Comment passer d'une micro-entreprise à une SASU ?

6 min
Mis à jour le 16/01/2026
Idéale pour se lancer dans un projet entrepreneurial, la micro-entreprise permet de se familiariser avec l'indépendance sans être trop encombré de paperasse. Mais la contrepartie reste un chiffre d'affaires annuel limité pour bénéficier de ce statut. Vous envisagez de basculer de l'auto-entreprise (entreprise individuelle) vers une SASU ? Vous êtes au bon endroit ! Dans ce guide, nous vous détaillons les caractéristiques d'une entrée en société, les étapes à suivre, les avantages et les caractéristiques à prendre en compte. Bonne lecture !

L'essentiel à connaître

  • La micro-entreprise est un régime simplifié de l'entreprise individuelle (EI) : un auto-entrepreneur exerce en son nom propre.
  • La SASU est par définition une société, c'est une personne morale dont la gestion est différente d'une entreprise.
  • La micro-entreprise est adaptée au démarrage, mais elle est encadrée par des plafonds de chiffre d’affaires (nous les détaillons plus loin dans l'article!).
  • La SASU est une société (SAS à associé unique) : création de statuts, immatriculation, comptabilité complète et obligations annuelles.
  • Le passage d'une micro-entreprise vers une SASU n'est pas automatique. Vous devez arrêter votre auto-entreprise pour ouvrir une SASU.

Être en micro-entreprise, pour quels usages ?

Une micro-entreprise est un régime simplifié de l'entreprise individuelle.

La micro-entreprise (souvent appelée “auto-entreprise”) est avant tout un régime simplifié (régime micro-social) pensé pour démarrer vite, tester une idée et développer une activité sans lourde gestion administrative. Elle convient particulièrement aux indépendants qui veulent se lancer de manière progressive, avec des obligations comptables allégées et une visibilité immédiate sur leurs cotisations.

Un statut idéal pour démarrer et tester son activité

La micro-entreprise est souvent le bon choix lorsque vous souhaitez vous lancer rapidement en tant que solopreneur et valider votre projet avant de “structurer” davantage votre entreprise. Elle est notamment adaptée si vous :

  • démarrez une activité en parallèle d’un emploi, d’études ou d’un autre projet ;
  • souhaitez tester un marché (demande, prix, offres) avec un risque financier limité ;
  • exercez une activité avec peu de frais (prestations intellectuelles, services, activité libérale, etc.) ;
  • recherchez un cadre simple pour facturer et encaisser, sans mettre en place une comptabilité complexe.

Dans ce cadre, être auto-entrepreneur permet de se concentrer sur l’essentiel : trouver des clients, générer du chiffre d’affaires et prendre ses marques en tant que travailleur indépendant.

DEVENIR AUTO-ENTREPRENEUR

Pour qui la micro-entreprise est la plus adaptée ?

Dans la plupart des cas, la micro-entreprise est particulièrement pertinente si :

  • votre chiffre d’affaires reste modéré et relativement stable ;
  • vos charges professionnelles sont faibles (peu d’achats, peu de matériel coûteux, pas de stock important) ;
  • vous vendez majoritairement à des particuliers (B2C), ce qui rend la franchise en base de TVA parfois plus simple à gérer ;
  • vous n’avez pas, à court terme, besoin d’associer d’autres personnes ou de lever des fonds.

C’est donc un régime très apprécié des freelances, consultants, formateurs, créateurs, artisans “légers” en investissements, ou encore de ceux qui démarrent une activité complémentaire.

 

Bon à savoir

La comptabilité d'un auto-entrepreneur est allégée. C'est ce que l'on appelle le régime micro-fiscal.

Auto-Entrepreneur : 7 avantages et 5 inconvénients

Les limites à connaître avant de vouloir évoluer

Si la micro-entreprise est simple et rassurante, elle présente aussi des limites qui peuvent devenir bloquantes dès que l’activité grandit.

D’abord, elle est soumise à des plafonds de chiffre d’affaires : dès que votre activité se développe fortement, le régime peut devenir moins adapté, voire impossible à conserver dans la durée.

Les plafonds de chiffre d'affaires varient selon l'activité exercée :

  • 188 700 € pour la vente/hébergement,
  • 77 700 € pour les prestations de services et les activités libérales
  • 15 000 € pour la location de meublés de tourisme non classés.

Ensuite, contrairement à une société, la micro-entreprise ne permet pas de déduire ses charges réelles. Vos cotisations sociales et votre fiscalité sont calculées sur le chiffre d’affaires encaissé, même si vous avez des frais importants (matériel, logiciels, déplacements, sous-traitance, local, etc.). Concrètement, plus votre activité implique des dépenses, plus le régime micro peut perdre de son intérêt économique.

