Cumul chômage et auto-entreprise en 2026 : règles, calcul et ARCE

9 min
Mis à jour le 21/09/2026

Vous êtes à la fois micro-entrepreneur et inscrit à France Travail ? En tant que demandeur d’emploi, les règles de cumul avec les indemnités chômage peuvent varier selon la date de création de votre micro-entreprise. Voici un dossier complet pour tout comprendre sur vos droits !

L’essentiel à connaître

  • En 2026, les règles du cumul de l’ARE et de la micro-entreprise s’inscrivent dans le cadre de la réglementation d’assurance chômage applicable depuis le 1er avril 2025.
  • Le montant mensuel de l’ARE est réduit en fonction du chiffre d’affaires déclaré, après application d’un abattement forfaitaire selon l’activité.
  • L’actualisation mensuelle auprès de France Travail est obligatoire, même en cas de déclaration trimestrielle à l’Urssaf.
  • Les justificatifs de chiffre d’affaires doivent être transmis à France Travail pour permettre la régularisation des allocations.
  • Un délai de carence s’applique après la fin du contrat de travail (7 jours minimum, prolongé selon les indemnités perçues).
  • L’ARCE constitue une alternative à l’ARE, mais les deux aides ne sont pas cumulables.
  • L’activité d’auto-entrepreneur ne permet pas de cotiser à l’assurance chômage, mais il peut profiter de l’ATI sous conditions.

Qui peut bénéficier des allocations chômage ?

Le versement de l'Allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) n'est pas automatique. Pour en bénéficier, vous devez remplir plusieurs conditions d'éligibilité.

  • Être inscrit comme demandeur d’emploi

La première condition à remplir est l’inscription à France Travail comme demandeur d’emploi. Pour ouvrir vos droits au chômage, vous devez vous inscrire auprès de France Travail dans les 12 mois suivant la fin de votre contrat de travail, sauf exceptions (congé parental, maladie...).

Pour maintenir cette inscription, il est nécessaire d’être présent aux différentes convocations et d’actualiser sa situation tous les mois. En somme, vous devez être dans une demarche de recherche active d’emploi. En somme, vous devez être dans une démarche active de recherche d'emploi. La création ou reprise d’une entreprise (dont micro-entreprise) est également considérée comme un acte positif pour l'éligibilité à l'allocation chômage.

Vous devez également être considéré comme apte au travail ainsi que résider en France.

  • Pouvoir justifier de suffisamment de jours travaillés

Pour ouvrir vos droits à l'ARE, vous devez avoir déjà cotisé au chômage et avoir travaillé a minima 130 jours ou 910 heures (soit 6 mois) au cours des 24 derniers mois à la date de fin de votre contrat de travail. Cette période se nomme « durée d’affiliation ».

Pour les personnes de plus de 53 ans, l’indemnisation se déclenche également à partir de 910 heures travaillées, mais dans un délai de 36 mois.

  • Être involontairement privé d’un emploi

À part dans certains cas particuliers (déménagement du conjoint par exemple), démissionner de son précédent emploi ne permet pas de toucher le chômage.

Si votre démission n’est pas considérée comme légitime, vous pourrez demander le réexamen de votre situation après 121 jours de chômage, soit environ quatre mois après votre démission. France Travail examinera alors notamment vos démarches pour retrouver un emploi, vos éventuelles reprises d’activité et vos démarches de formation. Si votre demande est acceptée, l’ARE pourra être versée à partir du 122e jour de chômage.

La cessation de votre contrat de travail doit être justifiée par l’une des situations suivantes :

  • Licenciement pour motif personnel ou économique
  • Révocation
  • Rupture conventionnelle
  • Non renouvellement d’un contrat à durée déterminée (CDD)
  • Démission légitime, notamment un déménagement pour suivre un conjoint

L’ARE peut également, dans certains cas, être ouverte à celui qui souhaite entreprendre une reconversion professionnelle, même s’il est encore salarié. Il est éligible si son dossier de projet est considéré comme abouti et réalisable.

