Comment devenir antiquaire en auto-entreprise ?

Comment devenir antiquaire en auto-entreprise ?

27 juin 2018

Bibelots, meubles ou objets d’art, les antiquités sont aujourd’hui très recherchées par des particuliers qui souhaitent acquérir des pièces originales. L’antiquaire est celui qui n’hésite pas à multiplier les déplacements pour trouver la perle rare et ensuite la proposer à la vente. Avant tout passionné, il est aussi commerçant et fin connaisseur de l’histoire de l’art.

Antiquaire auto-entrepreneur : les informations clés

    Le Centre de Formalités des Entreprises (CFE) est la Chambre de Commerce et de l'Industrie 

    Le code APE est généralement :  47.79-Z - Commerce de détail de biens d'occasion en magasin

    Le plafond de chiffre d'affaires à ne pas dépasser est de : 170 000 € 

    Rémunération mensuelle : dépend du volume des ventes

    Le montant des cotisations sociales à payer est de : 12,8 % de votre CA

Le métier d’antiquaire

L’antiquaire est un commerçant qui achète et revend des objets d’art,  de décoration ou des meubles anciens. Plus qu’un vendeur, il est aussi un expert dans son domaine puisqu’il doit attester de l’origine d’un objet afin de le dater et d’en estimer la valeur. De nombreux antiquaires font ainsi le choix de se spécialiser dans une époque ou un domaine (armurerie, ébénisterie…).

À la recherche de l’objet unique et original, il doit être prêt à parcourir la France pour se rendre dans les musées, les salles de vente, les brocantes et les marchés aux puces. Il peut également être contacté par des particuliers et se déplacer chez eux.

Avant de revendre ses trouvailles, l’antiquaire devra parfois les restaurer. Il pourra soit faire appel à des professionnels (relieur-doreur, céramiste, bronzier, etc. ), soit s’en charger lui-même dans un atelier dédié. À noter que l’antiquaire qui cumule l’activité d’achat-revente avec celle de restauration devra déclarer une double activité en tant que commerçant et artisan.

Brocanteur ou antiquaire ?

Même si antiquaire et brocanteur achètent et revendent tous les deux des objets de « seconde main », ce sont pourtant des activités bien différentes. Alors que l’antiquaire est particulièrement sélectif et s’intéresse uniquement aux objets d’art, aux antiquités et aux matériaux rares, le brocanteur, lui, vend tous types d’objet, généralement en l’état. De plus, l’antiquaire est un expert et apporte une garantie en délivrant un certificat d’authenticité à l’acheteur. À l’inverse, le brocanteur ne s’engage pas sur l’origine et l’ancienneté de l’objet vendu. 

Antiquaire, un métier ouvert à tous

Aucun prérequis en matière de diplômes, titres ou expériences professionnelles n’est exigé pour exercer l’activité d’antiquaire.

Pour que votre activité se déroule dans les meilleures conditions, mieux vaut toutefois posséder de bonnes connaissances en gestion et techniques de vente. Vous devrez également avoir une solide connaissance en histoire de l’art et être un fin connaisseur du marché.

Vous pouvez acquérir ces connaissances théoriques grâce à certaines formations spécifiques :

  • une formation universitaire en histoire de l’art ou spécialisée dans le commerce de l’art et d’antiquités, en 3 à 5 ans

  • une formation spécialisée dans les métiers du marché d’art dans des écoles privées

Bien entendu, les compétences et savoirs relatifs peuvent aussi s’obtenir avec l’expérience et la passion !

Quelles sont les qualités requises pour devenir antiquaire ?

En tant que commerçant, l’antiquaire doit être doté d’un bon relationnel. Il rencontrera en effet des personnes d’horizons divers et devra savoir négocier ses prix d’achat et ses prix de vente pour en tirer un bénéfice suffisant et assurer la poursuite de son activité.

Toujours à la recherche de la pièce rare, ce dernier doit être curieux et disposer d’une certaine intuition ainsi que d’un sens de l’observation pour repérer les bonnes affaires.

On l’oublie parfois mais le métier d’antiquaire est enfin une profession physique. En plus de vos nombreux déplacements, vous serez amené à transporter de nombreux objets, très lourds pour certains.

Quelle est la réglementation pour l’activité d’antiquaire ?

Déclarer votre activité avant son démarrage

Vous venez d’obtenir votre numéro de SIRET ? Avant de réaliser vos premières ventes, vous devrez encore accomplir une dernière formalité en vous inscrivant sur le Registre des revendeurs d’objets mobiliers usagés.

Il vous faudra ensuite remplir le Cerfa n°11733*01 et joindre à ce document :

  • une photocopie d’une pièce d'identité

  • une photocopie de l’extrait K de votre auto-entreprise délivré par le greffe du tribunal du commerce ou, à défaut, un récépissé de votre centre de formalité des entreprises

Cette déclaration doit être transmise à la Préfecture ou à la sous-préfecture de votre lieu d’installation. Vous recevrez enfin un récépissé une fois votre demande acceptée. Pensez à conserver ce document ! Celui pourra vous être demandé par les différents services de l’État (douanes, police, services de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, etc.) en cas de contrôle.