Enfin, la micro-entreprise peut montrer ses limites dès que vous souhaitez :

  • investir (achats importants, véhicule, machines, stock) ;
  • développer votre crédibilité auprès de grands comptes ou répondre à certains appels d’offres ;
  • préparer une association ou faire entrer des investisseurs ;
  • structurer une stratégie de rémunération plus fine, en distinguant par exemple rémunération et bénéfices.

Enfin, les activités qu’il est possible d’exercer en micro-entreprises sont elles aussi limitées, alors que la SASU est ouverte à la plupart des activités (selon BPI France toutes les activités excepté le débit de tabac).

Qu'est-ce que la SASU ?

La SASU (Société par actions simplifiée unipersonnelle) est une SAS avec un seul associé. Autrement dit, vous créez une société (une personne morale) distincte de vous : c’est elle qui facture, signe des contrats, possède un compte bancaire, peut embaucher, acheter du matériel, etc. Cette séparation “vous / société” est l’un des grands changements par rapport à la micro-entreprise.

Une société dirigée par un président (vous ou une autre personne)

La SASU est dirigée par un président. Dans la majorité des cas, l’associé unique (vous) est aussi président, mais ce n’est pas une obligation : vous pouvez nommer une autre personne. Dans une SASU, les décisions importantes ne se prennent pas en assemblée à plusieurs : elles sont prises par l’associé unique et généralement formalisées par écrit (approbation des comptes, affectation du résultat, modification des statuts…).

Les statuts : le “mode d’emploi” de la SASU

Les statuts sont le document central. Ils encadrent le fonctionnement de la société (règles de décision, pouvoirs du président, exercice comptable, etc.) et sont nécessaires pour la création de votre SASU. La SAS/SASU est connue pour une certaine souplesse statutaire, à condition de rester dans le cadre légal.

Dans la pratique, la rédaction des statuts doit comporter :

  • l’identité de la société (dénomination, siège, objet social, durée),
  • l’organisation (président, modalités de décisions de l’associé unique),
  • le capital social (montant, apports).

Le capital social : pas de minimum élevé, mais un vrai sujet “pratique”

Le capital social correspond aux apports que vous mettez dans la société à la création (argent et/ou biens). Il est déposé (banque/notaire selon les cas) pour obtenir l’attestation nécessaire au dossier d’immatriculation. Il est possible de créer une SASU avec un capital faible, mais le “bon” montant dépend surtout de votre activité : besoins de trésorerie au démarrage, achats à financer, crédibilité vis-à-vis de partenaires, etc.

 

Information importante

Le capital social minimum pour une SASU est d'un euro symbolique, mais un montant plus conséquent est souvent choisi pour rassurer les partenaires et les banques.

Responsabilité : “limitée”… avec des exceptions à connaître

Un intérêt classique de la société est la limitation de la responsabilité aux apports. En pratique, il faut garder en tête que certaines situations peuvent engager votre patrimoine personnel (exemple fréquent : une caution demandée par une banque, ou des situations de faute de gestion).

Le régime social du président : assimilé salarié (sans assurance chômage)

C’est l’un des points les plus importants en 2026. Le président de SASU est considéré comme assimilé salarié par la sécurité sociale : il relève du régime général et ses cotisations (quand il est rémunéré) sont proches de celles d’un salarié cadre, sauf pour l’assurance chômage.

Concrètement :

  • si le président se verse une rémunération, la société paie des cotisations sociales sur ce salaire ;
  • si le président ne se verse pas de rémunération, il n’y a en principe pas de cotisations liées à ce mandat (mais la protection sociale dépend alors d’une autre couverture éventuelle).

Le statut social en SASU est donc plus complet qu'en auto-entreprise. Cependant, il entraine des charges sociales plus élevées.

Régime fiscal : IS par défaut, option IR possible mais encadrée

Par défaut, une SASU est à l’impôt sur les sociétés (IS). Cela signifie que la société est imposée sur ses bénéfices, puis vous êtes imposé personnellement sur ce que vous percevez (rémunération et/ou dividendes).

Il existe une option temporaire pour l’impôt sur le revenu (IR), possible sous conditions (notamment : société créée depuis moins de 5 ans au moment de la demande, moins de 50 salariés, CA ou total de bilan inférieur à 10 M€, activité éligible, etc.). Cette option est limitée dans le temps.

Pourquoi passer de micro-entreprise à SASU ?

