour votre retraite via vos cotisations sociales Urssaf.
  • Le montant de vos droits dépend de votre chiffre d’affaires déclaré (CA nul = aucun droit).
  • Vous validez jusqu’à 4 trimestres par an, sous conditions de revenus.
  • Vous relevez soit du régime général, soit de la CIPAV, selon votre activité.
  • Les règles applicables aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026 ont été modifiées par les textes publiés en mai 2026. Vérifiez votre situation selon votre année de naissance.
  • Le taux plein nécessite un nombre de trimestres suffisant ou est accordé automatiquement à 67 ans.
  • Les retraites de base et complémentaire fonctionnent par points : plus vous cotisez, plus vous cumulez de points qui seront convertis en euros au moment de votre départ à la retraite.
  • Une épargne retraite complémentaire peut être utile pour maintenir son niveau de vie : renseignez-vous sur les plans d’épargne retraite (PER).

Un auto-entrepreneur cotise-t-il pour la retraite, et comment ?

Contrairement à une idée reçue, les auto-entrepreneurs cotisent bien pour leur retraite. Les cotisations sociales versées à l'Urssaf permettent de financer à la fois la retraite de base et la retraite complémentaire.

En pratique, dans le cadre du régime micro-social, vous réglez l'ensemble de vos charges sociales à l'Urssaf lors de votre déclaration mensuelle ou trimestrielle de chiffre d'affaires.

Vous vous acquittez à ce moment de plusieurs cotisations : assurance vieillesse, maladie, invalidité, formation, etc. Vous payez vos cotisations sociales selon un taux forfaitaire appliqué à votre chiffre d’affaires déclaré.

L’Urssaf se charge ensuite de redistribuer cet argent aux différents organismes dont vous dépendez. Une partie ira notamment vers votre caisse de retraite (Cipav ou Assurance retraite selon votre situation).

 

Bon à savoir

Depuis le 1er janvier 2023, l'Urssaf est l'interlocuteur unique des professionnels libéraux relevant de la CIPAV. Elle centralise la collecte de leurs cotisations, y compris retraite de base, retraite complémentaire et invalidité-décès.

Attention, le montant de vos cotisations varie en fonction de votre chiffre d’affaires. Si vous déclarez un CA nul, vous ne cotisez donc pas pour votre retraite.

Quels sont les taux de cotisations retraite ?

Le taux global de cotisations auto-entrepreneurs affiliés au régime général de la Sécurité sociale et déclarant leur chiffre d’affaires dans la catégorie des BNC est de 25,6 % en 2026 (Urssaf). Il a évolué progressivement ces trois dernières années :

du 1er juillet au 31 décembre 202423,1 %
du 1er janvier au 31 décembre 202524,6 %
à partir du 1er janvier 202625,6 %

Pour les auto-entrepreneurs relevant de la Cipav, le taux global de cotisations a également évolué. Il est de 23,2 % en 2026. À la différence du taux BNC régime général, la hausse CIPAV s'est faite en une seule fois depuis 2024 et non pas progressivement.

 

Le saviez-vous ?

Vous êtes déjà retraité et souhaitez poursuivre ou démarrer une activité ? Consultez notre guide dédié pour comprendre les règles du cumul retraite et auto-entreprise.

> Pour aller plus loin : consultez notre article dédié sur la Cipav.

Quelle caisse de retraite : régime général ou CIPAV ?

Votre caisse de retraite dépend de la nature de votre activité. Les artisans, commerçants et la plupart des professions libérales relèvent du régime général, tandis que certaines professions libérales restent affiliées à la CIPAV.

Avec le statut d’auto-entrepreneur, vous n'êtes pas tous affiliés au même organisme de retraite : vous êtes rattaché soit à l’Assurance retraite (régime général), soit à la Cipav, selon la nature de votre activité.

Connaître votre organisme de rattachement est essentiel car les modalités d'acquisition et de calcul de vos droits à la retraite peuvent varier.

Notez également que votre retraite de base et votre retraite complémentaire relèvent d’une seule et unique caisse (contrairement aux salariés et aux fonctionnaires). C’est le cumul de ces 2 pensions qui constituera votre retraite de micro-entrepreneur.

