Bon à savoir
La comptabilité d'un auto-entrepreneur est allégée. C'est ce que l'on appelle le régime micro-fiscal.
Une micro-entreprise est un régime simplifié de l'entreprise individuelle.
La micro-entreprise (souvent appelée “auto-entreprise”) est avant tout un régime simplifié (régime micro-social) pensé pour démarrer vite, tester une idée et développer une activité sans lourde gestion administrative. Elle convient particulièrement aux indépendants qui veulent se lancer de manière progressive, avec des obligations comptables allégées et une visibilité immédiate sur leurs cotisations.
La micro-entreprise est souvent le bon choix lorsque vous souhaitez vous lancer rapidement en tant que solopreneur et valider votre projet avant de “structurer” davantage votre entreprise. Elle est notamment adaptée si vous :
Dans ce cadre, être auto-entrepreneur permet de se concentrer sur l’essentiel : trouver des clients, générer du chiffre d’affaires et prendre ses marques en tant que travailleur indépendant.
Dans la plupart des cas, la micro-entreprise est particulièrement pertinente si :
C’est donc un régime très apprécié des freelances, consultants, formateurs, créateurs, artisans “légers” en investissements, ou encore de ceux qui démarrent une activité complémentaire.
Bon à savoir
La comptabilité d'un auto-entrepreneur est allégée. C'est ce que l'on appelle le régime micro-fiscal.
Auto-Entrepreneur : 7 avantages et 5 inconvénients
Si la micro-entreprise est simple et rassurante, elle présente aussi des limites qui peuvent devenir bloquantes dès que l’activité grandit.
D’abord, elle est soumise à des plafonds de chiffre d’affaires : dès que votre activité se développe fortement, le régime peut devenir moins adapté, voire impossible à conserver dans la durée.
Les plafonds de chiffre d'affaires varient selon l'activité exercée :
Ensuite, contrairement à une société, la micro-entreprise ne permet pas de déduire ses charges réelles. Vos cotisations sociales et votre fiscalité sont calculées sur le chiffre d’affaires encaissé, même si vous avez des frais importants (matériel, logiciels, déplacements, sous-traitance, local, etc.). Concrètement, plus votre activité implique des dépenses, plus le régime micro peut perdre de son intérêt économique.
Enfin, la micro-entreprise peut montrer ses limites dès que vous souhaitez :
Enfin, les activités qu’il est possible d’exercer en micro-entreprises sont elles aussi limitées, alors que la SASU est ouverte à la plupart des activités (selon BPI France toutes les activités excepté le débit de tabac).
La SASU (Société par actions simplifiée unipersonnelle) est une SAS avec un seul associé. Autrement dit, vous créez une société (une personne morale) distincte de vous : c’est elle qui facture, signe des contrats, possède un compte bancaire, peut embaucher, acheter du matériel, etc. Cette séparation “vous / société” est l’un des grands changements par rapport à la micro-entreprise.
La SASU est dirigée par un président. Dans la majorité des cas, l’associé unique (vous) est aussi président, mais ce n’est pas une obligation : vous pouvez nommer une autre personne. Dans une SASU, les décisions importantes ne se prennent pas en assemblée à plusieurs : elles sont prises par l’associé unique et généralement formalisées par écrit (approbation des comptes, affectation du résultat, modification des statuts…).
Les statuts sont le document central. Ils encadrent le fonctionnement de la société (règles de décision, pouvoirs du président, exercice comptable, etc.) et sont nécessaires pour la création de votre SASU. La SAS/SASU est connue pour une certaine souplesse statutaire, à condition de rester dans le cadre légal.
Dans la pratique, la rédaction des statuts doit comporter :
Le capital social correspond aux apports que vous mettez dans la société à la création (argent et/ou biens). Il est déposé (banque/notaire selon les cas) pour obtenir l’attestation nécessaire au dossier d’immatriculation. Il est possible de créer une SASU avec un capital faible, mais le “bon” montant dépend surtout de votre activité : besoins de trésorerie au démarrage, achats à financer, crédibilité vis-à-vis de partenaires, etc.
Information importante
Le capital social minimum pour une SASU est d'un euro symbolique, mais un montant plus conséquent est souvent choisi pour rassurer les partenaires et les banques.
Un intérêt classique de la société est la limitation de la responsabilité aux apports. En pratique, il faut garder en tête que certaines situations peuvent engager votre patrimoine personnel (exemple fréquent : une caution demandée par une banque, ou des situations de faute de gestion).
C’est l’un des points les plus importants en 2026. Le président de SASU est considéré comme assimilé salarié par la sécurité sociale : il relève du régime général et ses cotisations (quand il est rémunéré) sont proches de celles d’un salarié cadre, sauf pour l’assurance chômage.
Concrètement :
Le statut social en SASU est donc plus complet qu'en auto-entreprise. Cependant, il entraine des charges sociales plus élevées.
