TJM freelance : comment calculer son taux journalier moyen en tant qu’auto-entrepreneur ?

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Mis à jour le 09/07/2026
En France, beaucoup de freelances fixent leur TJM en regardant ce que facturent les autres. Et, malheureusement beaucoup en viennent souvent à se sous-payer. En auto-entreprise, votre taux journalier moyen doit pourtant couvrir plusieurs dépenses comme vos cotisations, vos charges professionnelles, vos congés non payés, tous les frais nécessaires à votre activité (assurance, matériel, local, etc.) et prendre en compte le nombre de jours facturables. Dans ce guide, découvrez comment calculer son TJM freelance en 5 étapes avec un exemple chiffré complet. On vous donne aussi des repères d'équivalence entre salaire et TJM pour vérifier si les prix que vous fixez sont réellement rentables.

L'essentiel à connaître

Le TJM (taux journalier moyen) est le prix que vous facturez pour une journée de travail, aussi considéré comme base de tarification en freelance.

Pour calculer votre TJM, partez de votre revenu net annuel souhaité. Ajoutez-y ensuite vos cotisations sociales, vos impôts, vos charges professionnelles puis divisez le tout par votre nombre réel de jours facturables.

En effet, en micro-entreprise, un TJM de 300 € ne signifie pas que vous gagnez 300 € par jour ! Entre les cotisations sociales, les impôts, les frais professionnels et les périodes non facturées (période de prospection par exemple) : seule une partie du chiffre d'affaires finit réellement dans votre poche.

En pratique, la règle à suivre pour maintenir un niveau de vie comparable à celui d'un salarié est de fixer un TJM freelance 2 à 2,5 fois plus important que ce que vous gagneriez avec un salaire journalier brut si vous étiez salarié.

Qu'est-ce que le TJM ?

Le tarif journalier moyen ou taux journalier moyen (TJM) correspond au montant facturé pour une journée de travail. C'est la base de la tarification dans la plupart des métiers du freelancing : développement web, graphisme, rédaction, marketing digital, dans le conseil ou encore la formation.

Là où le taux horaire consiste à facturer chaque heure travaillée (utile pour les interventions ponctuelles), le TJM repose quant à lui sur une journée standard de 7 à 8 heures : ce que vous pourriez travailler en une journée en tant que salarié par exemple.

 

Exemple

Maude fait du graphisme. Pour la création d’une carte de visite personnalisée, elle facture 3 heures de travail à un taux horaire à 60 € (3 x 60 = 180 €). Pour la réalisation d’un site web, elle sait que le chantier va s’étaler sur 5 jours donc elle choisit de facturer en TJM de 420 € (420 x 5 = 2 100 €).

Le TJM permet de comparer facilement votre positionnement sur le marché, d'estimer rapidement le coût d'une mission et de convertir simplement un objectif de revenu en tarif !

La méthode de calcul du TJM en 5 étapes

Étape 1 : Définir votre revenu net cible

Première question à se poser pour définir son TJM freelance : Combien je souhaiterais réellement gagner chaque mois après déduction de toutes mes charges et impôts ?

On reprend notre exemple de graphiste freelance avec Maude. Elle aimerait toucher 2 500 € net par mois, soit 30 000 € net par an.

Étape 2 : Ajouter les cotisations sociales et les impôts

Une fois le montant de votre revenu cible défini, il faut soustraire les charges suivantes : cotisations sociales, Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) et impôt sur le revenu.

Les cotisations sociales sont calculées proportionnellement au chiffre d’affaires déclaré à l’Urssaf. Elles varient selon votre activité :

  • Vente de marchandises (BIC) : 12,3 % du CA

  • Prestations de services commerciales ou artisanales (BIC) : 21,2 % du CA

  • Prestations de services libérales non réglementées (BNC) : 25,6 % du CA

  • Activités libérales réglementées à la Cipav (BNC) : 23,2 % du CA

Ministère de l’Économie : Micro-entreprises, quel est le montant de vos cotisations sociales ?

 

Information importante

Si vous bénéficiez de l'ACRE, les cotisations sociales sont réduites pendant les premiers trimestres de votre activité (ce qui modifierait directement le calcul ci-dessous). Et dans le calcul, pensez à utiliser votre taux ACRE réel plutôt que le taux normal.

La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) est fixée par les communes et varie d’une ville à l’autre. Elle peut aller de 250 € à plusieurs milliers d’euros. Vous êtes cependant exonéré de cette cotisation si votre chiffre d’affaires n’excède pas 5 000 €, le Ministère de la Justice : Un micro-entrepreneur doit-il payer la cotisation foncière des entreprises (CFE) ?