Pour en savoir plus : Démission pour une création d'entreprise

  • Ne pas avoir atteint l’âge de la retraite

Bien que vous puissiez devenir auto-entrepreneur en étant retraité, vous ne pouvez pas percevoir l’ARE si vous remplissez ces deux conditions :

  • Vous avez atteint l’âge légal de départ à la retraite (selon votre année de naissance) ;
  • Vous avez atteint le nombre de trimestres requis pour recevoir une retraite à taux plein.

Pour en savoir plus : Peut-on être auto-entrepreneur et retraité ? 

 

Bon à savoir

L'activité de micro-entrepreneur n'ouvre pas de droits à l'assurance chômage. En revanche, vous pouvez, sous certaines conditions, bénéficier de l'allocation des travailleurs indépendants (ATI). Vous n’augmenterez donc pas la durée ou le montant de vos droits grâce à votre activité. Sachez qu'il est cependant possible, sous conditions, de toucher l'allocation des travailleurs indépendants (ATI).

Peut-on cumuler chômage et auto-entreprise ?

Oui, il est possible de cumuler les allocations chômage (ARE) avec les revenus d'une auto-entreprise en 2026. Les modalités de ce cumul dépendent notamment de la date de création de votre micro-entreprise. Selon votre situation, vous pouvez bénéficier d'un cumul total ou d'un cumul partiel de vos allocations, sous réserve de remplir les conditions d'éligibilité.

La date de création de la micro-entreprise ne suffit pas, à elle seule, à déterminer les règles de cumul are et micro-entreprise. France Travail distingue l’activité conservée de l’activité créée ou reprise après la perte de l’emploi :

  • Si votre micro-entreprise constitue une activité conservée, vous pouvez cumuler intégralement l’ARE avec les revenus qu’elle génère. Pour cela, l’activité indépendante doit avoir été effectivement exercée en même temps que l’activité salariée. Les rémunérations issues des deux activités doivent également avoir été cumulées au cours de la période de référence prise en compte pour l’ouverture de vos droits.
  • Si votre micro-entreprise est créée ou reprise après la perte de votre emploi, le cumul est partiel : le montant de l’ARE est ajusté en fonction de votre chiffre d’affaires, après application de l’abattement correspondant à la nature de votre activité.
  • Une micro-entreprise créée avant la fin du contrat de travail ne constitue donc pas automatiquement une activité conservée. En l’absence d’exercice concomitant ou de cumul effectif des rémunérations pendant la période de référence, les règles du cumul partiel s’appliquent.

En 2026, ces règles sont fixées par la convention du 15 novembre 2024 relative à l’assurance chômage et son règlement général annexé. Les nouvelles dispositions concernent principalement les droits ouverts à la suite d’une fin de contrat de travail intervenue à compter du 1er avril 2025.

Que se passe-t-il si mon auto-entreprise a été créée avant ma fin de contrat ?

Si vous exerciez déjà une activité de micro-entrepreneur avant la fin de votre contrat de travail, vous pouvez, sous certaines conditions, cumuler intégralement vos allocations chômage (ARE). Dans ce cas, France Travail considère votre micro-entreprise comme une activité déjà existante et vos droits sont calculés sur votre ancienne activité salariée.

Vous étiez salarié et micro-entrepreneur, mais votre contrat avec votre employeur vient de prendre fin ? Vous pouvez vous inscrire auprès de France Travail tout en restant auto-entrepreneur.

Vous touchez tous vos droits au chômage à la seule condition que votre auto-entreprise ait encaissé du chiffre d’affaires avant la perte de votre emploi salarié. De plus, l’ARE n’est pas calculé en fonction du montant du chiffre d’affaires (CA) de votre auto-entreprise. Pourquoi ? Parce qu’une micro-entreprise est considérée comme une activité complémentaire. Vos droits au chômage seront donc calculés sur votre activité principale : votre activité salariée. Dans ce cas, vous toucherez l’ensemble de vos droits à l’ARE.

En revanche, notez bien que si vous créez votre micro-entreprise en étant déjà inscrit à France Travail, elle devient alors votre activité principale. L’ARE sera, cette fois, calculée en fonction de votre chiffre d’affaires d’auto-entrepreneur.