Par défaut, une SASU est à l’impôt sur les sociétés (IS). Cela signifie que la société est imposée sur ses bénéfices, puis vous êtes imposé personnellement sur ce que vous percevez (rémunération et/ou dividendes).
Il existe une option temporaire pour l’impôt sur le revenu (IR), possible sous conditions (notamment : société créée depuis moins de 5 ans au moment de la demande, moins de 50 salariés, CA ou total de bilan inférieur à 10 M€, activité éligible, etc.). Cette option est limitée dans le temps.
On bascule rarement “par principe”. En pratique, la SASU devient intéressante quand vous avez un objectif clair, par exemple :
Dans tous les cas, transformer une micro-entreprise en SASU doit être le résultat d'un choix réfléchi !
Passer de micro-entreprise à SASU :
| Avantages | Inconvénients |
| Déduction des charges réelles (et amortissements possibles selon les dépenses). | Gestion plus lourde : comptabilité complète, comptes annuels, obligations juridiques. |
| Crédibilité et image société (souvent appréciée en B2B). | Coûts récurrents plus élevés (compta, banque, outils, formalités). |
| Évolutivité : passer de SASU à SAS (ajout d’associés) est généralement plus fluide que certains autres schémas. | Régime social du président : assimilé salarié, sans assurance chômage. |
| Le président de la SASU bénéficie d’une bonne couverture sociale mais son coût est relativement élevé. | |
| Cadre clair : statuts, décisions, organisation, séparation entre société et dirigeant (avec des limites). | Temps administratif plus important si vous n’êtes pas bien outillé ou accompagné. |
Passer de micro-entreprise à SASU se fait généralement en deux temps : création de la SASU, puis bascule de l’activité (et cessation de la micro-entreprise si vous ne la conservez pas).
Avant toute démarche, posez noir sur blanc :
Les formalités se font via le guichet unique de l’INPI.
Les étapes classiques :
Coûts administratifs à anticiper (hors accompagnement) :
Dès que la SASU est immatriculée :
Si vous cessez la micro-entreprise, la déclaration de cessation d'activité se fait sur le guichet unique dans les 45 jours suivant la date d’arrêt.
Ensuite, vous avez des démarches fiscales/sociales à respecter (délais et obligations selon situation, notamment si TVA).
Notre conseil : fixez une date de bascule unique et tenez-vous-y (facturer en auto-entreprise après bascule est une erreur fréquente).
Même si ce n’est pas automatique, la société peut vous amener à :
facturer la TVA (ou non, selon régime),
récupérer la TVA sur certaines dépenses si vous êtes redevable.
Les seuils de franchise ont été ajustés depuis 2025 : vérifiez votre activité et vos seuils applicables avant de basculer, car cela peut impacter vos prix TTC/HT.
En SASU, vous devez prévoir :
Il y a deux catégories : coûts de création (ponctuels) et coûts de fonctionnement (récurrents).
Pas forcément. De nombreux entrepreneurs créent d’abord une SASU, puis procèdent à la cessation de leur micro-entreprise une fois la société opérationnelle (banque, facturation, clients informés).
Garder une micro-entreprise active permet d’avoir une meilleure transition. En effet, les formalités de cessation de la micro-entreprise et de création de la SASU peuvent prendre du temps. Par conséquent, cesser sa micro-entreprise avant de créer la SASU peut créer une période d’inactivité.
En revanche, il est conseillé de fermer rapidement la micro-entreprise car on ne doit pas créer de concurrence entre les deux entreprises, ce qui est le cas si on conserve la même activité dans les deux structures (risque de concurrence déloyale, abus de droit…).
Information importante
Dans tous les cas, transformer sa micro-entreprise en SASU implique de fermer sa micro-entreprise.
Il n’y a pas de seuil unique : cela dépend surtout de vos charges réelles, de votre niveau de rémunération et de vos objectifs (investissement, embauche, B2B). En revanche, si vous approchez des seuils de chiffre d'affaires (77 700 € / 188 700 €), la question se pose presque mécaniquement.
Non, le président de SASU ne cotise pas à l’assurance chômage au titre de son mandat social (il peut exister des solutions assurantielles privées).
Par défaut, la SASU est redevable de l'impôt sur les sociétés (IS). L’option pour l'impôt sur le revenir (IR) existe mais est temporaire et soumise à conditions : elle doit être analysée au cas par cas.
En cas de cession du fonds de commerce, vous devrez publier une annonce légale dédiée (en plus des formalités de création/modification). Cette annonce est généralement tarifée au caractère (espaces compris) et son prix varie selon le département. En 2026, le tarif ministériel au caractère s’échelonne de 0,185 € à 0,239 € HT selon la zone tarifaire.
Le transfert du fonds de commerce à la SASU peut également se faire par voie d'apport.
Vous savez désormais comment passer d'auto-entrepreneur à gérant de SASU !