Médiation de la consommation : quelles obligations pour un auto-entrepreneur ?

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Mis à jour le 30/01/2026

Depuis le 1er janvier 2016, les entreprises qui vendent des biens ou des services à des particuliers doivent proposer un médiateur de la consommation. Pas de panique : c’est une obligation simple à respecter, une fois qu’on sait où l’indiquer. Dans ce guide, on vous explique qui est concerné, comment ça fonctionne, le délai à respecter et où l’afficher (CGV, devis, factures, site).

L’essentiel à connaître

La médiation de la consommation, c’est votre filet de sécurité en cas de litige avec un client particulier : elle encadre une tentative de règlement sans passer immédiatement par le tribunal. Mais pour en bénéficier (et surtout être en règle), quelques points sont incontournables.

Que vous soyez déjà solopreneur, ou que vous lanciez votre activité, cette obligation fait partie des réflexes à adopter dès les premiers clients.

Les règles clés à retenir :

  • l’obligation s’applique si vous travaillez avec des particuliers (B2C), même en micro-entreprise ;
  • vous devez adhérer à un médiateur référencé par la CECMC ;
  • vous devez afficher clairement les informations du médiateur (nom, coordonnées, site) sur vos CGV, devis, factures, contrats ou bons de commande ;
  • en vente en ligne, pensez aussi au lien vers la plateforme de règlement des litiges en ligne et à une adresse de contact.

En cas de litige, gardez ces repères :

  • le client doit d’abord vous envoyer une réclamation écrite ;
  • seul le consommateur peut saisir le médiateur ;
  • il a 12 mois après la réclamation pour le faire ;
  • la médiation est gratuite pour le consommateur (c’est vous qui financez le dispositif).

Enfin, point vigilance : un oubli des mentions obligatoires peut entraîner une amende administrative de 3 000 €. Le bon réflexe : ajoutez la mention “médiateur” dans vos modèles de devis/factures une fois pour toutes, et vous n’y pensez plus.

Médiation de la consommation : définition

Vous vendez des biens ou des services à des clients particuliers ? Votre client n'est pas satisfait ? En tant que professionnel, vous devez vous assurer qu'il a la possibilité de faire appel à un médiateur de la consommation.

Selon l’article L612-1 du Code de la consommation, la médiation est en effet un dispositif permettant à « tout consommateur […] de recourir gratuitement à un médiateur de la consommation en vue de la résolution amiable du litige qui l'oppose à un professionnel ».  

Il s'agit ici d'un dispositif extra-judiciaire. Le médiateur n'est pas un juge. Il aide simplement les parties à trouver un accord. Ce professionnel est indépendant et impartial.

La médiation a pour avantage d'être plus rapide et moins coûteuse qu'une procédure judiciaire.

Pour information, notez que la médiation de la consommation s'applique aux litiges survenus sur l'ensemble du territoire national, mais aussi en Europe. Vous êtes donc concerné si vous vendez des biens en Union européenne (notamment via un site de e-commerce). Cette précision est particulièrement utile si vous proposez vos services ou produits en ligne à des clients situés dans l’UE.

Depuis la fermeture de la plateforme européenne de règlement en ligne des litiges (ODR) le 20 juillet 2025, les litiges transfrontaliers passent désormais par les organismes nationaux de médiation de chaque pays et par des points de contact européens, comme le Centre Européen des Consommateurs (CEC) France, qui orientent les consommateurs dans leurs démarches.

Exemple

Vous êtes développeur web, et un client particulier vous confie la création d’un site internet. À la livraison, il estime que la prestation n’est pas conforme au contrat et vous adresse une réclamation écrite. Si aucun accord n’est trouvé, il peut saisir un médiateur de la consommation pour tenter de résoudre le litige à l’amiable.

Quels sont les professionnels concernés ?

Tous les professionnels qui vendent des biens ou fournissent des services à des particuliers sont concernés. Les auto-entrepreneurs (ou micro-entrepreneurs) n'échappent pas à cette règle.

Vous êtes concerné quel que soit votre secteur d'activité et quel que soit votre canal de vente (magasin, en ligne ou vente physique). En clair, dès que vous avez des clients particuliers (B2C) : l’obligation s’applique.

Le litige peut être :

  • National : vous vendez un bien ou une prestation à un client situé en France comme vous.
  • Transfrontalier : votre client est en Union européenne au moment où il a accepté la vente.

