Pour être en règle, Karim s'est équipé dès 2026 d'une plateforme agréée par l’Etat (comme Solo) lui permettant de recevoir les factures électroniques de ses fournisseurs et d’en émettre.
Le métier relève du bâtiment : il est encadré, mais rien n'interdit de l'exercer sous le régime de la micro-entreprise, notamment pour démarrer.
Il est donc bien possible de devenir installateur de panneau solaire sous le régime auto-entrepreneur à condition de :
Le statut d'auto-entrepreneur présente des avantages en tant qu’artisan : formalités de création simples, cotisations calculées uniquement sur le chiffre d'affaires encaissé, pas de TVA à gérer tant que vous restez sous les seuils. C'est un bon cadre pour tester l'activité en autonomie, vous constituer une première clientèle et monter en compétence.
Néanmoins, une limite peut vite apparaitre dans ce secteur :
Ce point ne bloque pas le lancement, mais il doit être anticipé.
Installer des panneaux solaires, c'est un métier technique dans les domaines du bâtiment et de l'électricité. Trois éléments essentiels sont à réunir : les assurances, la qualification QualiPV, et les compétences.
L'assurance décennale est obligatoire. L'installation de panneaux solaires est une activité du bâtiment : à ce titre, elle relève de la garantie décennale, qui couvre pendant dix ans les dommages compromettant la solidité de l'ouvrage ou le rendant impropre à sa destination. C'est un point qui bloque souvent les auto-entrepreneurs au démarrage, car cette assurance représente un coût réel et doit être souscrite avant le début du chantier pour que les travaux soient couverts.
Les habilitations électriques sont nécessaires. Le raccordement d'une installation photovoltaïque au réseau relève de l'électricité. Vous devez donc justifier des compétences et habilitations correspondantes pour intervenir en sécurité comme demandé par la norme AFNOR NF C18-510.
La RC Pro (responsabilité civile professionnelle) est également obligatoire. Elle couvre les dommages causés à des tiers dans le cadre de votre activité.
QualiPV est la qualification de référence pour l'installation de panneaux photovoltaïques. Délivrée par l'organisme indépendant Qualit'EnR, elle est le socle qui permet à une entreprise d'obtenir la mention RGE (Reconnu Garant de l'Environnement) dans le domaine solaire.
En tant qu’indépendant en auto-entreprise, vous pouvez obtenir la qualification QualiPV. Si vous réalisez l'ensemble de l'installation, les deux modules de formation suivants sont nécessaires :
Le point essentiel à comprendre : QualiPV n'est pas obligatoire pour poser des panneaux techniquement, mais elle est indispensable pour que vos clients accèdent aux aides conditionnées à une qualification RGE, notamment l'obligation d'achat du surplus de production par un acheteur obligé (EDF OA). La TVA à 5,5 % applicable aux installations de 9 kWc ou moins depuis le 1er octobre 2025 dépend, elle, de critères techniques sur le matériel (bilan carbone, composition des modules, présence d'un système de pilotage énergétique), fixés par arrêté du 8 septembre 2025, et non d'une exigence de qualification RGE de l'installateur. Un client qui fait appel à un installateur non qualifié RGE reste donc exposé à perdre certaines aides, ce qui rend la qualification de fait indispensable commercialement.
Si aucun diplôme spécifique n'est imposé pour exercer en tant qu’installateur de panneaux photovoltaïques il vous faut a minima obtenir une qualification dans le domaine. En effet, pour poser des panneaux photovoltaïques en sécurité, vous devez disposer de réelles compétences en électricité et en pose, à la fois pour travailler en sécurité, développer votre expertise et parce qu'elles sont exigées pour obtenir la qualification QualiPV. Les systèmes de pose sont complexes, il ne faut pas se lancer dans n’importe quelles conditions !
Plusieurs voies peuvent mener au métier selon votre envie de vous occuper de la pose en toiture ou du raccordement électrique. Pour la partie pose en toiture, les diplômes reconnus relèvent de la couverture (CAP Couvreur + MC TERE, Bac Pro TISEC). Pour la partie raccordement électrique, les diplômes relevant de l'électricité sont requis (Bac Pro MELEC, BTS électrotechnique, BTS FED). Le savoir-faire technique est très important pour la sécurité de vos chantiers. De plus, dans tous les cas, Qualit'EnR exige une formation agréée spécifique (PV bât et/ou PV élec) pour obtenir la qualification, mais cette formation est indépendante du diplôme initial qui permet de créer son entreprise.