Pour en bénéficier, il faut toutefois respecter plusieurs conditions :

  • Avoir créé votre micro-entreprise avant la fin de votre activité salariée
  • Avoir cumulé un salaire et un revenu d'auto-entrepreneur sur une période suffisamment longue
  • Être inscrit à France Travail, en tant que demandeur d'emploi
  • Être éligible à l'ARE selon les conditions précisées précédemment

Comment sont calculées les allocations chômage (ARE) en 2026 ?

Le montant de l'Allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) dépend notamment de votre Salaire journalier de référence (SJR) et des revenus issus de votre micro-entreprise.

France Travail applique un abattement sur votre chiffre d'affaires avant de calculer le montant de votre allocation et le nombre de jours d'indemnisation reportés.

retour à l'emploi ARE

Étape 1 : Déterminer la base de calcul pour votre ARE 

France Travail applique d'abord un abattement forfaitaire sur votre chiffre d'affaires. Cet abattement correspond à celui prévu par l'article 50 du Code général des impôts pour les activités relevant des BIC et par l’article 102 ter du Code général des impôts pour les activités relevant des BNC.

  • 71 % pour les activités d’achat-revente, la vente de denrées à consommer sur place et la fourniture de logement, hors location de locaux d’habitation meublés (le revenu retenu correspond donc à 29 % du chiffre d’affaires).
  • 50 % pour une autre activité relevant des BIC (bénéfices industriels et commerciaux)
  • 34 % pour une activité libérale relevant des BNC (bénéfices non commerciaux)
  • 30 % pour une activité de location de meublé de tourisme non classé

Étape 2 : Calculer son Salaire Journalier de Référence (SJR) 

Le Salaire journalier de référence (SJR) sert de base au calcul de votre Allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE). Il est calculé à partir des rémunérations brutes perçues au cours des deux années précédant la fin de votre contrat de travail.

Le calcul est le suivant :

SJR = rémunérations brutes perçues au cours des 2 dernières années ÷ nombre de jours calendaires compris entre le premier et le dernier jour de cette période

Exemple :

Marie a 45 ans et elle est inscrite comme demandeuse d’emploi. Elle a lancé son activité libérale en auto-entreprise qui relève des BNC.

Le total de ses rémunérations brutes sur les 2 dernières années précédant la fin de son contrat de travail est de 40 530 €. Entre le 1er jour et le dernier jour de son dernier contrat, il s’est écoulé 731 jours calendaires.

En conséquence, son SJR s’élève à 55,44 € (40 530 / 731).

 

Bon à savoir

Vous avez 53 ans ou plus ? Votre durée d'indemnisation et le cumul avec votre pension de retraite varient en fonction de votre tranche d'âge. Nous vous invitons à vous renseigner directement auprès de France Travail.

Étape 3 : Calculer votre allocation journalière (AJ)

Le montant de l'ARE versée correspond au montant de l'ARE journalière multiplié par le nombre de jours indemnisables par mois pour l'ARE : montant de l'ARE mensuelle - 70% des rémunérations déclarées pour les assurances sociales) / montant de l'ARE journalière

Il existe deux calculs pour déterminer son ARE journalière, aussi appelée Allocation Journalière (AJ). Le montant le plus élevé des 2 résultats trouvés est retenu. 

L'allocation journalière (AJ) correspond au montant le plus élevé obtenu entre les deux calculs suivants :

  • 40,4 % du SJR + partie fixe de 13,18 €
  • 57 % du SJR

Pour Marie, il s’agit de : 

  • 40,4 % de 55,44) + 13,18 = 22,40 + 13,18 = 35,58 €
  • (57 % de 55,44) = 31,60 €

L'Allocation Journalière (AJ) de Marie s’élève donc à 35,58 € (plus élevée, sous le plafond de 75 % × 55,44 = 41,58 €)

Notez bien que le montant retenu ne peut pas être inférieur à 32,13 € (montant applicable depuis le 1er juillet 2025) et ne peut pas être supérieur à 75 % de votre SJR.

