DJ auto-entrepreneur

6 min
Mis à jour le 26/11/2024
S'ils sont d'abord des passionnés de culture musicale, les disc jockeys sont aussi de véritables professionnels dont les compétences sont indispensables à la réussite de toutes sortes de soirées. Bien qu'ils évoluent dans un univers souvent festif, les DJ ne dérogent toutefois pas à certaines règles. Quelle est la réglementation pour exercer ce métier ? Quelles sont les obligations liées à la SACEM ? Découvrez notre dossier complet pour vous lancer dans les meilleures conditions.

L’essentiel à connaître

  • En tant que DJ, vous pouvez devenir auto-entrepreneur pour facturer vos prestations à des personnes (mariages, soirées privées, entreprises, clubs).
  • Votre activité dépend surtout d’un point : qui fournit le matériel
    • Vous venez avec votre matériel (platines/sono/lumières) : activité souvent considérée comme prestation de services commercialecotisations 21,2 %.
    • Le client fournit le matériel : vous pouvez être assimilé à un artiste interprète (activité plus “libérale”) → cotisations de 25,6 % en micro-entreprise
  • Pour rester en micro-entreprise, vous devez respecter le plafond de chiffre d’affaires : 83 600 € (prestations de services).
  • Côté SACEM, la déclaration et le paiement concernent l’organisateur de l’événement (le DJ n’a pas à la faire dans la majorité des cas).
  • Les étapes de création sont simples : déclaration en ligne + justificatifs, dont une pièce d’identité.
  • Si vous composez et souhaitez toucher des droits, attention : la création musicale peut relever du statut d'artiste auteur, qui ne fonctionne pas comme une micro-entreprise classique.

DEVENIR AUTO-ENTREPRENEUR

DJ auto-entrepreneur : les informations clés

Le Centre de Formalités des Entreprises (CFE) a été remplacé par le Guichet unique (INPI), qui centralise désormais toutes les démarches de création d’entreprise. En revanche, selon la nature de votre activité, l’organisme compétent pour le traitement de votre dossier sera soit l’Urssaf (activités libérales), soit le Greffe du Tribunal de Commerce.

Le code APE est généralement : 59.20Z - Enregistrement sonore et édition

Le plafond de chiffre d'affaires à ne pas dépasser est de : 83 600 €

Rémunération mensuelleà partir de 150 € la prestation

Le montant des cotisations sociales à payer est de : 21,2 % de votre CA. Attention tout de même, si vos clients vous fournissent le matériel nécessaire à votre activité, vous êtes alors considéré comme artiste exerçant une activité libérale. Les cotisations sont alors d’environ 25,6 %.

DJ : un métier entre animation et édition musicale

Beaucoup considèrent le DJ comme un musicien à part entière, représenté par des noms d'envergure mondiale comme David Guetta, Martin Solveig ou les Daft Punk. Ces artistes emblématiques créent leur propre musique, se positionnant sur certains segments musicaux : la House music, l'Électro, la Trance, etc.

Ses platines sont le premier de ses instruments et lui servent à modifier les morceaux qu'il a sélectionnés ou à les enchaîner. Ainsi, les professionnels créent un nouveau titre selon des méthodes spécifiques (comme le medley par exemple, qui consiste à diffuser plusieurs chansons d'affilée, sans coupure).

Toutefois, un DJ peut aussi se contenter de diffuser des musiques le temps d'une soirée. Le professionnel s'éloigne alors de l'édition musicale pour se concentrer sur l'animation.

Entre ces deux situations, beaucoup d’indépendants alternent ou combinent ces deux formes d’activité, selon leur organisation professionnelle.

Ainsi, s'il fallait le résumer, le métier de DJ peut consister à :

  • Développer et préparer une programmation adaptée à différents types de publics (boîte de nuit, événements privés, etc.)
  • Maîtriser les techniques du mix : filtres, delay, scratch, fondu enchaîné…
  • Utiliser ces techniques pour créer des morceaux originaux
  • Maîtriser les logiciels de musique assistée par ordinateur (MAO)
  • En tant qu'animateur, le DJ est amené à intervenir au micro

Le DJ est-il considéré comme artiste ou commerçant ?

Nous venons de le voir, le DJ peut proposer une large palette de prestations. Attention à bien les définir lors de la création de votre micro-entreprise car celles-ci auront un impact sur la nature de votre activité.

