Plafond auto-entrepreneur : quel chiffre d’affaires faut-il respecter ?

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Mis à jour le 13/08/2026

Les plafonds de chiffre d'affaires font partie des conditions essentielles du régime auto-entrepreneur. Ils varient selon la nature de l'activité exercée et s'apprécient à partir du chiffre d'affaires hors taxes encaissé.

En 2026, ces plafonds ont été revalorisés. Découvrez les montants applicables, les règles de calcul à connaître et les conséquences d'un éventuel dépassement.

L’essentiel à connaître

  • En 2026, les plafonds de chiffre d’affaires de la micro-entreprise sont fixés à 203 100 € pour les activités commerciales et à 83 600 € pour les prestations de services et activités libérales.
  • Ces plafonds s’apprécient sur une année civile complète, à partir du chiffre d’affaires hors taxes encaissé, sans déduction des charges.
  • En cas d’activité mixte, le plafond global reste fixé à 203 100 €, avec une limite de 83 600 € pour la part correspondant aux prestations de services.
  • Un dépassement pendant deux années civiles consécutives entraîne la sortie du régime micro-entreprise au 1er janvier suivant.
  • Les plafonds de chiffre d’affaires ne doivent pas être confondus avec les seuils de TVA : il est possible de rester micro-entrepreneur tout en devenant redevable de la TVA.
  • En cas de création en cours d’année, les plafonds sont calculés au prorata de la durée d’activité.

Nouveaux plafonds de chiffre d’affaires applicables en 2026

Les plafonds du régime auto-entrepreneur ont été revalorisés pour la période 2026–2028, conformément aux informations publiées par les sources administratives officielles.

Ces nouveaux montants fixent le chiffre d’affaires maximum à ne pas dépasser pour continuer à bénéficier du régime micro-entreprise et de ses obligations simplifiées.

Plafonds applicables en 2026

  • Activités commerciales (achat / revente, vente à consommer sur place, fourniture de logement) : 203 100 €
  • Prestations de services commerciales, artisanales et activités libérales (BIC et BNC) : 83 600 €

En cas d’activité mixte (vente et prestations de services), le plafond global reste fixé à 203 100 €, avec une limite spécifique de 83 600 € pour la part correspondant aux prestations de services.

Ces plafonds s’apprécient sur une année civile complète et correspondent au chiffre d’affaires hors taxes effectivement encaissé.

 

Bon à savoir

Les montants présentés dans cet article correspondent aux plafonds de chiffre d'affaires applicables aux revenus 2026, 2027 et 2028, publiés par l'Urssaf et Service Public. Ils sont en vigueur et ne constituent pas une projection.

Catégories d'activitésPlafond de chiffre d'affaires annuel en 2026Évolution (vs 2025)
activités de vente de marchandises, de vente à consommer sur place, de fourniture de logement (hors location meublée autre que meublé de tourisme ou chambre d'hôte)203 100 €188 700 € → 203 100 €
prestations de services relevant de la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) ou des bénéfices non commerciaux (BNC)83 600 €77 700 € → 83 600 €
locations de meublé de tourisme non classé15 000 €Stable depuis 2025 (seuil réformé, hors revalorisation triennale)

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Quels plafonds respecter selon votre activité en 2026 ?

Exemple : comment savoir si vous respectez le plafond ?

Julie est graphiste freelance et exerce une activité libérale relevant du plafond de 83 600 €.

En 2026, elle encaisse 78 000 € de chiffre d'affaires hors taxes.

Même si elle a dépensé 8 000 € pour son matériel, ses logiciels et ses frais professionnels, ces dépenses ne sont pas prises en compte pour vérifier le plafond. L'administration retient uniquement le chiffre d'affaires encaissé.

Avec 78 000 € encaissés, Julie reste sous le plafond applicable à son activité et conserve donc le bénéfice du régime micro-entreprise.

À l'inverse, si elle encaissait 86 000 €, elle dépasserait le plafond annuel applicable aux prestations de services. Les conséquences dépendraient alors de sa situation et du nombre d'années de dépassement.

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Qu'est-ce que le chiffre d'affaires en micro-entreprise ?