Pour résumer, au cours de votre activité de micro-entrepreneur, vous acquérez des droits à une retraite de base et à une retraite complémentaire. Le montant total de votre retraite correspondra à l'addition de ces différentes pensions, auxquelles pourront s'ajouter les droits acquis dans d'autres régimes si vous avez exercé d'autres activités au cours de votre carrière.

 

Information importante

Après la création de votre micro-entreprise et la réception de votre SIRET, vous avez probablement reçu de multiples courriers, dont certains proviennent de caisses de retraite complémentaire rattachées à l’Agirc-Arrco (Réunica, AG2R, Humanis, Malakoff **Mederic, etc.). N’en tenez pas compte car ces documents concernent uniquement les entreprises qui embauchent des salariés. Votre affiliation à votre organisme de retraite de base et complémentaire est automatique.

Vous êtes commerçant ou artisan

Vous dépendez de l’Assurance retraite, quelle que soit la date de création de votre activité.

  • Si vous habitez en Île‑de‑France : votre dossier est géré directement par la CNAV (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse – Île‑de‑France).
  • Si vous habitez dans une autre région de France métropolitaine : votre dossier est pris en charge par la CARSAT compétente pour votre département.
  • Si vous habitez dans les départements et collectivités d’Outre‑mer : votre dossier est traité par la CGSS ou CSS locale de votre territoire.

Ainsi, l’organisme qui s’occupe de votre retraite dépend de votre lieu de résidence, mais vous n’avez rien à choisir : votre dossier est automatiquement dirigé vers l’organisme compétent.

Vous exercez une activité libérale

Les choses sont ici plus subtiles !

Vous êtes rattaché à la Caisse interprofessionnelle de prévoyance et d’assurance vieillesse (Cipav) pour votre assurance retraite si vous exercez l’une des professions suivantes :

  • architecte, architecte d’intérieur, économiste de la construction, maître d’œuvre, géomètre-expert, ingénieur-conseil
  • moniteur de ski, guide de haute montagne, accompagnateur de moyenne montagne
  • ostéopathe, psychologue, psychothérapeute, psychomotricien, ergothérapeute, diététicien, chiropracteur
  • artiste non affilié au régime des artistes-auteurs
  • expert devant les tribunaux
  • expert en automobile
  • guide-conférencier

Vous n’exercez aucune de ces professions ? Dans ce cas, deux possibilités :

  • Vous avez créé votre activité libérale après le 1er janvier 2018 : vous êtes affilié à l’Assurance retraite du régime général (comme les artisans et les commerçants, même si votre niveau de cotisation peut être différent).
  • Les professionnels libéraux qui étaient affiliés à la Cipav avant 2018 ont pu, sous certaines conditions, exercer un droit d'option pour rejoindre le régime général. Les modalités de ce dispositif ont évolué et les nouvelles créations d'activité ne sont plus concernées.

Comment est calculée la pension (base+complémentaire) ?

Vous dépendez du régime général

Les micro-entrepreneurs rattachés au régime général bénéficient des mêmes règles de calcul que les salariés du privé : revenu annuel moyen, taux, trimestres validés. La différence tient à la base retenue : là où le salarié cotise sur son salaire, le micro-entrepreneur cotise sur son chiffre d'affaires, ce qui aboutit en général à un revenu de référence plus faible et donc à une pension plus modeste à durée de carrière équivalente.

Votre caisse de retraite ne retient pas votre chiffre d'affaires brut comme base de calcul. Elle reconstitue un revenu cotisé à partir de la part de vos cotisations effectivement versée pour la retraite de base. Ce revenu cotisé, inférieur à votre CA, sert ensuite à calculer le montant de votre pension et vos trimestres validés.

La retraite de base du régime général 

Artisan, commerçant et libéral (hors CIPAV) 

Revenu annuel moyen × Taux × (nombre de trimestres validés / durée de référence) 

 
De quoi parle-t-on ?

 Revenu annuel moyen : moyenne des 25 meilleures années de cotisations

 Taux : il sera de 50 % (taux plein) si vous avez validé assez de trimestres ou si vous prenez votre retraite à 67 ans. S’il vous manque des trimestres, ce taux sera minoré. 

 Nombre de trimestres d’assurance validés : les trimestres cotisés + les trimestres assimilés (service militaire, maladie, maternité, invalidité, chômage) + la majoration de durée d'assurance pour enfants (MDAE) qui peut vous permettre d’acquérir des trimestres supplémentaires au titre d’une maternité mais aussi de l’éducation ou de l’adoption d’un enfant.