Le montant retenu pour Marie reste 35,58 € par jour, car il est inférieur au plafond de 75 % de son SJR (41,58 €) et supérieur au minimum légal (32,13 €).

Étape 4 : Effectuer le cumul de votre ARE avec votre revenu de reprise d’activité 

France Travail déduit ensuite 70 % du salaire brut mensuel procuré par l’activité reprise, avant d’y soustraire vos droits au chômage. 

Le paiement de l’ARE est mensualisé, c’est-à-dire qu’il est calculé sur une base fixe de 30 jours calendaires quel que soit le mois.

Marie a déclaré 1 500 de chiffre d’affaires en octobre. 

ARE mensuel perçu = 35,58 € (AJ) x 30 jours = 1 067,40 €

Marie calcule d’abord son salaire mensuel :  

Salaire brut mensuel (chiffre d’affaires - abattement lié à votre activité = revenu) = 1 500 – 34% = 1 500 – 510 = 990 € 

Grâce au calcul de ce salaire, elle peut estimer le montant de son ARE maintenant qu’elle a repris une activité :

70 % du salaire brut mensuel est soustrait du montant de l'ARE avant la reprise d'acitivité

Montant de l’ARE partielle = ARE – activité reprise = 1 045,8 € - 990x0,7 € = 352 € 1 067,40 − 70 % × 990 = 1 067,40 − 693 = 374,40 €

En plus de ses revenus, Marie aura droit à 374,40 € d’ARE. 

Étape 5 : Calculer le report de vos jours indemnisables 

France Travail déterminera ensuite le nombre de jours indemnisés à reporter en appliquant la formule suivante : 

Nombre de jours indemnisables reportés = Montant mensuel de l'ARE - (70% x Salaire brut mensuel) / Allocation journalière (AJ) 

Pour Marie :

374,40 / 35,5810,52 jours, arrondi à 11 jours.

Ces 11 jours sont donc à reporter pour allonger la durée de votre indemnisation.

Suivre son chiffre d’affaires au fil du mois est essentiel pour anticiper le montant de son ARE. Solo affiche votre chiffre d’affaires en temps réel.

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Information importante : un plafond de durée s'applique depuis le 1ᵉʳ avril 2025

Si vous créez votre micro-entreprise après votre inscription à France Travail, le cumul mensuel de l'ARE avec votre chiffre d'affaires n'est plus illimité dans le temps. Il est plafonné à 60 % du nombre de jours de droits qu'il vous restait à la date de création de votre activité. Une fois ce plafond atteint, le versement s'arrête : les 40 % restants sont mis en réserve et ne sont débloqués qu'en cas de cessation de votre activité non salariée, ou, si votre chiffre d'affaires est nul, sur décision exceptionnelle de l'Instance paritaire régionale (IPR).

Que se passe-t-il si je crée mon auto-entreprise après ma fin de contrat ?

Si vous créez votre micro-entreprise après la fin de votre contrat de travail, vous pouvez continuer à percevoir une partie de vos allocations chômage (ARE), sous réserve de remplir les conditions d'éligibilité.

Le montant de votre indemnisation est alors calculé en fonction du chiffre d'affaires déclaré par votre micro-entreprise, jusqu'à épuisement de vos droits.

Vous êtes devenu auto-entrepreneur alors que vous étiez déjà indemnisé par France Travail ? Si vous respectez les conditions précédemment énoncées, vous pouvez tout à fait cumuler une partie de vos allocations chômage (ARE) avec le chiffre d’affaires de votre micro-entreprise, jusqu’à épuisement de vos droits.

Ce qu’il faut savoir :

  • En tant qu’auto-entrepreneur, vous ne touchez qu’une partie de vos allocations chômage. La somme que vous percevrez est calculée en fonction de vos revenus.
  • Si votre chiffre d’affaires est nul, vous pouvez faire une demande pour toucher l’intégralité de vos droits à l’ARE.

Le mot de l’experte Jeanne Escure : Le reliquat de 40% peut éventuellement être versé aux entrepreneurs qui ne génèrent aucun chiffre d’affaires en faisant réexaminer leur dossier par l'Instance paritaire régionale (IPR) quand ils arriveront à la fin des 60% de leurs droits.