Ainsi deux cas de figure peuvent se présenter lorsqu'un DJ assure une prestation :

Le client fournit au DJ le matériel dont il aura besoin

Le travailleur a en pratique, que son savoir-faire à apporter. Attention toutefois : selon les conditions d’exercice, une prestation de DJ peut relever du régime des artistes-interprètes, avec une présomption de salariat (contrat de travail et bulletin de paie), et non d’une facturation en micro-entreprise.

Lorsque l’activité peut être exercée en micro-entreprise (prestations relevant des BNC), le DJ dépend alors de l’Urssaf et s’acquitte des cotisations sociales au taux de 25,6 % du chiffre d’affaires (à compter du 1er janvier 2026).

Le DJ assure la prestation avec son propre matériel

C'est le cas le plus fréquent, mais il dépend alors non pas des professions libérales, mais des professions commerciales. Il s’inscrira alors via le Guichet unique (INPI) et relèvera du Greffe du Tribunal de Commerce, avec des cotisations sociales fixées à 21,2 % du chiffre d’affaires.

 

Bon à savoir

Vous créez vos propres morceaux et souhaitez vendre vos compositions en ligne (plateformes de streaming, téléchargement, Bandcamp…) ? Dans ce cas, votre activité sera considérée comme commerciale et vous relèverez de la CCI (avec une inscription réalisée via le Guichet unique). Vous ne serez toutefois pas payé sous forme de droits d’auteur, sauf si vous relevez du régime artiste-auteur (démarches et cotisations spécifiques). En revanche, vos prestations face à un public, même si vous jouez des morceaux de votre composition, relèveront toujours d’une prestation de service (micro-entreprise), selon les conditions dans lesquelles vous exercez (notamment le matériel utilisé).

Quelles sont les formations pour devenir DJ ?

Présentes partout en France, des écoles permettent de devenir disc jockey dès la 3e (et donc sans avoir obtenu d'autres diplômes auparavant).

Citons ainsi l'EANOV School. Cette filière reçoit effectivement des candidats dès le collège et peut les emmener jusqu'au bac +3.

Ailleurs partout en France, on trouvera par exemple :

  • Le DJ Network, comprenant cinq campus à Paris, Nantes et dans le sud-est (Lyon, Montpellier, Cannes).
  • L'UCPA, basée à Lyon, qui est la plus grande école de DJ française. Elle propose des formations dans toutes les compétences demandées à un disc jockey : mixage, mais aussi lumières, MAO, animation...
  • Les centres de formation professionnelle de la musique (CFPM) : ils sont répartis partout en France. Premier établissement supérieur privé en la matière, on peut les trouver à Lille, Strasbourg, Rouen, Nice, Dijon...

Au-delà des cursus sur plusieurs années, ces écoles proposent également des formations courtes, parfois accessibles en quelques jours ou quelques semaines. Il n’existe pas de qualification obligatoire pour exercer l’activité de DJ en micro-entreprise : aucune formation n’est légalement exigée. En pratique, la réussite repose surtout sur la rigueur, le sens du rythme, la culture musicale et l’entraînement régulier. Il faut aussi accepter une certaine disponibilité (soirées, week-ends, périodes de forte demande) et faire preuve d’adaptabilité, car les attentes des clients et les tendances musicales peuvent évoluer très vite.

Les droits à la formation

Rémunération : combien un DJ micro-entrepreneur est-il payé ?

Les DJ les plus connus sont évidemment les mieux rémunérés. À titre indicatif, David Guetta figurait dans le classement Forbes des DJ les mieux payés en 2019, avec des revenus estimés à 18 millions de dollars sur l’année.

Mais l'énorme majorité des DJ est loin de cette réalité, d'autant plus que la concurrence est de plus en plus forte.

Les auto-entrepreneurs peuvent en moyenne toucher entre 500 et 1000 € pour assurer l'ambiance d'un mariage. Lorsqu'un DJ est résident d'un club (c'est-à-dire qu'il y intervient de manière régulière), les soirées sont facturées entre 200 et 400 €. Il est d'ailleurs intéressant d'être DJ résident, car dans le cas d'une prestation ponctuelle, le salaire est un peu moins important (la prestation démarre autour de 150 €).

Un DJ doit-il faire une déclaration auprès de la SACEM ?