Le principe du chiffre d'affaires encaissé, et non facturé

Le chiffre d'affaires d'un auto-entrepreneur correspond à l'ensemble des sommes réellement encaissées dans le cadre de son activité au cours d'une année civile, hors taxes. Contrairement au bénéfice, il ne se calcule pas après déduction des charges.

Les factures émises mais non encaissées ne sont pas comptabilisées. En effet, en micro-entreprise, le chiffre d'affaires à déclarer n'est pas celui que vous avez facturé, mais celui que vous avez effectivement reçu sur votre compte au cours du mois ou du trimestre concerné (selon la périodicité choisie auprès de l'Urssaf).

Une vente ou une prestation facturée mais pas encore payée par le client n'entre donc pas dans le chiffre d'affaires de la période : elle sera déclarée seulement le jour où le paiement sera encaissé.

Chiffre d'affaires et bénéfice : deux notions à ne pas confondre

Le chiffre d'affaires que vous déclarez est un montant brut : aucune charge ni dépense professionnelle (matériel, logiciels, déplacements, assurance...) n'en est déduite avant déclaration.

Ce n'est donc pas votre bénéfice. Pour le calcul de l'impôt, l'administration applique automatiquement au chiffre d'affaires déclaré un abattement forfaitaire censé représenter vos charges (71 %, 50 % ou 34 % selon la nature de l'activité); mais ce calcul n'intervient qu'au moment de l'imposition, et n'a aucun impact sur le montant de chiffre d'affaires que vous devez déclarer ni sur son appréciation par rapport aux plafonds.

 

Bon à savoir

Versement libératoire ou imposition classique ? Deux options existent. Par défaut, votre chiffre d'affaires (après abattement) est ajouté à vos autres revenus et imposé au barème progressif de l'impôt sur le revenu. Si vous remplissez certaines conditions de revenus, vous pouvez opter pour le versement libératoire : un pourcentage fixe de votre chiffre d'affaires est prélevé chaque mois ou trimestre, en même temps que vos cotisations sociales, et libère définitivement l'impôt dû sur ce revenu.

 

Information importante

Les frais de débours correctement engagés au nom et pour le compte du client ne sont pas intégrés au chiffre d’affaires. Pour connaître les conditions à respecter, consultez notre guide sur les frais de débours en auto-entreprise : frais de débours : déduire vos achats professionnels.

Exemple concret

Karim est plombier auto-entrepreneur. Le 28 décembre, il facture une intervention à 500 €. Son client le règle le 5 janvier suivant.

Ces 500 € comptent dans le chiffre d'affaires de janvier, et non de décembre, car c'est la date d'encaissement du paiement qui détermine la période de déclaration - pas la date de la facture.

Dépassement des plafonds de chiffre d’affaires auto-entrepreneur

Le dépassement ponctuel d'un plafond ne provoque pas automatiquement la sortie du régime micro-entreprise.

En règle générale, le régime micro est perdu lorsque le plafond applicable est dépassé pendant deux années civiles consécutives. Le basculement intervient alors au 1er janvier de l'année suivante.

L'entrepreneur relève alors du régime réel correspondant à son activité :

  • Les activités commerciales et artisanales basculent vers un régime réel d'imposition : vous déclarez désormais votre bénéfice réel (recettes moins charges justifiées), et non plus votre chiffre d'affaires soumis à un abattement forfaitaire automatique.
  • Les activités libérales (BNC) relèvent du régime de la déclaration contrôlée, qui suit la même logique : vous déclarez votre bénéfice net (recettes moins charges réelles justifiées), sans bénéficier de l'abattement forfaitaire automatique applicable en micro-BNC.

Cette évolution s'accompagne généralement d'obligations comptables plus importantes et d'un mode de calcul des cotisations différent.

Pour comprendre précisément les conséquences selon votre situation, consultez notre guide dédié au dépassement du plafond auto-entrepreneur.

 

Bon à savoir

On parle de plafond de chiffre d'affaires pour le régime micro-entreprise et de seuils de TVA pour la franchise en base de TVA. Ces deux notions répondent à des règles différentes.

Plafond auto-entrepreneur et seuils de TVA : quelle différence ?

Les plafonds de chiffre d'affaires de la micro-entreprise et les seuils de TVA sont deux mécanismes distincts.

