Rencontre avec Régis, homme toutes mains en auto-entreprise

Rencontre avec Régis, homme toutes mains en auto-entreprise

26 août 2019

Il a troqué les fourneaux pour la tondeuse et le marteau, Régis, ancien pâtissier, met aujourd’hui ses talents de bricoleur au service des autres. Un parcours atypique pour ce Breton qui a fait ses premières armes à Londres aux côtés du célèbre chef cuisinier Alain Ducasse, avant d’ouvrir son propre restaurant. À l’écoute des papilles et des envies de ses clients durant 14 années, il a récemment opéré un virage à 180 degrés pour devenir homme toutes mains en auto-entreprise.

Comment définir le métier d’homme toutes mains ?

« Je m’occupe de tous les petits travaux que mes clients ne peuvent assumer seul. En bref je peux déboucher des toilettes, tondre leur pelouse ou encore réparer un volet roulant… Malheureusement, aujourd’hui, les artisans n’ont plus le temps de se déplacer pour ces petits chantiers. 

En règle générale, ce sont très souvent des urgences à traiter. Mais il est vrai qu’une fois le pied dans la maison, on entre dans l’intimité de la famille. Il y a un vrai côté social dans ce que je fais. Au-delà des travaux c’est une présence, un partage, qui peut aider à améliorer le quotidien de certaines personnes isolées. Du fait que j’ai grandi dans le milieu du commerce, je suis très attaché à ce côté humain. Il est important pour moi d’apporter, en plus de l’aide matérielle, cette implication dans leur vie de tous les jours. »

Comment trouver sa clientèle dans le service à la personne ?

« Dans mon cas, j’avais déjà établi ma future clientèle avant de me déclarer. C’est d’ailleurs comme ça que l’idée de devenir entrepreneur m’est venue. Tous les matins dans mon restaurant, au café, j’entendais des conversations sur le sujet, avec toujours les mêmes problématiques concernant les petits travaux quotidiens de la maison. Par exemple, un jour, un client de 88 ans s’est plaint d’avoir ses toilettes bouchées mais que personne n’était disponible pour l’aider. Ceci n’est qu’un exemple mais ce sont en général des urgences comme celle-ci sur lesquelles j’interviens. Pour moi ce sont des priorités et les autres travaux peuvent toujours attendre. C’est la raison pour laquelle j’ai orienté ma cible de clientèle vers les personnes âgées et/ou handicapées. »

Quelle formation avez-vous suivi pour devenir homme toutes mains ?

« Aucune ! Néanmoins il faut faire attention aux services que l’on propose. En effet, l’obtention de certains agréments est obligatoire pour certaines prestations comme par exemple l’électricité. Il faut également savoir que la réglementation du service à la personne prévoit de ne pas excéder plus de deux heures de travail consécutives

Enfin, Il faut souscrire une assurance professionnelle. Selon le type de prestation que l’on propose, une RC professionnelle, une décennale ou une biennale peuvent être obligatoires.

Pour en revenir à la formation, je n’étais pas un bricoleur dans l’âme. Mais j’ai commencé à m’y intéresser quand j’ai ouvert mon restaurant. Je n’avais pas le choix, parce que si une fuite d’eau se déclarait à 2 heures du matin, je me devais de la réparer très rapidement. C’est mon beau-père, agent de maîtrise dans une commune voisine, qui m’a tout appris. C’est drôle de penser que je ne savais absolument pas à quoi servaient tous ces outils alors qu’aujourd’hui, j’ai un camion d’outillage des plus complets ! 

Par ailleurs je suis de nature assez curieuse et j’aime apprendre, je pense que c’est important. »

Pourquoi avoir choisi le statut auto-entrepreneur ?

« Après avoir géré une EI (NDLR : entreprise individuelle), je voulais un statut plus simple. Toutefois, trouver des réponses à mes questions ne fut pas toujours facile mais j’ai heureusement pu bénéficier des conseils de mon ancien comptable. Autour de moi, je vois bien que la recherche d’informations sur le statut auto-entrepreneur n’est pas toujours évidente. Il y a autant de réponses que d’activités.

En revanche la comptabilité est assez simple, ce qui est un avantage à ne pas négliger. Pas besoin de comptable même si je pense qu’il faut tout de même avoir quelques notions pour au moins faire des devis et des factures.

De mon côté, je n’ai pas choisi ce statut pour ensuite développer ma structure. Je ne souhaite pas faire évoluer mon activité ni avoir de salariés. J’ai déjà développé mon patrimoine donc ce n’est pas dans mes projet futurs. C’est la raison pour laquelle le statut est parfait pour moi ! »

Quel conseil donneriez-vous aux personnes qui souhaitent se lancer ? 

« Du courage, travailler beaucoup et aimer faire ce métier. 

Il ne faut pas le faire pour un salaire mais par amour du travail. Ainsi, vous essayez d’aller toujours plus loin. L’humilité aussi est très importante. Mon maître d’apprentissage en pâtisserie me l’a démontré plusieurs fois. C’était un patron qui donnait beaucoup et qui ne refusait jamais de nettoyer des plaques ou passer un coup de balai.

Pendant mes années avec Alain Ducasse, j’ai également appris qu’en se donnant les moyens, on arrive toujours à ses fins. »

Article rédigé par Laëtitia Lorieul - Rédactrice Portail Auto-Entrepreneur

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