Comment actualiser sa situation auprès de France Travail ?

Si vous cumulez une micro-entreprise et l'ARE, vous devez actualiser votre situation chaque mois auprès de France Travail, même si vous déclarez votre chiffre d'affaires trimestriellement à l'Urssaf.

Cette démarche est indispensable pour calculer et régulariser le montant de vos allocations chômage.

Une actualisation obligatoire tous les mois

Comme tous les demandeurs d’emploi, vous devez actualiser votre situation chaque mois auprès de France Travail. Il vous sera demandé d’indiquer :

  • si vous êtes toujours à la recherche d’un emploi
  • le nombre d’heures travaillées dans le mois
  • vos revenus, salariés et / ou non salariés (c’est-à-dire votre chiffre d’affaires)

Cette actualisation permet le calcul de vos droits pour la régularisation de votre allocation chômage.

Démarches spécifiques

L'auto-entrepreneur ayant choisi une déclaration de chiffre d'affaires par tranche de 3 mois auprès de l'Urssaf, doit malgré tout faire une actualisation mensuelle auprès de France Travail. Nous vous conseillons de choisir la déclaration de CA mensuelle pour faciliter vos démarches administratives.

La copie de la déclaration trimestrielle effectuée auprès de l’Urssaf doit être envoyée à chaque actualisation.

Enfin, sachez que France Travail n'a pas connaissance de la périodicité que vous avez choisi pour déclarer à l'Urssaf. Pour faire le lien entre ces deux organismes, nous vous invitons donc à leur transmettre un formulaire indiquant à quelle fréquence vous effectuez la déclaration fiscale et sociale de vos revenus de micro-entrepreneur. Vous devez également transmettre à France Travail la synthèse validée de la création de votre entreprise.

Actualisation mensuelle de l’allocation chômage pour un graphiste micro-entrepreneur

Axel est auto-entrepreneur graphiste. Son chiffre d’affaires varie beaucoup selon la saison entre la tonte, la taille de haies ou l’entretien des jardins. Même s’il déclare son chiffre d’affaires trimestriellement à l’Urssaf, il doit actualiser sa situation chaque mois auprès de France Travail pour rester éligible à l’allocation chômage.

  • Par exemple, pour ses prestations de mai et juin, Axel doit déclarer le chiffre d’affaires encaissé lors de son actualisation mensuelle, même si sa déclaration Urssaf couvre avril à juin.
  • Pour simplifier ses démarches, Axel peut opter pour une déclaration mensuelle de son chiffre d’affaires.
  • Axel doit aussi transmettre un formulaire précisant la fréquence de ses déclarations afin que France Travail puisse relier correctement ses informations.

L’auto-entrepreneur (ou solopreneur) dont l’activité varie selon les saisons doit organiser ses déclarations pour rester éligible à l’allocation chômage !

 

Information importante

Vous vous demandez si vous devez appliquer vous-même un abattement sur votre chiffre d’affaires avant de le déclarer ? La réponse est non !

Quels justificatifs transmettre à France Travail ?

Après chaque déclaration de chiffre d'affaires, vous devez transmettre vos justificatifs à France Travail afin de permettre la régularisation de vos allocations chômage. Sans ces documents, le calcul définitif de votre ARE peut être retardé.

Dès que vous avez fait votre déclaration de chiffre d’affaires sur le site de l'Urssaf., transmettez-la à votre agence France Travail sans tarder.

Ce document est disponible à la dernière étape de la déclaration de chiffre d’affaires. Sur le site, vous pouvez le retrouver dans la rubrique Mes documents, puis Historique de mes déclarations. Sur l’application mobile de l’Urssaf, vous le retrouvez dans la rubrique Documents, puis Vos déclarations.

Cette étape est obligatoire car la régularisation de votre situation est soumise à l’enregistrement de ces justificatifs.

 

Bon à savoir

Dès lors que vous créez votre micro-entreprise, vous êtes dans l’obligation d’en informer France Travail. Vous pouvez faire cette démarche dès l’obtention de votre numéro SIRET. N’attendez pas que celle-ci génère du chiffre d’affaires !