Il n'existe pas de revenu type pour un installateur indépendant de panneaux solaires : tout dépend du volume de chantiers, du type d'installations et de votre région. Ce qui compte, c'est de bien fixer vos tarifs et d'anticiper vos charges, car en micro-entreprise vous ne déduisez pas vos frais.
Il existe trois façons courantes de tarifer un projet d’installation photovoltaïque chez vos clients : au chantier (devis global), à la puissance installée (en euros par kWc), ou au forfait de pose.
Le budget global du devis pour des panneaux solaires va varier selon plusieurs critères :
Au-delà du chantier en lui-même, il y a aussi la visite technique et l’étude de faisabilité en amont des travaux à tarifer, ainsi que la prise en charge de l'intégralité du parcours administratif, représentant plusieurs heures de travail.
Pour un projet bien cadré et établir un tarif cohérent, raisonnez comme pour un taux journalier : partez de vos charges réelles et du revenu que vous visez, puis définissez le prix adapté.
En micro-entreprise, vos cotisations sociales sont calculées en pourcentage du chiffre d'affaires encaissé, sans déduction de frais.
D’après le Ministère de l’Economie, pour la pose de panneaux (prestation de service artisanale relevant des BIC), le taux 2026 est de 21,2 %. Si vous facturez aussi le matériel, la part de vente relève d'un taux de 12,3 %.
À ces cotisations s'ajoutent des charges que vous ne pouvez pas déduire et que vous devez donc intégrer dans vos prix : assurance décennale, RC Pro, matériel, outillage, véhicule, carburant. C'est un point de vigilance fort du statut micro pour un métier avec autant de frais.
Dernier point, spécifique au solaire : le poids du matériel dans le chiffre d'affaires. Si vous achetez et facturez les panneaux, votre chiffre d’affaires peut grimper très vite, ce qui peut vous rapprocher du plafond micro plus tôt que prévu.
D’après le site auto-entrepreneur de l’URSSAF :
Si vous ne facturez que la pose (le client achète les panneaux de son côté), vous êtes en prestation de services. Le plafond en 2026 à ne pas dépasser est de 83 600 €.
Si vous facturez aussi le matériel, vous exercez alors une activité mixte (vente de marchandises + prestation de services). Deux règles se cumulent :
Voici les étapes clés pour vous lancer en tant qu’installateur de panneaux solaires en auto-entrepreneur, métier d’avenir :
Une fois vos compétences et vos assurances en place, la création de votre auto-entreprise du solaire se fait en ligne en quelques jours. Avec le Pack Création, vous obtenez votre SIRET rapidement et de quoi établir vos devis de chantier conformes dès le premier client.
Ces erreurs pourraient vous coûter cher lors de votre activité dans le solaire. Prêtez-y attention :
Suivez cette checklist pour ne rien oublier avant de vous lancer en tant qu’installateur de panneaux solaires :
Karim, 38 ans, était électricien salarié dans le bâtiment depuis douze ans. Face à l’essor de l’autoconsommation et au développement de l’énergie solaire sur le marché français, il décide de se mettre à son compte comme installateur photovoltaïque, en auto-entreprise pour démarrer sans lourdeur administrative.
Fort de son expérience d'électricien, il maîtrise déjà le raccordement. Il suit une formation photovoltaïque pour développer ses connaissances. Il engage la démarche QualiPV, indispensable pour que ses clients accèdent à la TVA réduite et au rachat du surplus. Avant son premier chantier, il souscrit une assurance décennale et une RC Pro.
Son principal point de vigilance : le plafond de chiffre d'affaires. Comme il facture souvent le matériel en plus de la pose, il se retrouve en activité mixte. Il suit donc deux compteurs : son CA global (à garder sous 203 100 €) et sa part main-d'œuvre (sous 83 600 €). Il sait qu'un beau carnet de commandes pourrait, à terme, le faire sortir du régime micro (une évolution qu'il anticipe plutôt que de la subir).
Pour être en règle, Karim s'est équipé dès 2026 d'une plateforme agréée par l’Etat (comme Solo) lui permettant de recevoir les factures électroniques de ses fournisseurs et d’en émettre.
Vos devis et factures de chantier doivent respecter les mentions obligatoires : faire figurer votre nom, suivi ou précédé, de la mention “EI” ou “Entrepreneur Individuel”, indiquer votre n° de SIRET, détailler la description de la prestation, le prix, et, si vous êtes en franchise de TVA, la mention correspondante.