Une question récurrente chez les DJ souhaitant se lancer en auto-entrepreneur est leur rapport à la SACEM. Pour rappel, la Société des Auteurs, Compositeurs et Éditeurs de Musique est une société à but non lucratif se chargeant de collecter pour ensuite répartir les droits dus aux auteurs musicaux.

Ainsi, dès l'instant où vous diffusez de la musique soumise à des droits d'auteur dans un cadre autre que familial, vous devez en informer l'organisateur de l'événement car c'est lui qui devra faire une déclaration auprès de la SACEM et donc régler les droits d'auteur. Cette déclaration est obligatoire, que vous travailliez dans le cadre d'un concert, dans un club privé, sur une radio ou sur le web.

À l’inverse, un DJ peut devenir membre de la SACEM dès lors qu’il compose ses propres titres et qu’il souhaite les protéger par des droits d’auteur. Il faut d’ailleurs préciser que la SACEM a créé le statut de DJ remixeur : si vous remixez des œuvres en direct, vous pouvez toucher des droits sur les arrangements que vous avez apportés. Mais attention, dans ce cas, la rémunération sous forme de droits d’auteur relève du régime des artistes-auteurs (Urssaf / Sécurité sociale des artistes-auteurs) et ne se facture pas en micro-entreprise.

Attention, si vous composez et revendiquez des droits d’auteur, vous sortez du régime micro-entrepreneur classique et relevez du régime spécifique des artistes-auteurs, géré par l’Agessa ou la Maison des Artistes. Dans ce cas, votre statut et vos obligations sociales diffèrent, et vous ne pouvez plus facturer vos prestations en micro-entreprise.

Exemple concret : 3 situations, 3 règles différentes

Imaginons Clara, DJ auto-entrepreneur, qui intervient dans différents contextes :

  1. Clara anime un mariage dans une salle de réception et diffuse des musiques connues (hits, playlists, etc.).

    Dans ce cas, Clara ne fait pas la déclaration SACEM : c’est l’organisateur de l’événement (souvent la salle, le couple, ou le wedding planner selon le contrat) qui doit déclarer et régler les droits.

  2. Clara compose ses propres morceaux et veut être rémunérée grâce à des droits d’auteur (diffusion, streaming, etc.).

    Là, on n’est plus sur une prestation “classique” facturée en micro-entreprise : ces revenus relèvent du régime artiste-auteur (déclarations spécifiques), et ne se facturent pas comme une prestation de DJ.

  3. Clara organise elle-même une soirée payante (elle loue la salle, vend des billets, communique sur l’événement, programme les artistes).

    Elle devient organisatrice, pas seulement intervenante : elle peut donc relever du cadre entrepreneur de spectacles vivants. Si elle dépasse 7 représentations par an, elle devra faire la déclaration d’activité et obtenir un récépissé valant licence (catégorie 2 selon son rôle).

    Retenez ceci : jouer (prestation), composer (droits d’auteur) et organiser (événement) n’impliquent pas les mêmes obligations.

Le saviez-vous ? Vous souhaitez mettre en place une soirée ou un événement musical ? Vous ne serez plus alors seulement intervenant mais organisateur. Dans ce cas, vous devrez effectuer une déclaration d’activité d’entrepreneur de spectacles vivants : elle donne lieu à un récépissé valant licence, correspondant notamment à la catégorie 2 selon votre rôle. À noter toutefois que cette formalité n’est obligatoire que si vous effectuez plus de 7 représentations par an.

Comment se lancer en tant que DJ auto-entrepreneur ?

L'achat de matériel

Que le matériel vous soit fourni ou non lors de vos prestations, vous devrez avant toute chose vous entraîner. L'achat de matériel professionnel (platines, table de mixage, casque, éventuellement un logiciel de MAO…) est donc incontournable pour créer un studio chez vous.

Il existe sur le marché une large gamme de produits dont les prix peuvent grandement varier en fonction de leur qualité ou de leur performance. Pour faire les bons choix, pensez à contacter d'autres DJ qui pourraient être de bon conseil. Ce matériel étant souvent coûteux, il peut également être intéressant de le faire assurer en cas de casse ou dysfonctionnement. également si vous transportez votre matériel (sonorisation, lumières…), prévoyez aussi le coût du véhicule, du stockage, et du temps de montage/démontage dans vos tarifs.