On bascule rarement “par principe”. En pratique, la SASU devient intéressante quand vous avez un objectif clair, par exemple :

  • Vous approchez les plafonds de la micro-entreprise ou vous anticipez un dépassement.
  • Vos charges augmentent (sous-traitance, déplacements, matériel, logiciel, local…) et vous voulez pouvoir les déduire.
  • Vous voulez investir (matériel coûteux, stock, véhicule, équipement), voire embaucher.
  • Vous travaillez en B2B et souhaitez une image plus “entreprise” (grands comptes, appels d’offres).
  • Vous envisagez d’accueillir un associé prochainement (évolution vers SAS facilitée).
  • Vous voulez structurer votre rémunération (salaire, éventuellement dividendes) en cohérence avec vos objectifs.

Dans tous les cas, transformer une micro-entreprise en SASU doit être le résultat d'un choix réfléchi !

Micro-entreprise et SASU : les avantages et les inconvénients

Passer de micro-entreprise à SASU :

AvantagesInconvénients
Déduction des charges réelles (et amortissements possibles selon les dépenses).Gestion plus lourde : comptabilité complète, comptes annuels, obligations juridiques.
Crédibilité et image société (souvent appréciée en B2B).Coûts récurrents plus élevés (compta, banque, outils, formalités).
Évolutivité : passer de SASU à SAS (ajout d’associés) est généralement plus fluide que certains autres schémas.Régime social du président : assimilé salarié, sans assurance chômage.
Le président de la SASU bénéficie d’une bonne couverture sociale mais son coût est relativement élevé. 
Cadre clair : statuts, décisions, organisation, séparation entre société et dirigeant (avec des limites).Temps administratif plus important si vous n’êtes pas bien outillé ou accompagné.

Le changement de statut, étape par étape

Passer de micro-entreprise à SASU se fait généralement en deux temps : création de la SASU, puis bascule de l’activité (et cessation de la micro-entreprise si vous ne la conservez pas).

1) Choisir votre stratégie de bascule

Avant toute démarche, posez noir sur blanc :

  • Date de bascule souhaitée (ex : début de mois / début de trimestre).
  • Comment vous gérez les devis signés, contrats en cours, abonnements, assurances.
  • Votre situation vis à vis de la TVA (si vous êtes en franchise ou bien redevable) : en 2026, les seuils de franchise en base applicables depuis le 1er janvier 2025 sont notamment 85 000 € / 93 500 € (base/majoré) pour les activités de ventes et 37 500 € / 41 250 € (base/majoré) pour les prestations de services.

Comprendre la TVA en SASU

2) Créer la SASU (démarches de constitution de la SASU)

Les formalités se font via le guichet unique de l’INPI.

Les étapes classiques :

  1. Rédiger les statuts (dénomination, siège, objet, capital, président, exercice…).
  2. Déposer le capital (banque / notaire) et obtenir l’attestation.
  3. Publier l’annonce légale de constitution (tarif forfaitaire 2026 pour une SASU : 142 € HT en métropole, 167 € HT à La Réunion/Mayotte).
  4. Déposer le dossier d’immatriculation sur le guichet unique.

Coûts administratifs à anticiper (hors accompagnement) :

  • Immatriculation au RCS : 35,59 € (société commerciale).
  • Déclaration des bénéficiaires effectifs : 20,34 €.

3) Organiser la bascule opérationnelle (le point souvent oublié)

Dès que la SASU est immatriculée :

  • Mettre à jour devis, factures, CGV, site web, signature email : SIREN/SIRET, adresse du siège, mention du capital social, régime de TVA si applicable.
  • Informer vos clients/fournisseurs : nouveau RIB/compte bancaire, nouvelles références.
  • Vérifier si certains contrats doivent être signés à nouveau : bail, assurance, licences logicielles, marketplace, plateformes…

4) Fermer (ou arrêter) la micro-entreprise

Si vous cessez la micro-entreprise, la déclaration de cessation d'activité se fait sur le guichet unique dans les 45 jours suivant la date d’arrêt.

Ensuite, vous avez des démarches fiscales/sociales à respecter (délais et obligations selon situation, notamment si TVA).

Notre conseil : fixez une date de bascule unique et tenez-vous-y (facturer en auto-entreprise après bascule est une erreur fréquente).

Quelles sont les conséquences d'un changement de statut ?

Fiscalité : vous changez de logique

  • En micro-entreprise, vous raisonnez surtout en chiffre d’affaires.
  • En SASU, la société est par défaut à l’IS : elle paie l’impôt sur son bénéfice, et vous êtes imposé personnellement sur ce que vous percevez (rémunération et/ou dividendes).
  • L’option IR (impôt sur le revenu) est possible sous conditions et pour une durée limitée (notamment 5 ans dans certains cas).

Régime social : le président est assimilé salarié

  • Vous dépendez du régime général si vous êtes rémunéré.
  • Les cotisations sont proches d’un salarié cadre, sans assurance chômage.