L’impôt sur le revenu dépend de votre situation personnelle (votre statut marital et la composition de votre foyer) et de votre option fiscale (versement libératoire ou imposition classique). Pour l’imposition classique, l’administration applique un abattement forfaitaire sur votre chiffre d’affaires pour calculer le revenu imposable qui varie, lui aussi, selon la nature de votre activité. Le versement fiscal libératoire (VFL) est de 2,2 % en BNC, 1,7 % en BIC services et 1 % en ventes.

Reprenons l’exemple de Maude, graphiste en freelance. Elle relève des activités libérales et se place ainsi dans la catégorie des Bénéfices Non Commerciaux (BNC).

Cas n°1 : Avec versement libératoire de l'impôt

  • Cotisations sociales des professions libérales non réglementées micro-BNC : 25,6 %

  • Versement fiscal libératoire : 2,2 %

  • CFE : 250 € environ. Dans cet exemple avec Maude, on retient une estimation prudente de 250 € de CFE. En pratique, le montant dépend de la commune, de la base minimum applicable et du chiffre d’affaires de référence.

Sur un an, son taux global de prélèvement serait donc de 25,6 % + 2,2 % soit 27,8 %.

100 % − 27,8 % = 72,2 %. Une fois ces charges enlevées, il lui resterait en réalité 72,2 % de son chiffre d'affaires.

Pour obtenir 30 000 € nets par an, il faut donc calculer son CA annuel nécessaire pour assumer le retrait de ces charges : à savoir 30 000 € ÷ 0,722 = 41 551 €.

Y ajouter la CFE : 41 551 + 250 = 41 801 €

41 801 - 30 000 = 11 801 €.

Maude doit donc prévoir environ 12 000 € en plus par an pour couvrir ses charges sociales et fiscales.

Cas n°2 : Sans versement libératoire

Dans ce cas, les cotisations sociales sont prélevées sur le chiffre d'affaires et l'impôt sur le revenu est payé séparément.

1. Cotisations sociales

Pour gagner 30 000 € après cotisations sociales mais avant impôt, il faut faire le calcul suivant : CA = 30 000 / (1-0,256) = 40 322

Pour avoir 30 000 €  après cotisations sociales, Maude doit donc viser 40 322 € de CA.

2. Impôt sur le revenu sans versement libératoire

Selon le site du gouvernement sur le régime fiscal de la micro-entreprise, pour une activité relevant des BNC, l'administration applique un abattement fiscal de 34 %. Le revenu imposable est donc égal à 66 % du CA : 40 322 × 66 % = 26 612 €.

En reprenant les tranches et taux d'imposition 2026 de l’impôt sur le revenu, pour une personne seule sans enfant, cela donne :

  • 0 % jusqu'à environ 11 600 €

  • 11 % sur le reste

soit (26 613 − 11 600) × 11 % = 15 013 × 11 % = 1 651 € (≈ 1 650 €)

3. Cotisations sociales, CFE et impôt sur le revenu sans versement libératoire

40 322+ 1 650 = 41 972 € par an

41 972 + 250 (CFE) = 42 222

42 222 - 30 000 = 12 222 €.

Dans ce cas aussi, Maude doit prévoir environ 12 000 à 12 500 € en plus par an pour couvrir ses cotisations sociales, CFE et impôts.

Charges auto entrepreneur : comment les calculer ?

Information importante

Il s’agit ici des tranches qui s'appliquent aux revenus 2025 déclarés en 2026. Pour un auto-entrepreneur qui calcule son TJM pour l'activité 2026, il sera en réalité taxé avec les tranches 2027 (qui ne sont pas encore publiées). Pour vous aider, le gouvernement a mis en place un simulateur d’impôt sur le revenu 2026.

Étape 3 : Ajouter vos frais professionnels

En micro-entreprise, vous ne déduisez pas les charges de votre CA. Vous les payez directement avec votre trésorerie. C'est l'erreur la plus fréquente chez les freelances car il faut aussi les prendre en compte dans ses dépenses.

Parmi les frais professionnels (ou frais de fonctionnement) les plus courants, vous pouvez louer un local professionnel et du matériel, régler un abonnement à des logiciels spécifiques, avoir des frais de déplacement ou encore faire appel à de la sous-traitance.

Selon l'activité, ces frais représentent souvent entre 2 000 € et 5 000 € par an.