Tenir un Registre des Objets Mobiliers

Une fois votre activité lancée, vous aurez ensuite l’obligation de tenir un Livre de Police ou Registre des Objets Mobiliers (ROM). Vous y mentionnerez notamment :

  • la description des biens que vous détenez

  • leur provenance

  • l’identité des personnes qui vous les ont vendus

  • leur prix d’achat

Ce document, qui doit être à jour, a pour objectif de lutter contre la fraude fiscale et le recel d’objets volés. En plus du récépissé du Registre de revendeur d’objet mobiliers, vous devrez toujours avoir ce document en votre possession lors de vos déplacements professionnels.

Ce registre existe sous deux formes :

  • au format papier : disponible en librairies spécialisées entre 25 € et 50 €, son utilisation et les mentions à y faire figurer répondent à des règles précises. Vous avez par exemple l’obligation de le faire signer par le commissariat de police, la gendarmerie ou la mairie de la commune où est implantée votre activité.

  • au format électronique : ce mode de traitement automatisé devra lui aussi répondre à certaines obligations légales

Quelques précautions à prendre

Soyez vigilant lorsque vous effectuez des achats ou des ventes. La tenue du ROM assure une traçabilité des objets et permet donc aux services de l’État de vérifier la légalité de vos transactions. Ainsi sachez que vous ne pouvez pas acheter de biens à un mineur. Vous devez aussi vous assurer que le vendeur est propriétaire du bien pour éviter toute accusation de recel ou être contraint de rendre l’objet que vous avez acquis. 

Où exercer votre activité d’antiquaire auto-entrepreneur ?

L'antiquaire ambulant

Très en vogue actuellement, le commerce ambulant peut constituer une excellente façon d’exercer votre activité. En vous déplaçant, vous pouvez en effet toucher une clientèle plus vaste mais aussi élargir votre zone de chinage d’antiquités.

Si vous vous déplacez en dehors de commune dans laquelle est situé votre établissement, vous devrez faire une demande de carte de commerce ambulant.

À noter que l’obtention de la carte et l’emplacement de stationnement sont deux choses différentes. N’oubliez alors pas de demander les autorisations nécessaires pour stationner sur l’espace public ou sur des propriétés privées.

L’antiquaire à son domicile

Vous pouvez exercer la profession d’antiquaire à votre domicile sous certaines conditions :

  • le local se situe au rez-de-chaussée ou si une autorisation en Mairie a été obtenue

  • l’activité ne génère pas de nuisances pour le voisinage

  • le contrat de location du logement et/ou le règlement de copropriété ne s’y oppose pas

Il est aussi possible de dématérialiser votre activité au moyen d’internet. En effet, s’il est difficile d’avoir une boutique d’antiquaire réelle à son domicile, il est plus simple d’en créer une sur internet au moyen d’un site e-commerce par exemple. Vous gagnerez également en visibilité.

Le fait de ne pas avoir à payer de loyer ou autre charges se rapportant au local rend le statut d’auto-entrepreneur très avantageux !

L’antiquaire dans un local commercial

Il s’agit de l’option la plus courante pour l’exercice du métier d’antiquaire. Pas besoin de s'encombrer avec des déclarations en mairie ou d’obtenir le consentement de votre propriétaire, vous pourrez déposer vos marchandises et recevoir vos clients sans restriction. De plus, votre boutique vous permettra de renvoyer une image de sérieux et de professionnalisme à l’égard de la clientèle.

Vous devrez alors signer un bail commercial avec le propriétaire d’un local ou acheter directement le local en fonction de vos possibilités financières.

Comment se lancer en tant qu’antiquaire auto-entrepreneur ?

Rejoindre une association d’antiquaires

La profession d’antiquaire a su s'organiser autour d’associations et syndicats afin de promouvoir leur savoir-faire et expertise. Leurs membres sont soumis à des règles déontologiques afin d’assurer aux clients un gage de sérieux et de reconnaissance.

Rejoindre une association d’antiquaires peut vous permettre de bénéficier d’une crédibilité et ainsi justifier la pratique de prix plus élevés.

Tester le dépôt-vente

En tant qu’antiquaire, vous n’êtes pas obligé d’acheter tous les biens que vous mettez à la vente. Le dépôt-vente consiste à en effet déposer un objet gratuitement (ou non) chez l’antiquaire qui sera chargé de le vendre. Si l’objet trouve acheteur, l’antiquaire prendra une commission et versera le reste du prix de vente au déposant. À défaut, au bout d’un certain temps, le déposant devra récupérer son bien.

Cette technique présente un double avantage :

  • vous n'assumez pas le risque d’acheter un bien sans réussir à le vendre

  • vous ne payez pas le prix d’achat du bien qui, dans le cadre de l’auto-entreprise, ne peut être déduit du chiffres d’affaires.

En conséquence, le dépôt vente optimise votre fiscalité et réduit vos risques d’être encombré par des objets invendus !

Faire parler de vous

Communiquer autour de votre activité peut vous permettre de vous faire connaître des acheteurs mais aussi des vendeurs non professionnels.

Vous pouvez ainsi organiser différents événements comme des expositions thématiques dans votre point de vente.

Pensez également aux réseaux sociaux et autres sites d’échanges. En effet, de plus en plus de collectionneurs scrutent internet à la recherche de pièces de collections !

L’article "Comment devenir antiquaire en auto-entreprise ?"  a été noté 4.33 sur 5 sur 3 avis d'internautes.

Démarrez votre auto-entreprise en ligne
Le moyen le plus simple et rapide pour devenir auto-entrepreneur
DEVENIR AUTO-ENTREPRENEUR