Quel est le délai de carence pour toucher le chômage ?

Après la fin de votre contrat de travail, un délai de carence s'applique avant le versement de vos allocations chômage. Ce délai comprend une période d'attente de 7 jours, à laquelle peuvent s'ajouter des différés liés aux indemnités de congés payés ou de rupture perçues lors de la fin du contrat.

Après la fin de votre contrat de travail, un délai de carence de 7 jours est automatiquement appliqué, pendant lequel vous ne recevrez pas d'allocations chômage. Cependant, cette période peut être prolongée dans diverses circonstances.

Si vous avez reçu des indemnités de congés payés, qui sont versées à la fin de votre contrat, un délai supplémentaire s'ajoute aux 7 jours d'attente. Ce délai est calculé en fonction du montant de vos indemnités divisé par votre salaire journalier de référence.

En cas de bénéfice d'indemnités de licenciement dépassant le cadre réglementaire, la différence est divisée par 107,9 pour calculer un délai de carence supplémentaire, limité à 150 jours ou 75 jours en cas de licenciement économique.

Comprendre le délai de carence

Étape 1 : Délai de carence de base

Axel termine son contrat le 1ᵉʳ février 2026. Le délai de carence standard est donc de 7 jours, soit jusqu’au 7 février 2026.

Étape 2 : Délai lié aux indemnités de congés payés

Axel a perçu des indemnités de congés payés à hauteur de 1 200 €. Son SJR est de 55,44 €

Délai supplémentaire = 1 200 / 55,44 = 21,65 jours

Nouveau délai total : 7 + 21,65 = 28,65 jours, soit environ 29 jours.

Étape 3 : Délai lié aux indemnités de licenciement

Si Axel a perçu des indemnités de licenciement dépassant le cadre légal, elles génèrent également un délai supplémentaire.

On divise ces indemnités par 107,9 € (valeur réglementaire pour le calcul).

Axel a perçu des indemnités de licenciement à hauteur de 5 000 €.

Délai supplémentaire - 5 000 / 111,8 = 44,72 jours,

Étape 4 : Calcul du délai total de carence

Nous additionnons tous les délais :

7 + 21,65 + 44,72 = 73,37 jours = 73 jours

Axel commencera donc à percevoir ses allocations chômage environ 73 jours après la fin de son contrat, en tenant compte des congés payés et des indemnités de licenciement.

L’ARCE, une alternative à l’ARE

L'Aide à la reprise ou à la création d'entreprise (ARCE) permet aux demandeurs d'emploi de recevoir une partie de leurs droits au chômage sous forme de capital pour financer leur projet. En revanche, l'ARCE et le maintien de l'ARE ne peuvent pas être cumulés.

Si vous êtes demandeur d’emploi et en phase de création ou de reprise d’entreprise, vous pouvez demander l’Aide à la reprise ou à la création d’entreprise (ARCE), dans les conditions prévues par l’article 35 du règlement général annexé à la convention du 15 novembre 2024 relative à l’assurance chômage.

Ce dispositif permet de convertir 60 % du montant total des ARE à percevoir sous la forme d’un capital. Il peut être particulièrement intéressant pour financer le début de votre activité.

 

Information importante

Attention, ayez bien en tête que vous ne pouvez pas cumuler ARE et ARCE ! Vous devrez donc faire un choix !

Le versement de l’ARCE s’effectue en 2 temps :

  • La moitié du capital est versée lors de la création de votre micro-entreprise
  • L'autre moitié est versée 6 mois plus tard (à condition que votre micro-entreprise soit toujours en activité)

Vous êtes micro-entrepreneur avec une activité salariale en parallèle ? Sachez qu’à compter du 1er avril 2025, le second versement de l’ARCE est soumis à une nouvelle condition : vous ne pouvez exercer en CDI à temps plein.

Comment faire le bon choix entre ARE et ARCE ?

Comment récupérer les reliquats de l'ARE après l'ARCE ?