Bon à savoir

Besoin de vous équiper d'un casque performant ou d'un ordinateur puissant pour assurer vos soirées ? Avec notre partenaire Dell, profitez de nombreuses réductions sur une gamme de produits de qualité. Ordinateurs portables ou de bureau, casque AlienWare ou écrans 8K : vous trouverez votre bonheur !

Pour cela, rien de plus simple ! Il vous suffit de renseigner votre email et le code promotionnel : PORTAILAE20 pour avoir accès à tous les coupons disponibles !

JE PROFITE DES RÉDUCTIONS DELL

N'oubliez pas enfin que si vous intervenez dans des soirées où les platines et autres accessoires ne sont pas fournis, vous devrez transporter les vôtres et donc posséder un véhicule.

Démarchez vos premiers clients

Pour lancer votre activité de DJ auto-entrepreneur, il vous faudra tout d'abord multiplier les contacts et faire parler de vous. Ainsi, vous pouvez :

  • Déposer des flyers, cartes de visite et affiches dans les commerces de votre secteur géographique
  • Contacter les radios locales et leur présenter votre activité
  • Lister les festivals et concerts où vous pourriez assurer les intermèdes entre deux groupes
  • Démarcher les professionnels : discothèques, agences évènementielles, bars, organisateurs de mariages, etc.

Certains DJ font également appel à un agent qui se charge de trouver les lieux de prestations. Dans ce cas, vous devrez lui reverser une commission ou une somme forfaitaire.

Développez votre présence sur internet

Avant de faire appel à vos services, un client aura besoin de découvrir votre univers et vos aptitudes à animer une soirée. Vous avez donc tout intérêt à vous créer une vitrine virtuelle sur internet.

Pensez aux réseaux sociaux et notamment à Facebook et Twitter. Vous pourrez y partager vos playlists et éventuellement vos dernières compositions que vous aurez pu enregistrer sur YouTube. Ils seront également l'occasion de créer une communauté autour de votre activité et d'interagir avec vos abonnés. À vous de les fidéliser et pourquoi pas les surprendre pour leur donner envie de venir vous écouter lors d'un live.

Tout le monde n'étant pas sur les réseaux sociaux, créer son propre site internet peut être aussi un choix judicieux. Vous pourrez notamment y préciser votre secteur d'intervention, vos tarifs, vos influences musicales et le détail de vos prestations. Pensez à l'alimenter régulièrement pour le tenir à jour et mentionnez-le sur vos supports de communication.

En tant que DJ auto-entrepreneur, il est essentiel de bien comprendre le cadre réglementaire qui régit cette activité. Le statut d'auto-entrepreneur permet de bénéficier d'un régime simplifié, notamment en ce qui concerne la gestion administrative et les obligations fiscales.

Cependant, il faut veiller à respecter le plafond de chiffre d’affaires applicable au régime micro-entrepreneur (83 600 € pour les prestations de services), car il conditionne le maintien de ce régime et ses avantages, notamment en matière de simplicité de gestion et de calcul des cotisations sociales.

À la différence des salariés protégés par le Code du travail, les DJ en auto-entreprise bénéficient d’une plus grande flexibilité et d’une autonomie accrue dans la gestion de leur activité. Il est donc essentiel de bien s’organiser et d’anticiper certaines spécificités, comme l’absence de congés payés, de couverture automatique en cas d’arrêt d’activité et le fait que la protection sociale dépend directement du chiffre d’affaires déclaré, afin d’exercer leur passion en toute sérénité.

À propos de l'auteur
Photo de Clémentine Wilday
Clémentine Wilday

33 articles publiés

Clémentine a développé une véritable passion pour l’entreprenariat lors de son parcours académique à emlyon Business School. Son engagement professionnel, centré sur l’écriture, lui permet d’aider pleinement les micro-entrepreneurs via la création de contenu varié et accessible.

À propos de l'expert
Photo de Jeanne Escure
Jeanne Escure

146 articles publiés

Jeanne accompagne les auto-entrepreneurs depuis 2020. En pilotant une équipe de conseillers spécialisés dans les démarches de post-immatriculation puis une équipe dédiée aux démarches de modification et de cessation d'entreprise elle a développé une expertise certaine sur le sujet.

L'article "DJ auto-entrepreneur" est noté 4,8 / 5 sur 246 avis de lecteurs.