 Durée de référence : nombre de trimestres que devez valider pour avoir une retraite à taux plein (voir notre premier tableau). 

Le résultat donne le montant annuel (et non pas mensuel) de votre pension de retraite de base. 

 Si vous avez validé tous vos trimestres, la formule devient tout simplement :  

 Revenu annuel moyen x 50 % 

 En clair, le montant de votre retraite de base correspond à la moitié de votre revenu moyen (qui est basé sur vos 25 meilleures années).

En clair, le montant de votre retraite de base correspond à la moitié de votre revenu moyen (qui est basé sur vos 25 meilleures années).

Attention, le montant de la retraite de base versée par le régime général ne peut pas dépasser 50 % du plafond de la sécurité sociale (plafond en application durant l'année du départ à la retraite, c'est-à-dire 4 005 € en 2026). Ainsi, si vous prenez votre retraite en 2026, vous ne pourrez pas toucher plus de 2 002,50 € par mois (pension de base du régime général) avec votre retraite de base, sauf cas particulier ouvrant droit à une majoration de retraite, comme précisé dans la circulaire CNAV du 5 janvier 2026.

 

Le saviez-vous ?

Si vous êtes micro-entrepreneur, sachez que votre caisse de retraite ne retient pas votre chiffre d'affaires brut comme base de calcul. Elle reconstitue un revenu cotisé à partir de la part de vos cotisations effectivement versée pour la retraite de base. Ce revenu cotisé, inférieur à votre CA, sert ensuite à calculer votre pension et vos trimestres validés.

Comment fonctionne la retraite complémentaire ?

La retraite complémentaire des indépendants (RCI) est une pension qui vient s’additionner à votre retraite de base. Elle est calculée selon un système par points : plus vous cotisez, plus vous cumulez de points.

Attention, vous toucherez une retraite complémentaire complète seulement si vous avez obtenu votre retraite de base à taux plein (sans décote). Dans le cas contraire, votre retraite complémentaire sera réduite, tout comme votre retraite de base.

La retraite complémentaire du régime général  
Artisan, commerçant et libéral (hors CIPAV) 

Nombre de points acquis tout au long de votre carrière x Valeur du point au moment de votre départ en retraite

 
De quoi parle-t-on ?

Nombre de points acquis : les cotisations sociales pour la retraite que vous versez sont converties en points chaque année.

La valeur d'achat du point est revalorisée tous les ans : en 2026, elle est de 21,726 €, inchangée par rapport à 2025.

Valeur du point : elle permet de convertir les points acquis en euros. Au moment de votre départ à la retraite, le nombre de points que vous avez cumulés tout au long de votre carrière est multiplié par la valeur de service du point. Cette valeur évolue elle aussi régulièrement. Au 1er janvier 2026, la valeur de service du point est fixée à 1,347 €.

Le résultat obtenu donne le montant annuelet non mensuel, de votre pension de retraite complémentaire. 

❗ Valeur d’achat et valeur de service du point sont donc 2 choses différentes. 

Le cas particulier des professions libérales 

Vous avez créé une activité libérale non réglementée après le 1er janvier 2018 et êtes rattaché à l’Assurance retraite (régime général) ?

Si votre forfait global de cotisations est connu (25,6 % pour les activités non réglementées ou 23,2 % pour les activités réglementées à la CIPAV en 2026), la répartition de vos cotisations et donc la part allouée à la retraite de base et à la retraite complémentaire ne l'est pas.

 

Le saviez-vous ?

Les taux des cotisations sociales des professions libérales ont augmenté depuis juin 2024. Cette augmentation des cotisations visait à financer une retraite complémentaire obligatoire pour les micro-entrepreneurs libéraux. Jusqu'à présent, les cotisations étaient insuffisantes pour couvrir ces droits. Cette hausse des cotisations peut sembler contraignante, mais elle a pour objectif d'améliorer la couverture retraite des auto-entrepreneurs libéraux, garantissant ainsi une meilleure protection sociale à long terme.

Comment valider ses trimestres de retraite en 2026 ?

Attention, la validation d’un trimestre n’est pas automatique. Avoir travaillé ne suffit pas. Vous devrez avoir déclaré un minimum de chiffre d’affaires.

