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Les 7 avantages et les 6 inconvénients de l'auto-entreprise

26 août 2019

   6 minutes

Depuis sa création en 2009, l’auto-entreprise (aussi appelée micro-entreprise) connaît un succès grandissant auprès des personnes souhaitant lancer leur activité d’indépendant. Vous aussi, vous voulez franchir le pas en vous installant à votre compte ? Découvrez ici les avantages et les inconvénients du statut d’auto-entrepreneur et faites le choix le mieux adapté à votre projet.

Les 7 avantages de l’auto-entreprise

Le statut d’auto-entrepreneur comporte de nombreux avantages qui font de ce régime l’un des plus plébiscités par les indépendants. Voici les principaux points positifs de la micro-entreprise.

1 - Une gestion quotidienne simplifiée

Certains entrepreneurs n’osent pas se lancer dans la création de leur activité par peur de se retrouver face à une gestion quotidienne lourde et contraignante. Avec l’auto-entreprise, exit la rédaction de statuts, les bilans comptables et les publicités légales obligatoires !

Avec cette forme juridique, vous optez en effet pour un régime où les formalités administratives et les obligations comptables sont réduites au minimum.

Très concrètement, vous devrez simplement :

  • tenir un livre de recettes/dépenses
  • émettre des factures pour vos clients
  • disposer d’un compte bancaire séparé de votre compte courant particulier (uniquement si votre chiffre d’affaires annuel excède 5 000 € deux années consécutives)
  • déclarer votre chiffre d’affaires et régler vos cotisations sociales et fiscales suivant un calendrier défini


Et c’est tout ! La gestion d’une auto-entreprise étant simplifiée, cela vous laisse beaucoup plus de temps pour vous focaliser sur le développement de votre activité.

2 - La rapidité des formalités d’ouverture

Comparées à d’autres statuts comme l’EURL ou la SASU, les démarches pour créer une auto-entreprise sont facilitées. En effet, la déclaration d’une auto-entreprise peut se faire entièrement en ligne.

Il vous suffit de remplir le formulaire « P0 Micro-Entrepreneur » et de transmettre les différentes pièces justificatives (qui dépendent de votre type d’activité) au CFE dont vous dépendez. Vous obtiendrez votre numéro de SIRET 1 à 4 semaines plus tard.

Sachez également que pour vous lancer en tant qu’auto-entrepreneur, vous n’avez pas besoin d’un apport de capital et vous n’êtes pas obligé de faire appel à un expert-comptable.

3 - Un cumul possible de statut

Le statut d’auto-entrepreneur étant ouvert à tous les profils (étudiant, salarié, fonctionnaire, demandeur d’emploi, retraité et dirigeant assimilé salarié), il est particulièrement intéressant pour les personnes qui souhaitent conserver leur statut actuel tout en complétant leurs revenus.

Avec l’auto-entreprise, vous avez ainsi la possibilité de cumuler les revenus issus de votre activité avec votre salaire ou vos allocations (chômage, retraite).

4 - La franchise en base de TVA

C’est l’un des grands atouts de la micro-entreprise ! En tant qu’auto-entrepreneur, vous n’êtes pas redevable de la TVA si vous ne dépassez pas certains seuils de chiffre d’affaires :

  • 33 200 € par an pour les prestations de services relevant de la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) ou des bénéfices non commerciaux (BNC)
  • 82 800 € par an pour une activité de vente de marchandises, d’objets, de fournitures, de denrées à emporter ou à consommer sur place, ou pour des prestations d’hébergement (à l’exception de la location de locaux d’habitation meublés dont le seuil est fixé à 33 200 €)


Si vous respectez ces plafonds, cela signifie que :

  • vous ne facturez pas la TVA à vos clients et êtes donc potentiellement plus compétitif que vos concurrents
  • vous n’êtes pas soumis à l’obligation de faire une déclaration de TVA et évitez ainsi une formalité souvent jugée complexe.