 

Bon à savoir

Les litiges entre professionnels (c’est-à-dire si votre client est une entreprise), ne peuvent pas être résolus par un médiateur de consommation. 

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Fonctionnement de la médiation de la consommation

1 - Le client rédige un courrier de réclamation

Pour pouvoir entamer une médiation, votre client doit d'abord avoir tenté de résoudre le désaccord directement avec vous. Le recours à la médiation de la consommation ne peut en aucun cas être la première option. 

Ces échanges peuvent dans un premier temps se faire à l'oral ou à l'écrit.

Toutefois, pour entamer une médiation de la consommation, votre client doit obligatoirement vous adresser un courrier ou un mail de réclamation dans lequel il explique la nature du litige et les raisons de son désaccord. C’est cette réclamation écrite qui “ouvre” la possibilité de saisir le médiateur.

2 - La saisine du médiateur

Votre client vous a envoyé une réclamation et vous n'avez toujours pas trouvé d'accord ? À compter de l’envoi de ce courrier (ou mail), votre client dispose de 12 mois pour saisir le médiateur.

Une fois la demande de votre client reçue, le médiateur dispose ensuite de 3 semaines pour l'examiner et lui faire une réponse.

S'il estime que celle-ci est fondée, il vous notifiera son accord à tous les deux et vous fera signer une convention.

Cette convention comprendra les informations suivantes : 

  • La nature du litige 
  • Les conditions dans lesquelles le médiateur opérera  
  • Le nom du médiateur affecté au litige en question 
  • Le déroulement du processus de médiation 

Ce document contractuel doit ensuite être signé par l’association ou l’organisme de médiation, le client et vous, micro-entrepreneur.

3 - Calendrier : les délais à retenir

  • J0 : le client vous adresse une réclamation écrite (mail ou courrier).
  • De J0 à J+12 mois : en l'absence d'accord, le client peut saisir le médiateur.
  • Sous 3 semaines après la saisie : le médiateur examine la demande et se prononce sur sa recevabilité.
  • Une fois la médiation engagée : la procédure ne peut pas dépasser 90 jours (hors cas particuliers).

 

Le saviez-vous ?

Seul le client a le droit de saisir le médiateur de consommation. Cette démarche ne peut pas être initiée par le professionnel. En revanche, vous pouvez proposer la médiation à titre amiable, sans pouvoir “ouvrir” vous-même la procédure.

4 - Le déroulement de la médiation

La médiation ne peut ensuite durer plus de 90 jours. Elle donne lieu à des échanges durant lesquels le médiateur va tenter de trouver une solution d'accord.

Si la solution proposée par le médiateur convient aux deux parties, la médiation se termine.

En revanche, le client peut entamer une une procédure devant un juge si :

  • Il n'est pas satisfait de la solution proposée par le médiateur.
  • Le médiateur estime l'affaire trop complexe.

 

Bon à savoir

La loi ne donne aucune indication de délai selon lequel les deux parties doivent accepter ou décliner la solution proposée. Le délai est donc fixé par le médiateur.  

Médiation de la consommation : combien ça coûte ?

Les 2 formules possibles

Il existe des dispositifs de médiation de consommation à différents prix. 

Si vous entamez des recherches pour comparer les coûts, vous pourrez constater qu'ils peuvent atteindre des sommes particulièrement élevées en fonction de l’organisme choisi, du nombre de réclamations annuelles ou encore de la forme juridique de l’entreprise. Les montants ci-dessous restent donc indicatifs et peuvent évoluer selon les organismes.

Pour résumer simplement, deux moyens de règlement sont possibles : 

  • Paiement d’un forfait global : votre auto-entreprise règle un forfait à l’année auprès d’un organisme médiateur. Cette formule prend alors en charge les coûts liés à de futurs litiges que vous pourriez rencontrer. Avec cette formule, vous paierez un supplément réduit par acte de médiation. Comptez au moins 25 à 50 euros par abonnement et 100 € environ en plus par action de médiation menée. (Ces montants varient selon l’organisme et les services inclus.)
  • Paiement à l’acte de médiation : dans ce cas, votre auto-entreprise paie le coût entraîné par le médiateur engagé pour chaque demande de vos clients. Comptez autour de 150 / 300 euros par acte de médiation. (Là encore, les tarifs dépendent du médiateur choisi.)