Supposons que Maude doivent faire les dépenses suivantes :

  • Abonnement à des logiciels de graphisme : 800 €

  • Matériel informatique : 700 €

  • Assurance : 200 €

  • Formation : 800 €

Soit : 2 500 € de charges professionnelles annuelles.

Le chiffre d'affaires nécessaire passe alors à 44 500 € environ :

41 801 € (ou 42 222 € selon l’option fiscale) + 2 500 € = 44 301 € (ou 44 722 €).

Charges en freelance : découvrez notre guide complet !

Étape 4 : Calculer vos jours facturables

C'est probablement l'étape la plus sous-estimée. Une année compte environ 220 jours ouvrés mais toutes ces journées ne sont pas facturables.

Sur une année standard, vous pouvez retirer :

  • 25 jours de congés

  • Une moyenne de 5 jours d'imprévus ou de maladie : mieux vaut prévenir que guérir !

  • 40 jours de prospection, d’administratif et de formation

Cela donne donc 220 - 25 - 5 - 40 = 150 jours facturables.

Entre 220 jours ouvrés et 150 jours réellement facturables, ça change considérablement la donne ! C’est très important de l’anticiper dans vos calculs.

Étape 5 : Calculer votre TJM

On y est presque !

Vous devez maintenant effectuer le calcul suivant : Chiffre d'affaires nécessaire / jours facturables = TJM.

44 500 € ÷ 150 jours = 296,66 €.

Pour toucher 2 500 € net par mois, Maude doit donc viser un TJM d’environ 300 € par jour.

Tableau récapitulatif du calcul TJM freelance

 Montant
Revenu net souhaité30 000 €
Cotisations sociales, CFE et impôts sur le revenu+ 12 250 €
Charges professionnelles+2 500 €
Chiffre d'affaires nécessaire44 300 à 44 700 €
Jours facturables150
TJM recommandé300 €

La formule complète pour calculer son TJM freelance est la suivante :

TJM = (revenu net souhaité + cotisations/CFE/impôts estimés + frais professionnels) / nombre de jours facturables

Et n’oubliez pas que ce calcul doit être ajusté selon l’activité, le régime fiscal et la situation personnelle !

Quel salaire net correspond à votre TJM freelance ?

Comparer un TJM freelance à un salaire salarié est souvent trompeur. Un indépendant doit financer lui-même ses congés, sa mutuelle, sa retraite complémentaire ou encore son abonnement de transport par exemple (pris en charge à 50 % minimum s’il était salarié) et il ne facture pas toutes ses journées de travail ! En tant que salarié, on ne fait plus vraiment attention à tous ces frais directement déduits sur sa fiche de paie alors qu’en tant que freelance, il faut bien penser à les anticiper.

On estime qu'un TJM freelance doit représenter environ 2 à 2,5 fois le salaire brut journalier pour offrir un niveau de vie équivalent.

Salaire brut annuelSalaire net mensuel estiméTJM freelance équivalent
30 000 €environ 1 950 €300 à 340 €
40 000 €environ 2 600 €380 à 420 €
50 000 €environ 3 250 €460 à 500 €
60 000 €environ 3 900 €520 à 600 €

Ces équivalences restent indicatives. Votre revenu réel dépend de vos charges, de votre situation fiscale et du nombre de jours réellement facturés chaque année.

Adapter son tarif selon le contexte

Un TJM doit également être ajusté selon les types de prestations que vous donnez, votre clientèle, et varie surtout selon les réalités du marché ! On voit ça ensemble.

Le marché

Commencez par vérifier les TJM pratiqués dans votre métier et dans votre région ! En effet, d’une région à l’autre, les prix peuvent fluctuer. Vous pouvez comparer les standards de prix sur les plateformes freelance et grâce à des études sectorielles notamment.

Le type de clients

Les grands groupes disposent généralement de budgets plus élevés que les TPE ou les startups : ce qui peut justifier un TJM plus important.

La durée de la mission

Une mission longue apporte de la stabilité. Dans ce cas, vous pouvez accepter un TJM légèrement plus bas car vous n’aurez pas besoin de planifier de jours dédiés à la prospection par exemple. À l’inverse, une mission courte peut être majorée car ce sont des temps (et donc de l’argent) que vous devrez prévoir.

L’urgence

Une demande urgente ou des horaires contraints justifient une majoration du tarif proposé pour votre prestation.