5 - Des charges sociales allégées

Depuis le 1er janvier 2019, tous les nouveaux créateurs d'entreprise peuvent bénéficier de l’ACRE, un dispositif d’exonération partielle et dégressive des charges sociales, à la seule condition d’avoir un revenu annuel inférieur à 40 524 € après abattement. Cette aide est valable les 3 premières années suivant la création de l’entreprise.

À l’issue de ces 3 ans, l’exonération prend fin et vous serez soumis aux taux de cotisations sociales suivants :

  • 12,8 % pour les activités d'achat/revente de marchandises, vente de denrées à consommer sur place et prestations d'hébergement (BIC)
  • 22 % pour les prestations de service artisanale et commerciales (BIC/BNC)
  • 22 % pour les activités libérales (BNC)


Vous l’avez compris, les cotisations sociales que vous verserez dépendront directement du montant de votre chiffre d’affaires.

Il vous suffira alors de déclarer chaque mois ou trimestre votre chiffre d’affaires en ligne. Vos cotisations sociales seront alors automatiquement calculées et prélevées.

6 - Une plus grande visibilité sur votre impôt sur le revenu

Côté impôts, les auto-entrepreneurs ont la possibilité, sous conditions de revenus, d’opter pour le versement libératoire.

Dans ce cas, lors de leur déclaration mensuelle ou trimestrielle de chiffre d’affaires, un pourcentage supplémentaire sera prélevé au titre de l’impôt sur le revenu et viendra s’ajouter aux cotisations sociales. Le taux du versement libératoire dépend de la nature de l’activité.

Ce type d’imposition comporte plusieurs avantages :

  • vous payez votre impôt sur le revenu tout au long de l’année, sans régularisation le dernier mois
  • le calcul du montant est automatique et prévisible
  • vous payez moins d’impôts si votre chiffre d’affaires est moins important, puisque le taux ne varie pas


L’option pour le versement libératoire n’est toutefois pas judicieuse pour les personnes qui ne sont pas imposables.

7 - La possibilité de cumuler les activités

S’il est impossible d’avoir plusieurs auto-entreprises en même temps, il est tout à fait accepté de cumuler plusieurs activités.

À titre d’exemple, votre activité principale peut-être la photographie, ce qui ne vous empêche pas de proposer en parallèle des prestations de webdesigner ou toute autre activité complètement différente.

La micro-entreprise est donc particulièrement adaptée aux personnes qui ont des compétences dans des domaines variés.

Les inconvénients de l’auto-entreprise : les 6 infos à connaître

Si devenir micro-entrepreneur comporte des avantages certains, vous devrez toutefois être conscient des limites et contraintes de ce statut. Voici donc les principaux inconvénients de la micro-entreprise.

1 - Certaines charges fixes, même en cas de chiffres d’affaires faible

Parallèlement à des cotisations sociales allégées, l’auto-entrepreneur doit tout de même s’acquitter de certaines charges :

  • les frais liés au compte bancaire dédié (plus importants en cas de compte bancaire professionnel)
  • le coût engendré par la souscription de certaines assurances : la responsabilité civile professionnelle obligatoire pour certaines professions et la garantie décennale pour les entrepreneurs du BTP sont par exemple des assurances coûteuses dont ne sont pas dispensés les auto-entrepreneurs.
  • la Cotisation Foncière des Entreprises calculée par rapport à la valeur locative des biens qui sont utilisés par l'entreprise. Un auto-entrepreneur peut en être exonéré mais sous conditions très précises. Dans le cas contraire, il devra s’en acquitter une fois par an, généralement en décembre. À noter toutefois que tous les auto-entrepreneurs bénéficient d'une exonération la première année d'activité.

2 - Des plafonds de chiffre d’affaires rapidement atteignables

Le micro-entrepreneur ne devra pas dépasser certains plafonds annuels pour continuer à bénéficier de ce statut.