Concrètement, l’Urssaf vérifie que votre chiffre d'affaires annuel est suffisant pour valider un, deux, trois ou quatre trimestres. Le seuil minimum dépendra de votre activité.

Valider ses trimestres de retraite 2026 (Régime général - estimation)

Un auto-entrepreneur peut valider jusqu’à 4 trimestres de retraite par an, mais ce n’est pas automatique. Il doit déclarer un chiffre d’affaires suffisant : si son chiffre d’affaires est nul, il ne valide aucun trimestre au titre de sa micro-entreprise.

Comme les salariés du secteur privé, les micro-entrepreneurs (ou solopreneurs) peuvent valider jusqu’à 4 trimestres par an, sachant que le montant de leur retraite de base au régime général est calculé sur leurs 25 meilleures années de revenus nets après l’abattement forfaitaire du régime micro-fiscal.

Attention, l'assurance retraite n'ayant pas communiqué ses chiffres, ces données sont le fruit d'une estimation réalisée à partir de nos propres calculs. Notez que ces montants correspondent à votre CA encaissé (avant abattement).

Alors, combien faut-il déclarer de chiffre d’affaires pour valider un ou plusieurs trimestres en 2026 ? Voici notre estimation, basée sur nos calculs.

Pourquoi parler d'abattement ? Tout simplement parce qu'en réalité, l’administration tiendra compte, non pas de votre CA encaissé, mais de votre revenu annuel pour valider vos trimestres.

Revenu annuel = chiffre d'affaires encaissé - abattement forfaitaire

Le pourcentage de cette déduction dépend de la nature de votre activité, voir le tableau ci-après:

Abattement forfaitaire — Micro-entreprise

ActivitéAbattement
Vente de marchandises71 %
Prestations de services BIC50 %
Activités BNC34 %

L'abattement forfaitaire représente les charges déductibles du CA. L'impôt sur le revenu est calculé sur le bénéfice forfaitaire (CA – abattement).

C’est cette somme qui sera également prise en compte pour calculer votre pension de retraite.

Pour valider vos trimestres de retraite, votre chiffre d'affaires encaissé doit atteindre un seuil minimum fixé chaque année, correspondant à 150 fois le SMIC horaire brut par trimestre validé (soit 4 trimestres maximum par an).

 

Deux exemples concrets sur la base de ces estimations :

Marie est graphiste indépendante, affiliée au régime général en BNC. En 2026, elle déclare 8 000 € de chiffre d'affaires. Le seuil pour valider un trimestre est de 2 700 € et celui pour en valider 4 est de 10 800 €. Avec 8 000 €, Marie valide donc 3 trimestres cette année-là mais passe à côté d'un quatrième faute d'un CA suffisant.

Thomas est salarié à mi-temps et auto-entrepreneur en prestations de services BIC. En 2026, son salaire lui permet de valider 3 trimestres au titre de son activité salariée. Son chiffre d'affaires en auto-entreprise, de 8 000 €, lui aurait permis de valider 2 trimestres supplémentaires, mais le plafond légal est de 4 trimestres par an, tous statuts confondus. Ses deux activités combinées lui permettent simplement d'atteindre ce plafond plus facilement qu'avec l'une ou l'autre seule.

À noter : Ces seuils sont des estimations tant que l’Assurance retraite n’a pas publié de barème officiel dédié aux micro-entrepreneurs.

Quels seuils de CA pour valider ses trimestres à la CIPAV ?

Pour valider le maximum, soit 4 trimestres de retraite, votre chiffre d'affaires annuel doit atteindre, en 2026, au moins 11 168 €.

Tableau - Seuils chiffre d'affaires validation trimestres de retraite

 Validation de 1 trimestreValidation de 2 trimestresValidation de 3 trimestresValidation de 4 trimestres
Seuil de chiffres d'affaires 20262 792 €5 584 €8 376 €11 168 €

Suivre son CA pour sécuriser ses trimestres est plus simple avec un outil qui calcule tout au fil de l'eau

Suivre mon CA avec Solo

Vous êtes affilié à la CIPAV

Si votre activité d’auto-entrepreneur relève de la CIPAV, votre retraite de base et votre retraite complémentaire sont toutes les deux calculées selon un système par points.

Vous cumulez des points tout au long de votre carrière. Plus vous cotisez, plus vous en avez. Ceux-ci sont ensuite convertis en euros au moment de votre départ à la retraite.