Les plafonds de la micro-entreprise déterminent si vous pouvez continuer à bénéficier du régime auto-entrepreneur. Les seuils de TVA, eux, servent à savoir si vous pouvez rester en franchise en base de TVA ou si vous devez commencer à facturer la TVA à vos clients.

Il est donc possible de rester auto-entrepreneur tout en devenant redevable de la TVA.

TVA : les seuils applicables en 2026

Par défaut, l'auto-entrepreneur bénéficie de la franchise en base de TVA prévue par l'article 293 B du Code général des impôts. Tant qu'il reste sous certains seuils de chiffre d'affaires, il ne facture pas la TVA et ne la déclare pas à l'administration fiscale.

A noter : À partir du 1er janvier 2027, la TVA change de code. Les règles restent les mêmes, mais la référence légale à indiquer sur vos devis et factures devra être modifiée. S’agissant de l’article relatif à la franchise en base de TVA, c’est l’article L. 233-1 du CIBS (Code des impositions sur les biens et services) qui fera référence.

ActivitéSeuil de franchise TVASeuil majoré
Vente de marchandises, restauration et hébergement85 000 €93 500 €
Prestations de services et activités libérales37 500 €41 250 €

À retenir

  • Les seuils de TVA sont différents des plafonds de chiffre d'affaires de la micro-entreprise.
  • Le chiffre d'affaires pris en compte est le chiffre d'affaires hors taxes encaissé.
  • Dépasser un seuil de TVA ne signifie pas perdre le statut d'auto-entrepreneur.
  • En revanche, cela peut entraîner l'obligation de facturer et déclarer la TVA.

Pour connaître en détail les règles de dépassement, les seuils de tolérance et les obligations déclaratives, consultez notre guide complet sur la franchise en base de TVA auto-entrepreneur.

 

Bon à savoir

Un projet de réforme envisageait un seuil unique de franchise à 25 000 € pour tous les auto-entrepreneurs. La loi du 3 novembre 2025 y a mis fin : les seuils différenciés actuels (85 000 € / 37 500 €) sont maintenus pour 2026.

Quel chiffre d'affaires déclarer pour vérifier les plafonds ?

Pour vérifier le respect des plafonds, l'administration retient le même montant que celui présenté plus haut : le chiffre d'affaires encaissé, hors taxes, sans déduction de charges. Ce montant sert aussi de base au calcul de vos cotisations sociales.

La déclaration du chiffre d’affaires est réalisée chaque mois ou chaque trimestre. Pour connaître la procédure et les échéances, consultez notre guide intitulé comment déclarer son chiffre d’affaires auto-entrepreneur.

Comment calculer le montant à déclarer ?

Exemple concret (Sophie, décoratrice d'intérieur en micro-entreprise, déclaration trimestrielle)

Au 2ᵉ trimestre, Sophie encaisse :

  • 3 200 € de prestations de conseil déco
  • 450 € de frais de déplacement qu'elle a refacturés à l'identique à un client, sur justificatif à son nom (→ pas un débours valable puisque la facture n'est pas au nom du client : ce montant reste dans le CA)
  • 600 € d'acompte pour un chantier non encore réalisé (→ encaissé donc inclus dans le CA du trimestre, même si la prestation n'est pas terminée)

Un client lui rembourse 200 € le mois suivant pour une prestation annulée, avant qu'elle n'ait fait sa déclaration trimestrielle.

CA à déclarer pour le trimestre : 3 200 € + 450 € + 600 € − 200 € = 4 050 €

FAQ

Quel est le plafond de chiffre d'affaires d'un auto-entrepreneur en 2026 ?

Le plafond applicable dépend de la nature de votre activité :

Type d’activitéPlafond de chiffre d’affaires en 2026
Activités commerciales : achat-revente, restauration et hébergement203 100 €
Prestations de services artisanales, commerciales et activités libérales83 600 €

Ces plafonds s'apprécient sur le chiffre d'affaires hors taxes encaissé au cours d'une année civile.

Les plafonds auto-entrepreneur ont-ils augmenté en 2026 ?

Oui. Les plafonds applicables entre 2023 et 2025 ont été revalorisés pour la période 2026-2028.

Cette hausse permet aux entrepreneurs de conserver le régime micro malgré un niveau d'activité plus élevé, sous réserve de respecter les autres conditions applicables au statut.