Une expertise rare

Plus vos compétences sont rares et recherchées, plus votre pouvoir de négociation et votre TJM augmentent ! À l’inverse, sur un marché très concurrentiel avec de nombreux profils similaires, les prix ont tendance à se stabiliser, voire à baisser.

Cette logique répond à la simple règle de l’offre et de la demande !

Taux horaire, TJM ou forfait : quelle méthode choisir ?

Le TJM est le format le plus courant pour les missions freelance de plusieurs jours : développement web, conseil, design, marketing, rédaction ou formation. Il permet au client d’estimer rapidement le coût d’une mission et vous aide à projeter votre chiffre d’affaires.

Le taux horaire est plutôt adapté aux interventions courtes ou ponctuelles : correction rapide, dépannage, coaching, cours particulier, mission de quelques heures.

Le forfait convient mieux aux projets bien cadrés, avec un périmètre clair : création d’un logo, rédaction d’un livre blanc, audit, site vitrine, shooting photo. Dans ce cas, vous pouvez partir de votre TJM, estimer le nombre de jours nécessaires, puis proposer un prix global.

L’essentiel est de rester cohérent : votre devis doit permettre de comprendre ce qui est inclus, ce qui ne l’est pas, et comment le prix a été construit.

Ce qu'il faut retenir : les erreurs à éviter !

Pour fixer votre TJM le plus justement possible, vous devez éviter les erreurs suivantes :

  • Se baser uniquement sur le tarif des concurrents sans intégrer vos propres charges qui peuvent beaucoup varier selon votre situation géographique, votre type de clientèle, vos années d’expérience, etc.
  • Oublier de comptabiliser dans votre calcul les jours non facturables comme les congés, la prospection ou l’administratif.
  • Ne pas revaloriser régulièrement votre TJM car cela peut entraîner une perte progressive de pouvoir d’achat notamment face à l’inflation.
  • Baisser significativement vos prix pour décrocher une mission est une dynamique qui peut être compliquée à inverser par la suite.
  • Confondre chiffre d’affaires et revenu net.

Vous savez désormais comment calculer et fixer un prix rentable, il ne reste plus qu'à vous lancer ! Le Pack Création réunit la création de votre micro-entreprise et de quoi facturer vos premiers clients sans attendre.

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FAQ

Quel TJM pour un freelance débutant ?

Il n’existe pas de TJM « débutant » standard. Basez-vous sur votre revenu net cible et vos charges. Ne sous-évaluez pas votre tarif pour compenser votre manque d’expérience car cela pourrait vous mettre rapidement en difficulté financière.

Comment négocier son TJM avec un client ?

On vous recommande de présenter votre TJM comme un fait, pas une discussion ouverte, en mettant en avant vos forces. Savoir se vendre, ça fait partie du travail de freelance ! Et, si besoin, ajustez le périmètre plutôt que le prix : réduire la mission vaut mieux que casser son tarif.

Faut-il afficher ses tarifs publiquement ?

Ce n’est pas obligatoire. Des tarifs publics filtrent les prospects mais réduisent la flexibilité. Dans les faits, ils sont rarement affichés en B2B alors qu’en B2C, la transparence est souvent appréciée.

Comment augmenter ses tarifs en cours de mission ?

Il est possible d’augmenter ses tarifs en cours de mission même si cela peut être un peu sensible. On vous recommande d’annoncer ladite hausse à l’avance (1 à 2 mois), par écrit, en la justifiant simplement (marché, inflation, évolution).

Rédigé par l'auteur
Photo de Tom Denichou

Juriste

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Juriste spécialisé en droit des affaires et en propriété intellectuelle, Tom cumule six années d’expérience en cabinet et en entreprise. Diplômé d’un Master en Droit des affaires à la Sorbonne et d’un Master en Droit de la PI au CEIPI, il a participé à la création de nombreuses entreprises sous différentes formes juridiques (SAS, SARL, SCI, holdings, etc..). Passionné par les enjeux liés à la création d’entreprise, et notamment au statut de micro-entrepreneur, il accompagne les porteurs de projets avec précision et pédagogie afin de leur offrir un cadre juridique fiable et propice au développement de leurs activités.

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Directrice juridique

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Varène est directrice juridique du Portail Auto-Entrepreneur depuis 7 ans. Titulaire d'un master en droit privé de l'Université Paris-Sorbonne et forte de 14 ans d'expérience, elle accompagne les auto-entrepreneurs sur l'ensemble de leurs problématiques juridiques : statut, obligations légales, contrats et litiges.

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