Attention
Le 1er septembre 2026, la mention « TVA non applicable, art. L. 223-3 du CIBS » remplace la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI.
Le fonctionnement de la franchise en base ne change pas, seule la référence légale évolue. Il s’agit d’une simple recodification de la TVA du Code général des impots vers le Code des impositions sur les biens et services. Une tolérance administrative permet d'utiliser l'ancienne référence (art. 293 B du CGI) jusqu'au 31 décembre 2027.
Conseils spécifiques au solaire : pensez à faire figurer votre qualification RGE / QualiPV sur vos devis. Vos clients, notamment les particuliers, en ont besoin pour justifier leur éligibilité aux aides, au-delà de la confiance que cela génère. Il peut aussi être utile de mentionner les conditions de maintenance des équipements solaires si besoin.
Il faut aussi indiquer vos références de contrats d'assurance (nom de l'assureur, coordonnées, couverture géographique) sur vos devis et factures.
Gardez aussi en tête ce qui change avec la facturation électronique. La réforme se déploie en deux temps pour une micro-entreprise :
Si vous facturez des clients professionnels, la facturation électronique vous concerne dès septembre 2026. Solo est une plateforme agréée et la réception y est gratuite : équipez-vous maintenant pour être prêt.
Pas pour les poser techniquement. Mais sans QualiPV, vos clients perdent l'accès aux aides conditionnées à une qualification RGE, notamment l'obligation d'achat du surplus par EDF OA.
Oui, sous conditions : assurance décennale obligatoire, habilitations électriques, et qualification QualiPV pour que vos clients accèdent aux aides. Le statut micro convient pour les personnes qui démarrent, en surveillant le plafond de chiffre d'affaires vu le coût du matériel.
Plusieurs voies sont possibles : un CAP, un bac pro ou BP électricien, des formations spécialisées dans le photovoltaïque, ou une expérience du bâtiment. Une formation QualiPV (généralement d’une durée de 3 à 5 jours selon le module) est par ailleurs nécessaire pour obtenir la qualification.
Non. La prime à l'autoconsommation a été supprimée pour toute nouvelle demande de raccordement déposée à partir du 5 juin 2026 (arrêté du 1er juin 2026 modifiant le cadre tarifaire S21). Les dossiers déposés avant cette date conservent leurs droits. Aujourd'hui, les aides qui restent pour vos clients sont la TVA à 5,5 % (installations de 9 kWc ou moins, sous conditions techniques sur le matériel) et le rachat du surplus par EDF OA, fixé à 1,1 c€/kWh. Le rachat du surplus reste réservé aux installations posées par un professionnel qualifié RGE / QualiPV. La TVA à 5,5 %, elle, dépend de critères propres aux modules installés (bilan carbone, composition, système de pilotage énergétique), fixés par arrêté du 8 septembre 2025, et non de la qualification de l'installateur.
En 2026, 83 600 € pour les prestations de services (la pose seule). Si vous facturez aussi le matériel, vous êtes en activité mixte : le CA global ne doit pas dépasser 203 100 €, dont 83 600 € maximum pour la partie pose. Le matériel étant coûteux, anticipez le risque de dépassement et le passage éventuel à un autre statut.
Le solaire est un marché porteur : pour vous positionner, commencez par créer votre activité. Le Pack Création réunit l'immatriculation et votre outil de gestion pour démarrer vos chantiers.
Directrice juridique
·17 articles publiés
Varène est directrice juridique du Portail Auto-Entrepreneur depuis 7 ans. Titulaire d'un master en droit privé de l'Université Paris-Sorbonne et forte de 14 ans d'expérience, elle accompagne les auto-entrepreneurs sur l'ensemble de leurs problématiques juridiques : statut, obligations légales, contrats et litiges.
Juriste
·14 articles publiés
Juriste spécialisé en droit des affaires et en propriété intellectuelle, Tom cumule six années d’expérience en cabinet et en entreprise. Diplômé d’un Master en Droit des affaires à la Sorbonne et d’un Master en Droit de la PI au CEIPI, il a participé à la création de nombreuses entreprises sous différentes formes juridiques (SAS, SARL, SCI, holdings, etc..). Passionné par les enjeux liés à la création d’entreprise, et notamment au statut de micro-entrepreneur, il accompagne les porteurs de projets avec précision et pédagogie afin de leur offrir un cadre juridique fiable et propice au développement de leurs activités.