Ces seuils peuvent être rapidement atteints, notamment dans le cas d’une activité qui nécessite l’achat de matières premières dont le coût sera répercuté sur votre facturation.

Prenons le cas d’un peintre en bâtiment : il achète son matériel (peinture, pinceaux…) puis exécute sa mission auprès d’un clients. La facture émise comprendra à la fois les frais d’équipement et ceux liés à sa prestation. Son chiffre d’affaires peut vite gonfler et dépasser les plafonds de la micro-entreprise.

Lorsque l’auto-entrepreneur sort du régime micro-fiscal, il passe :

  • au régime réel simplifié d’imposition ou régime réel normal d’imposition sur option s’ils sont commerçants ou artisans
  • au régime fiscal de la déclaration contrôlée s’ils exercent une activité libérale

Ces régimes fiscaux ne bénéficient pas d’une comptabilité simplifiée comme la micro-entreprise mais ouvrent droit à la déclaration de frais professionnels.

3 - Des cotisations payées sur la base du CA et non du bénéfice

Reprenons le cas du peintre en bâtiment. Il vient de facturer son client à hauteur de 200 € pour l’achat de matières premières et 300 € pour la prestation.

Comme il est micro-entrepreneur, il ne peut pas déduire ses dépenses professionnelles lors de sa déclaration à l’URSSAF. Il devra donc régler des cotisations sociales non pas sur son bénéfice (300 €) mais sur son chiffre d’affaires (500 €).

En effet, le calcul des cotisations se fait toujours sur la base de la somme encaissée et selon un taux fixe déterminé par le type d’activité.

4 - La TVA non récupérable en deçà d’un certain seuil

Le statut d’auto-entrepreneur se caractérise également par la franchise en base de TVA, si vous ne dépassez pas certains seuils de chiffre d’affaires, comme mentionnés ci-dessus.

Mais attention, puisque vous ne facturez pas la TVA à vos clients, vous ne pourrez pas non plus la récupérer !

Si vous avez de nombreux frais professionnels mais un chiffre d’affaires faible (au lancement de votre activité par exemple), vous devrez donc assumer pleinement ces achats. Dans ce cas, la micro-entreprise n’est peut-être pas le statut le plus avantageux pour vous.

5 - Une couverture sociale limitée

Les auto-entrepreneurs qui exercent leur activité d'indépendant à titre exclusif ne bénéficient pas de la même couverture sociale que les salariés. À titre d’exemple :

  • les indemnités journalières en cas de maladie ou d’accident sont versées sous conditions aux artisans et commerçants. Les activités libérales réglementées ne peuvent quant à elles pas en bénéficier. De plus, un délai de carence est appliqué entre le début effectif de votre arrêt de travail et le versement des indemnités journalières.
  • la validation des trimestres de retraite n’est possible que si vous avez réalisé un chiffre d'affaires minimum défini en fonction de votre type d’activité. Les droits à la retraite dépendent en effet des cotisations sociales versées.
  • les auto-entrepreneurs ne cotisent pas pour le chômage

6 - La responsabilité personnelle de l’auto-entrepreneur engagée

L’auto-entreprise est une forme particulière de l’entreprise individuelle.Voilà pourquoi la micro-entreprise est officiellement enregistrée sous le nom de son dirigeant, contrairement aux sociétés qui sont dotées d’une personnalité morale.

Par conséquent, il n’existe pas de distinction entre le patrimoine personnel de l’auto-entrepreneur et celui de son entreprise. En cas de difficultés de paiement, les biens privés du micro-entrepreneur ne sont pas protégés et peuvent donc être saisis.

Toutefois, un entrepreneur individuel a la possibilité de faire une déclaration d’insaisissabilité afin d’assurer la protection de son patrimoine personnel. Le coût de cette formalité varie selon les notaires. Nous vous conseillons donc de vous renseigner directement auprès de ces professionnels.


Vous avez désormais toutes les informations essentielles pour faire votre choix. Il ne vous reste plus qu'à valider votre projet et vous lancer !



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