La retraite des affiliés CIPAV 

Comment sont utilisées mes cotisations ? 

Je verse 23,2 % de cotisations sociales à l’URSSAF lorsque je déclare mon CA. 

⬇️ 

60 % des cotisations sociales sont consacrées au financement de ma retraite. Cette part se répartit entre la retraite de base (29,5 %) et la retraite complémentaire obligatoire (30,7 %).

Le reste des cotisations finance les autres branches de la protection sociale, notamment l'assurance maladie, les indemnités journalières, le régime invalidité ainsi que la CSG-CRDS.

Comment est calculée ma retraite ? 

Le calcul est le même pour la retraite de base et la retraite complémentaire : 

Nombre de points acquis tout au long de votre carrière x Valeur du point au moment de votre départ en retraite

De qui parle-t-on ? 

Nombre de points acquis : les cotisations que vous versez sont converties en points chaque année.  

Valeur du point : les points que vous avez cumulés sont multipliés par la valeur du point, l’année de votre départ à la retraite. Chaque année, la valeur des points de retraite est revalorisée. En 2026, la valeur du point est fixée à 0,6599 € pour la retraite de base et à 2,89 € pour la retraite complémentaire (Cipav).

Le résultat donne le montant annuel de votre retraite de base / complémentaire. 

❗ L’assiette de cotisations (c’est-à-dire la base de calcul) et le taux de conversion (en points et en euros) ne sont pas les mêmes pour la retraite de base et la retraite complémentaire. 

Quel montant de retraite espérer en auto-entreprise ?

Le montant de retraite d’un auto-entrepreneur dépend principalement de son chiffre d’affaires déclaré, du nombre de trimestres validés et des points de retraite complémentaire acquis.

Malgré ces informations, il reste difficile d’estimer le montant de votre future pension de retraite. Voici quelques repères pour vous guider.

La valeur du point évolue tous les ans et votre carrière n’a sûrement pas été linéaire : périodes d’inactivité, de formation ou encore de salariat, il est fort probable que vous ayez cotisé au sein de plusieurs caisses.

Où vérifier mes droits ?

Si vous souhaitez obtenir une information personnalisée, nous vous conseillons de créer vos espaces personnels sur :

Le site de l’Assurance retraite (régime général).

Le site de la CIPAV (si vous y êtes / avez été affilié).

Le site officiel Info Retraite.

Une fois vos comptes activés, vous pourrez effectuer plusieurs démarches :

  • Demander votre relevé de carrière tous régimes et / ou votre relevé individuel de situation (RIS) : grâce à ces documents, vous aurez une vision globale des droits que vous avez acquis auprès de tous les organismes de retraite dont vous avez pu dépendre. Vous pourrez également vérifier que l’ensemble de votre carrière a bien été pris en compte.
  • Connaître le nombre de trimestres que vous avez validés et obtenir une estimation de l’âge de départ à la retraite
  • Simuler le coût d’un rachat de trimestres
  • Demander la liquidation de votre retraite

Le site Info Retraite met également à votre disposition un outil de simulation pour évaluer votre future pension. N’hésitez pas à l’utiliser !

Notez aussi qu’à partir de 45 ans, vous pouvez bénéficier gratuitement d’un Entretien Information Retraite (EIR) avec un conseiller de votre caisse de rattachement. Il vous permet de faire le bilan de votre carrière, d’obtenir des simulations de votre retraite et de poser vos questions à un expert.

Enfin, si vous constatez des erreurs sur votre relevé de carrière, vous pouvez demander leur correction. Cette démarche est généralement ouverte à partir de 55 ans via le service de correction en ligne, mais certaines situations peuvent être régularisées avant cet âge en contactant directement votre caisse de retraite.

 

Bon à savoir

Pensez à conserver tous vos justificatifs (bulletins de salaire, attestations de chômage, décomptes des indemnités journalières, attestations de chiffre d’affaires délivrées par l’Urssaf...). Ces documents peuvent vous être demandés lors de l'étude de vos droits.

À quel âge partir à la retraite ?

Les règles de départ à la retraite du micro-entrepreneur sont les mêmes que celles du régime général. Le micro-entrepreneur peut partir à la retraite dès lors qu'il a atteint l'âge légal de départ, ce qui ne signifie pas nécessairement qu'il percevra une retraite à taux plein.