 

Information importante

Peu importe le coût, c'est l'entreprise à l'origine des prestations (c'est-à-dire vous) qui doit rémunérer le médiateur engagé pour régler le désaccord à l'amiable. La médiation de consommation est donc tout à fait gratuite pour le consommateur. Cette gratuité concerne la médiation elle-même : si votre client décide de prendre un avocat, il devra supporter le coût de ces honoraires.

Une alternative : adhérer à une organisation professionnelle

Certaines associations d’auto-entrepreneurs mettent en place des partenariats avec des organismes de médiation de la consommation.

Si vous adhérez à ces organisations professionnelles, vous bénéficierez alors de prix avantageux (quelques dizaines d’euros) tout à fait adaptés à votre statut. Prenez le temps de bien vous renseigner !

La mise en place du dispositif

Comparer les dispositifs de médiation  

Nous vous le disions, il existe de nombreux organismes de médiation. Vous allez vous rapprocher d’organismes médiateurs ou d’associations dédiées aux micro-entrepreneurs par exemple.

N'hésitez pas à contacter directement ces organismes pour comparer leurs offres. 

Pour information, le médiateur choisi devra obligatoirement être reconnu par la Commission d’Évaluation et de Contrôle de la Médiation de la Consommation (CECMC).

Vous pouvez retrouver  une liste des médiateurs référencés sur le site du Ministère de l'économie. Pensez à vérifier que l’organisme choisi figure bien sur cette liste officielle.

Informer ses clients et prospects 

Puisque seul le client peut faire appel à la médiation de la consommation, vous devrez bien sûr l'informer que vous avez adhéré à ce dispositif. Attention, cette étape est obligatoire.

Pour cela, il vous suffit de mentionner le nom, les coordonnées ainsi que l’adresse du site internet de l’organisme de médiation sur

Vous faites de la vente en ligne ? Pensez aussi à indiquer sur votre site le lien vers la plateforme de règlement des litiges en ligne, ainsi qu’un mail de contact pour que vos clients puissent vous joindre.

Même si ce n’est pas obligatoire, vous pouvez enfin mentionner ces informations sur vos outils de communication (plaquette, catalogue de produits...) ou par le biais d’une affichette dans votre local si vous en possédez un.  

L’échange à l’amiable : une protection pour les auto-entrepreneurs

Si la médiation est là pour protéger les consommateurs, les auto-entrepreneurs disposent aussi d'une certaine protection.

En effet, la médiation de la consommation n’est pas : 

  • automatiquement recevable : la demande de votre client peut être rejetée par le médiateur sous 3 semaines suivant la date de réception de la demande de médiation pour de multiples raisons (demande infondée ou abusive, pas de tentative de résolution antérieure avec vous, etc.). 
  • incontestable : vous n’êtes pas obligé d’accepter la solution proposée par le médiateur à la fin du processus. Vous pouvez faire part de votre désaccord et comme le consommateur, vous retirer du dispositif de médiation à tout moment.

Rappelez-vous également que cette médiation n'est pas systématique. La manière dont vous gérez vos relations avec vos clients reste votre meilleur atout pour éviter ce type de procédure. Le client n’est en effet pas obligé d’avoir recours à la médiation de la consommation en cas de litige. Un désaccord peut tout à fait se régler à l’amiable. 

Notre conseil ? Répondez-lui et tentez de trouver un arrangement ou tout au moins, de lui expliquer votre point de vue avec calme et courtoisie. Votre professionnalisme ne pourra ainsi pas être mis en doute. 

La qualité de vos prestations et votre service client restent vos principaux alliés. Le service de la médiation ne peut s’y substituer. Il est au contraire un argument supplémentaire pour prouver à vos clients que leur satisfaction reste votre objectif principal ! 

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À propos de l'auteur
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Élodie Guyomard

28 articles publiés

Élodie Guyomard est rédactrice web, spécialiste de la micro-entreprise. Depuis 2016, elle a écrit des centaines d'articles sur le sujet. Son objectif : simplifier ces thématiques complexes pour soutenir les porteurs de projet. Elle assure une veille réglementaire permanente pour garantir la fiabilité des informations délivrées et la sécurité juridique des lecteurs.

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