TVA : votre gestion peut changer

Même si ce n’est pas automatique, la société peut vous amener à :

  • facturer la TVA (ou non, selon régime),

  • récupérer la TVA sur certaines dépenses si vous êtes redevable.

    Les seuils de franchise ont été ajustés depuis 2025 : vérifiez votre activité et vos seuils applicables avant de basculer, car cela peut impacter vos prix TTC/HT.

Gestion comptable : obligations comptables et juridiques

En SASU, vous devez prévoir :

  • une comptabilité complète,
  • des comptes annuels et obligations associées (approbation, dépôt…),
  • une organisation comptable plus demandante au quotidien.

Quel est le coût pour passer d'auto-entrepreneur à SASU ?

Il y a deux catégories : coûts de création (ponctuels) et coûts de fonctionnement (récurrents).

Coûts ponctuels (création)

  • Annonce légale de constitution : 142 € HT (SASU, tarif forfaitaire 2026 en métropole).
  • Immatriculation RCS : 35,59 €.
  • Déclaration bénéficiaires effectifs : 20,34 €.
  • Éventuels frais de dépôt de capital (selon banque) + accompagnement (avocat/expert-comptable) si vous déléguez.

Coûts récurrents (à anticiper)

  • Comptabilité (souvent via expert-comptable ou solution structurée).
  • Compte bancaire, outils de facturation et gestion, assurances.
  • Si vous vous rémunérez en salaire : gestion de paie (selon organisation).

Transformer une auto-entreprise en SASU : les questions fréquentes (FAQ)

Faut-il clôturer la micro-entreprise avant de créer la SASU ?

Pas forcément. De nombreux entrepreneurs créent d’abord une SASU, puis procèdent à la cessation de leur micro-entreprise une fois la société opérationnelle (banque, facturation, clients informés).

Garder une micro-entreprise active permet d’avoir une meilleure transition. En effet, les formalités de cessation de la micro-entreprise et de création de la SASU peuvent prendre du temps. Par conséquent, cesser sa micro-entreprise avant de créer la SASU peut créer une période d’inactivité.

En revanche, il est conseillé de fermer rapidement la micro-entreprise car on ne doit pas créer de concurrence entre les deux entreprises, ce qui est le cas si on conserve la même activité dans les deux structures (risque de concurrence déloyale, abus de droit…).

 

Information importante

Dans tous les cas, transformer sa micro-entreprise en SASU implique de fermer sa micro-entreprise.

À partir de quel chiffre d’affaires la SASU devient intéressante ?

Il n’y a pas de seuil unique : cela dépend surtout de vos charges réelles, de votre niveau de rémunération et de vos objectifs (investissement, embauche, B2B). En revanche, si vous approchez des seuils de chiffre d'affaires (77 700 € / 188 700 €), la question se pose presque mécaniquement.

Président de SASU : ai-je droit au chômage ?

Non, le président de SASU ne cotise pas à l’assurance chômage au titre de son mandat social (il peut exister des solutions assurantielles privées).

SASU : quelle est l'imposition ?

Par défaut, la SASU est redevable de l'impôt sur les sociétés (IS). L’option pour l'impôt sur le revenir (IR) existe mais est temporaire et soumise à conditions : elle doit être analysée au cas par cas.

Est-il possible de transférer un fond de commerce de la micro-entreprise à la SASU?

En cas de cession du fonds de commerce, vous devrez publier une annonce légale dédiée (en plus des formalités de création/modification). Cette annonce est généralement tarifée au caractère (espaces compris) et son prix varie selon le département. En 2026, le tarif ministériel au caractère s’échelonne de 0,185 € à 0,239 € HT selon la zone tarifaire.

Le transfert du fonds de commerce à la SASU peut également se faire par voie d'apport.

Vous savez désormais comment passer d'auto-entrepreneur à gérant de SASU !

À propos de l'auteur
Photo de Léonie Barbosa Costa
Léonie Barbosa Costa

107 articles publiés

Titulaire d’un double diplôme en conception-rédaction, Léonie souhaite accorder une place majeure à l’écriture dans sa vie professionnelle. Elle rejoint l’équipe en charge du blog et de l’académie, pour faciliter l’accessibilité des contenus du Portail Auto-Entrepreneur.

À propos de l'expert
Photo de Jeanne Escure
Jeanne Escure

137 articles publiés

Jeanne accompagne les auto-entrepreneurs depuis 2020. En pilotant une équipe de conseillers spécialisés dans les démarches de post-immatriculation puis une équipe dédiée aux démarches de modification et de cessation d'entreprise elle a développé une expertise certaine sur le sujet.

L'article "Comment passer d'une micro-entreprise à une SASU ?" est noté 5,0 / 5 sur 6 avis de lecteurs.