Un contexte en évolution : la suspension de la réforme de 2023

Avec la suspension de la réforme des retraites, l'âge légal de départ va évoluer pour les retraites prenant effet à compter du 1er septembre 2026. Il faut donc distinguer deux situations selon la date effective de départ.

Pour les départs avant le 1er septembre 2026

L'âge légal est de 64 ans pour les personnes nées à partir du 1er janvier 1968. Pour les personnes nées entre le 1er septembre 1961 et le 31 décembre 1967, l'âge légal augmente progressivement de 62 ans à 64 ans, avec 3 mois supplémentaires par année de naissance. Pour en savoir plus, consultez le site Service public.

Pour les départs à partir du 1er septembre 2026

L'âge légal va être abaissé pour plusieurs générations. Par exemple, les personnes nées en 1964 verraient leur âge légal revenir à 62 ans et 9 mois au lieu de 63 ans, et celles nées en 1968 et après conserveraient un âge légal de 64 ans.

Le nombre de trimestres requis pour le taux plein

Atteindre l'âge légal ne suffit pas à obtenir une retraite à taux plein. Pour percevoir sa pension à taux plein, il faut également avoir une durée d'assurance suffisante. Consultez le simulateur officiel pour estimer le nombre de trimestres requis pour le taux plein sur le site Info retraite.

Le taux plein automatique à 67 ans

C'est seulement à l'âge de la retraite à taux plein automatique — fixé à 67 ans pour les personnes nées à partir de 1955 — que le micro-entrepreneur peut percevoir sa retraite complète, même s'il n'a pas cotisé le nombre de trimestres requis.

L'enjeu particulier pour les micro-entrepreneurs

C'est ici que la situation des micro-entrepreneurs devient critique. Si le micro-entrepreneur ne réalise pas de chiffre d'affaires, il ne verse pas de cotisations sociales et n'obtient donc pas de droits à la retraite au titre de cette activité. Des années entières d'activité avec un chiffre d'affaires faible peuvent ainsi générer moins de 4 trimestres validés, allongeant de facto la durée nécessaire pour atteindre le taux plein.

 

À retenir

L'âge légal ouvre le droit de partir, mais c'est le nombre de trimestres accumulés qui détermine le montant de la pension. Pour un micro-entrepreneur avec un chiffre d'affaires modeste sur plusieurs années, il est particulièrement important d'anticiper un éventuel déficit de trimestres - et d'explorer les options de rachat le cas échéant.

 

Exemple

Avec 15 000 € de chiffre d'affaires annuel en prestations de services, un auto-entrepreneur ne valide que ses 4 trimestres , mais sa pension de retraite de base restera faible, car le revenu pris en compte par sa caisse est bien inférieur à son CA. C'est le revers du régime micro-social : les cotisations sont simples et proportionnelles, mais elles génèrent des droits à la retraite limités.

Épargne retraite complémentaire (PER)

L'épargne retraite permet de se constituer un complément de revenus en vue de la retraite grâce à une épargne personnelle. Elle vient s'ajouter aux pensions versées par les régimes obligatoires de retraite (retraite de base et retraite complémentaire).

Le principal dispositif d'épargne retraite est aujourd'hui le Plan d'Épargne Retraite (PER). Son fonctionnement est simple : vous effectuez des versements tout au long de votre vie active afin de constituer une épargne. Au moment de votre départ à la retraite, vous pouvez récupérer cette épargne sous forme de capital, de rente viagère ou en combinant les deux, selon les modalités prévues par votre contrat.

Le PER fonctionne donc en deux étapes :

  • La première où vous constituez votre épargne, en effectuant des versements réguliers tout au long de votre vie active
  • La seconde où vous percevez une rente ou des mensualités, basées sur le montant que vous avez précédemment épargné lors de votre départ à la retraite.

Un PER peut compléter les pensions obligatoires, mais son intérêt dépend de votre âge, de votre capacité d’épargne, de votre fiscalité et des frais du contrat.

Bien entendu, vous continuez aussi de cotiser au régime de retraite public et obligatoire, qui comprend la retraite de base et la pension de retraite complémentaire.

Pour trouver le PER le plus adapté à vos besoins, rendez-vous dans notre article meilleur PER

FAQ

Un auto-entrepreneur en CA nul valide-t-il des trimestres ?