Que se passe-t-il si je dépasse le plafond auto-entrepreneur ?

Le dépassement ponctuel d'un plafond ne provoque pas automatiquement la sortie du régime micro-entreprise.

En principe, la sortie intervient lorsque le plafond applicable est dépassé pendant deux années civiles consécutives. Le basculement vers un régime réel s'effectue alors au 1er janvier suivant.

Le plafond est-il calculé en HT ou en TTC ?

Les plafonds sont appréciés à partir du chiffre d'affaires hors taxes encaissé.

Les charges professionnelles ne sont pas déduites. Ce n'est donc pas le bénéfice qui est pris en compte, mais le montant total des recettes encaissées.

Comment est calculé le plafond en cas de création en cours d'année ?

Lorsqu'une activité débute en cours d'année, les plafonds sont calculés en fonction de la durée d'activité sur l'année.

L'administration ajuste le plafond en fonction de la durée réelle d'activité entre la date de création de la micro-entreprise et le 31 décembre.

Comment fonctionne le plafond pour une activité mixte ?

Une activité mixte doit respecter plusieurs limites de chiffre d'affaires.

Par exemple, un entrepreneur qui réalise 150 000 € de ventes et 60 000 € de prestations de services atteint un chiffre d'affaires total de 210 000 €. Dans ce cas, le plafond global applicable est dépassé.

Plafond auto-entrepreneur et seuil de TVA : quelle différence ?

Ces deux notions ne doivent pas être confondues.

Le plafond de chiffre d'affaires permet de déterminer si vous pouvez continuer à bénéficier du régime micro-entreprise. Les seuils de TVA servent à déterminer si vous pouvez conserver la franchise en base de TVA.

Il est donc possible de rester auto-entrepreneur tout en devenant redevable de la TVA.

Où déclarer son chiffre d'affaires en auto-entreprise ?

La déclaration de chiffre d'affaires s'effectue sur le site de l'Urssaf, selon une périodicité mensuelle ou trimestrielle.

Pour éviter les erreurs, consultez notre guide dédié : déclarer son chiffre d'affaires auto-entrepreneur.

Les plafonds de chiffre d'affaires constituent l'une des conditions essentielles du régime micro-entrepreneur. Ils s'apprécient à partir du chiffre d'affaires hors taxes encaissé et doivent être suivis tout au long de l'année.

Avant d'évaluer votre situation, vérifiez toujours la catégorie de votre activité, les règles applicables en cas d'activité mixte et votre niveau réel d'encaissements.

Le Portail Auto-Entrepreneur vous accompagne dans la création de votre activité de solopreneur et dans vos principales démarches administratives.

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Sources

2026 : nouveaux seuils de chiffre d'affaires ou de recettes - Urssaf - date de dernière modification 20 février 2026

Quelles conséquences pour un micro-entrepreneur qui dépasse les seuils de chiffre d'affaires ? Entreprendre service public - date de dernière modification 21 février 2026

Obligations comptables du micro-entrepreneur - Entrepreneur service public - date de dernière modification 1 janvier 2026

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Déterminer mon chiffre d’affaires en tant qu’auto-entrepreneur Urssaf - date de dernière modification non connue

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Rédigé par l'auteur
Photo de Tom Denichou

Juriste

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82 articles publiés

Juriste spécialisé en droit des affaires et en propriété intellectuelle, Tom cumule six années d’expérience en cabinet et en entreprise. Diplômé d’un Master en Droit des affaires à la Sorbonne et d’un Master en Droit de la PI au CEIPI, il a participé à la création de nombreuses entreprises sous différentes formes juridiques (SAS, SARL, SCI, holdings, etc..). Passionné par les enjeux liés à la création d’entreprise, et notamment au statut de micro-entrepreneur, il accompagne les porteurs de projets avec précision et pédagogie afin de leur offrir un cadre juridique fiable et propice au développement de leurs activités.

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Directrice juridique

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Varène est directrice juridique du Portail Auto-Entrepreneur depuis 7 ans. Titulaire d'un master en droit privé de l'Université Paris-Sorbonne et forte de 14 ans d'expérience, elle accompagne les auto-entrepreneurs sur l'ensemble de leurs problématiques juridiques : statut, obligations légales, contrats et litiges.

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