Si vous avez choisi l'ARCE, vous pouvez, sous certaines conditions, récupérer le reliquat de vos droits à l'ARE.
Depuis le 1er avril 2025, cette reprise est notamment conditionnée à la cessation de votre activité non salariée après le second versement de l'ARCE.

Comment récupérer les reliquats de l’ARE quand on a touché l’ARCE ?

Auparavant, l’unique condition pour récupérer les reliquats de l’ARE était de se réinscrire comme demandeur d’emploi chez France Travail.

Depuis le 1er avril 2025, si vous êtes bénéficiaires de l’ARCE, vous devez mettre fin à votre activité professionnelle (dont activité non salariée) pour demander la reprise de votre droits aux allocations chômage. Cette condition s’applique après le second versement de l’ARCE.

Plus simplement, si vous avez perçu l’ARCE et que vous continuez d’exercer sous le statut d’auto-entrepreneur, vous ne pouvez pas toucher vos droits restants à l’ARE.

En cas de cessation d’activité, il vous faut attendre un différé pour toute demande de reprise du versement de l’ARE, c’est-à-dire l’obtention de vos 40 % restants.

Combien vais-je toucher mon reliquat ?

Comme on vous l’expliquait, vous touchez ce qu’il reste de votre allocation de chômage non utilisée. Si cela reste abstrait pour vous, pas de panique : voici l’exemple de Simon pour vous aider à mieux comprendre.

Avant de devenir auto-entrepreneur, Simon bénéficiait de 300 jours d’allocation au chômage. Il décide après 100 jours de se lancer comme mécanicien indépendant avec l’ARCE, soit un montant correspondant à 60 % des 200 jours restants. Malheureusement pour lui, son activité ne décolle pas et il est contraint de la cesser.

Comment déterminer ce qu’il peut récupérer ? Sur ses droits restants de 200 jours, il en a déjà utilisé 60 % via l’ARCE. C’est alors très simple : il peut toucher le reste de son allocation chômage, soit 40 % de 200 jours. Résultat, son indemnité chômage peut être prolongée de 80 jours !

Vous hésitez entre ARE et ARCE ? Nous vous accompagnons dans la création de votre micro-entreprise avec des conseillers spécialisés.

Créer mon auto-entreprise

Chômage en cas de démission pour création d'entreprise

Il est possible de percevoir l'Allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) après une démission pour créer ou reprendre une entreprise, sous certaines conditions. Votre projet doit notamment être reconnu comme réel et sérieux avant votre démission et vous devez remplir les conditions d'ouverture des droits au chômage.

La démission n'ouvre pas automatiquement droit aux allocations chômage. Toutefois, si vous quittez votre emploi pour créer ou reprendre une entreprise, vous pouvez bénéficier de l'ARE à condition de respecter les critères fixés par France Travail.

Pour être éligible, vous devez notamment :

  • justifier d'un projet de création ou de reprise d'entreprise réel et sérieux, validé avant votre démission ;
  • avoir travaillé de façon continue pendant 5 ans, soit 1300 jours travaillés au cours des 60 mois qui précèdent la démission.
  • remplir les autres conditions d'ouverture des droits à l'ARE.

Une commission est chargée d'évaluer le caractère réel et sérieux de votre projet avant de valider votre demande.

Pour en savoir plus sur les conditions applicables, consultez notre article dédié démission pour création d’entreprise.

Pour récapituler :

Création de l’AEDroits au chômage
Avant la fin du contratCumul total
Après la fin du contratCumul partiel

Chômage et auto-entreprise : les questions fréquentes en 2026

1. Je touche l'ARE et je viens de créer mon auto-entreprise. Comment se passent mes premiers versements ?

Versement aide retour à l'emploi are

Les modalités de gestion de vos premiers versements d’ARE varient selon la transmission (et la régularisation) des justificatifs que vous fournissez lors de votre déclaration de chiffre d’affaires auprès de l’Urssaf.