Non. Si vous ne déclarez aucun chiffre d'affaires, vous ne versez aucune cotisation sociale et n'acquérez donc aucun droit à la retraite au titre de votre micro-entreprise. Une année entière d'activité sans CA déclaré équivaut, du point de vue de la retraite, à une année blanche. C'est l'un des principaux risques du statut pour les travailleurs en auto-entreprise qui démarrent lentement ou traversent une période creuse.

Peut-on cumuler retraite et auto-entreprise ?

Oui. Vous pouvez tout à fait cumuler retraite et auto-entreprise. Ce cumul est soumis à conditions selon que votre retraite est à taux plein ou non, mais il est accessible à la grande majorité des micro-entrepreneurs retraités. Les revenus générés par l'auto-entreprise peuvent même, dans certains cas, ouvrir de nouveaux droits à la retraite en tant qu'auto-entrepreneur.

Peut-on racheter des trimestres de retraite ?

Oui, sous conditions. Le rachat de trimestres permet de compléter sa durée d'assurance, soit pour partir plus tôt, soit pour obtenir une retraite à taux plein. Il existe deux types de rachat : pour des années d'études supérieures, ou pour des années cotisées de façon incomplète. Le coût dépend de votre âge au moment du rachat et de votre revenu et plus vous attendez, plus c'est cher. Il est donc conseillé d'y réfléchir tôt.

Salarié et auto-entrepreneur : peut-on valider plus de 4 trimestres par an ?

Non. Quel que soit le nombre de statuts cumulés, le plafond est de 4 trimestres validés par année civile. Si vous êtes à la fois salarié et auto-entrepreneur, vos revenus des deux activités sont pris en compte pour atteindre ce plafond, mais vous ne pouvez pas dépasser 4 trimestres au total sur une même année. En revanche, cumuler les deux activités peut vous aider à atteindre ce plafond plus facilement si l'une des deux génère des revenus insuffisants seule.

Statut auto-entrepreneur et retraite : quel impact sur ma pension de salarié ?

Votre activité en auto-entreprise et votre activité salariée sont gérées séparément mais s'additionnent pour le calcul global de votre retraite. Les trimestres et points accumulés via votre micro-entreprise viennent compléter ceux acquis en tant que salarié. En revanche, si votre chiffre d'affaires en auto-entreprise est faible, sa contribution à votre pension finale sera marginale. L'impact peut aussi être indirect : des années à temps partiel salarié compensées par une activité auto-entrepreneur peuvent permettre de valider 4 trimestres là où le salariat seul n'aurait pas suffi.

Un doute sur votre caisse ou vos trimestres ? Nos experts vous orientent.

POSEZ VOTRE QUESTION

Sources

Régime de retraite du micro-entrepreneurEntreprendre service public – dernière modification 01/04/2026

Évolution des taux de cotisations sociales des auto-entrepreneursUrssaf - dernière modification 30/01/2026

Comment fonctionne la Sécurité sociale pour les indépendants ?Ministère de l’économie – dernière modification 01/08/2024

L’Urssaf prend en charge la collecte de vos cotisations Cipav à compter du 1er janvier 2023 - CIPAV - dernière modification 26/09/2022

A quel âge vais-je partir ?L’assurance retraite – dernière modification mai 2026

Retraite du salarié dans le secteur privé : rachat de trimestresService public - dernière modification 01/01/2026

Cotiser pour acquérir des droits en tant qu'auto-entrepreneur affilié à la Cipav - Guide auto-entrepreneur mars 2026 - Cipav

Circulaire CNAV du 22 décembre 2025

Circulaire CNAV du 5 janvier 2026

Rédigé par l'auteur
Photo de Élodie Guyomard

27 articles publiés

Élodie Guyomard est rédactrice web, spécialiste de la micro-entreprise. Depuis 2016, elle a écrit des centaines d'articles sur le sujet. Son objectif : simplifier ces thématiques complexes pour soutenir les porteurs de projet. Elle assure une veille réglementaire permanente pour garantir la fiabilité des informations délivrées et la sécurité juridique des lecteurs.

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William est un professionnel qui travaille au Portail Entrepreneur depuis 2018. Son rôle polyvalent englobe la pédagogie et l'investigation. En tant que support pour les clients et la gestion des entreprises, il accompagne ces derniers avec dévouement. Son talent réside dans sa capacité à vulgariser les informations administratives, tout en transmettant des données essentielles avec clarté et précision.

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