Si l’on reprend l’exemple de Marie citée plus haut :

  • Elle déclare son chiffre d’affaires tous les mois à l’Urssaf : France Travail lui fera une avance de 80 % x (34,86 € x 30) = 80 % x 1 045,8 € = 836,64 €
  • Elle déclare son chiffre d’affaires tous les trimestres à l’Urssaf : France Travail lui fera une avance de 70 % x (34,86 € x 30) = 70 % x 1 045,8 = 732,06 €

Lors de l’ouverture de votre micro-entreprise, votre première déclaration intervient dans un délai minimum de 90 jours + fin du mois ou trimestre civil en cours. Pendant ce délai, vous percevez uniquement une partie de vos indemnités chômage. En effet vous devez fournir un récépissé de déclaration de CA à votre agence pour percevoir le reste.

 

Bon à savoir

Certaines agences proposent encore l’attestation sur l’honneur (en principe supprimée depuis 2018) pour permettre de recevoir le solde de vos ARE en attendant le récépissé de déclaration.

2. Et après l'ARE ?

Si vous épuisez vos droits à l'ARE, l'Allocation de solidarité spécifique (ASS) peut prendre le relais.
Attention : depuis une décision du Conseil d'État du 21 février 2025, l'ASS ne peut être cumulée avec une activité de micro-entrepreneur au-delà de 3 mois, sauf à prouver un chiffre d'affaires nul.

3. Je suis auto-entrepreneur. Est-ce que je cotise pour le chômage ?

L’activité de micro-entrepreneur n’ouvre pas de droits à l’assurance chômage. Sous certaines conditions, un travailleur indépendant peut toutefois bénéficier de l’ATI. Consultez notre guide consacré à l’assurance chômage des auto-entrepreneurs.

Zoom sur l'assurance chômage des auto-entrepreneurs (ATI)

4. Combien d’heures faut-il déclarer à France Travail en tant que micro-entrepreneur ?

Lors de votre actualisation mensuelle auprès de France Travail, vous devez renseigner le nombre d'heures travaillées au sein de votre micro-entreprise, c'est-à-dire, une estimation du temps consacré à votre entreprise. Néanmoins, les conseils pour déclarer vos heures diffèrent selon chaque région. Renseignez-vous auprès de votre agence ou de votre conseiller pour ne pas vous tromper.

Sources

https://www.unedic.org/la-reglementation/conventions-d-assurance-chomage/texte-consolide-du-reglement-general-annexe-a-la-convention-du-15-novembre-2024-2

https://www.francetravail.fr/faq/candidat/mes-allocations---mes-aides/lallocation-chomage-lessentiel-a/allocation-chomage-conditions.html

https://www.francetravail.fr/faq/candidat/mes-allocations---mes-aides/lallocation-chomage-lessentiel-a/montant-allocation-france-travai.html

https://www.unedic.org/la-reglementation/fiches-thematiques/cumul-allocation-salaire

https://www.unedic.org/la-reglementation/fiches-thematiques/aide-la-reprise-ou-la-creation-dentreprise-arce

Rédigé par l'auteur
Photo de Tom Denichou

Juriste

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Juriste spécialisé en droit des affaires et en propriété intellectuelle, Tom cumule six années d’expérience en cabinet et en entreprise. Diplômé d’un Master en Droit des affaires à la Sorbonne et d’un Master en Droit de la PI au CEIPI, il a participé à la création de nombreuses entreprises sous différentes formes juridiques (SAS, SARL, SCI, holdings, etc..). Passionné par les enjeux liés à la création d’entreprise, et notamment au statut de micro-entrepreneur, il accompagne les porteurs de projets avec précision et pédagogie afin de leur offrir un cadre juridique fiable et propice au développement de leurs activités.

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Directrice juridique

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Varène est directrice juridique du Portail Auto-Entrepreneur depuis 7 ans. Titulaire d'un master en droit privé de l'Université Paris-Sorbonne et forte de 14 ans d'expérience, elle accompagne les auto-entrepreneurs sur l'ensemble de leurs problématiques juridiques : statut, obligations légales, contrats et litiges.

L'article "Cumul chômage et auto-entreprise en 2026 : règles, calcul et ARCE" est noté 4,7 / 5 sur 234 avis de lecteurs.