Restaurateur-conservateur de biens culturels et statut auto-entrepreneur

Restaurateur-conservateur de biens culturels et statut auto-entrepreneur

15 novembre 2018

Amoureux des arts et attentif à leur pérennité, le restaurateur d’œuvres d’art a de multiples casquettes et des spécialités que le statut d’auto-entrepreneur permet de réaliser sereinement. Zoom sur ce métier et la réglementation qui l'entoure.

Restaurateur d'art auto-entrepreneur : les informations clés

    Le Centre de Formalités des Entreprises (CFE) est la Chambre de Métiers et de l'Artisanat 

    Le code APE est généralement :  90.03A - Création artistique relevant des arts plastiques

    Le plafond de chiffre d'affaires à ne pas dépasser est de : 70 000 € 

    Rémunération mensuelle : de 30 à 100 € en moyenne par heure

    Le montant des cotisations sociales à payer est de : Variable en fonction de la nature et de l'altération du bien

En quoi consiste le métier de conservateur-restaurateur ?

Un conservateur-restaurateur d’œuvres d’art et de biens culturels est la personne qui pose un diagnostic sur l’état et la conservation d’un objet ou d’une œuvre d’art. Il est capable de mettre en place une démarche de restauration ou de conservation préventive.

La sauvegarde du patrimoine

Les restaurateurs interviennent sur la matière des œuvres et des objets qui ont une valeur patrimoniale. La sauvegarde du patrimoine ancien ou contemporain est au cœur de ce métier, avec la volonté de transmission aux générations futures.

En tant que restaurateur, vous agissez lorsque la matière est abîmée ou menacée et que les accidents, les manipulations, le vieillissement ou le temps ont fragilisé et atteint les œuvres. Vous êtes aussi la personne qui nettoie et répare ces objets ou œuvres qu’ils soient anciens ou contemporains afin de prolonger leur durée de vie. À titre d’exemple, ce peut être un bâtiment ou au contraire un petit objet d’artisanat inuit mais aussi des fresques étrusques, des mosaïques de Pompéi, des peintures sur bois du Moyen-Âge, des céramiques ou encore des photographies numériques d’artistes contemporains !

Les trois grands types de prestations

1 - Le diagnostic

Le plus souvent un conservateur-restaurateur est appelé pour établir un diagnostic sur un objet ou une œuvre. Vous devez donc, dans un premier temps, donner à votre client un constat de l’état de son œuvre afin de définir s’il est utile de la restaurer pour sa conservation ou si son état est stable. Lorsqu’il s’agit d’une toile déchirée ou d’un meuble ancien tâché, le diagnostic consistera à évaluer la possibilité d’une réparation ou d’un nettoyage et de prévenir le client des conséquences d’une telle action sur cet objet.

Le diagnostic donne lieu à un devis qui décrit la mise en place de l’action de restauration ou de conservation, la nature des interventions, le temps de réalisation et les coûts des différentes étapes de travail. Un diagnostic est toujours argumenté et documenté.

2 - La restauration

Selon les supports et leur état, les étapes d’une restauration peuvent être multiples et étalées sur plusieurs sessions de travail.

Il s’agit de dépoussiérer, nettoyer, restaurer, redonner de l’éclat aux œuvres et objets, sans toucher à leur altérité, ni travestir leur histoire. Il ne s’agit pas de remettre à neuf l’objet mais de lui permettre de traverser le temps, de rester un lien entre les générations et les époques.

3 - La conservation préventive

La conservation préventive regroupe l’ensemble des actions directes ou indirectes qui sont menées sur les biens culturels afin d’agir sur leur environnement. Elle prévient donc les dégradations et intervient dans le but de prolonger la durée de vie des documents, objets, monuments et œuvres d’art.

Le contrôle de l'environnement (atmosphère, hygrométrie…), l'élaboration et le suivi d'un plan d'urgence ou le transfert de support (numérisation et édition de document de substitution pour le papier), en sont des exemples.

Une clientèle variée

Un restaurateur d’objets ou d’œuvres d’art travaille pour des clients qui sont des collectivités (musées nationaux, régionaux, départementaux ou municipaux, bâtiments de France, Archives départementales, Monuments historiques, etc.) et des clients privés (Fondations, musées privés, collectionneurs particuliers, antiquaires, etc.).

Comment devenir conservateur-restaurateur ?

Une activité aux multiples spécialités

Plusieurs cursus universitaires ou de second cycle permettent de se former à ce métier. Selon votre parcours et vos intérêts, vous devrez choisir une spécialisation :

  • le papier : œuvres graphiques, gravures, dessin, aquarelle, lithographie, encre, etc.

  • le textile : costumes, vêtements et accessoires de mode, objets et volumes en cuir, tissages, sculptures, mobilier, etc.

  • la pierre : bâtiments, sculptures en marbre ou en plâtre, stuc, etc.

  • les métaux : joaillerie, sculptures en bronze, objets d’art en cuivre, etc.

  • la peinture (huile, gouache, acrylique) sur tous supports : bois, toile, carton, etc.

  • le bois et la marqueterie

  • la photographie moderne et contemporaine : négatifs sur plaques de verre, celluloïd, diapositives, tirages argentiques et numériques, etc.

  • les films et supports vidéo

  • etc.

Vous pourrez également choisir d’axer votre activité sur la restauration d’objets et œuvres anciennes ou plutôt sur celle de créations contemporaines.

Quelle est la nature de la formation ?

Les formations vous permettent d’acquérir les bases théoriques, pratiques et scientifiques nécessaires à la restauration d'œuvres et objets qui constituent le patrimoine et la culture des pays et des civilisations.

La formation et les diplômes varient eux aussi en fonction de la spécialité que vous aurez choisie pour exercer votre métier.

Important : Il y a une partie scientifique à ne pas négliger dans ce métier. Savoir manipuler les produits et pouvoir les appliquer sur les œuvres sans qu’il y ait de risque pour les matériaux fait partie du savoir-faire et de la compétence d’un restaurateur.

Quelle formation choisir ?

La profession de restaurateur d’œuvres d’art et par extension, de biens culturels n’est pas réglementée, à l’exception des restaurateurs de meubles. Néanmoins, les interventions d’une conservateur-restaurateur ayant une incidence sur le patrimoine, il est fortement conseillé de se former afin d’acquérir certaines compétences et connaissances incontournables. Ces formations viendront également rassurer vos clients quant à la qualité de votre expertise.

Après la 3e (initiation à la restauration d’art) :

  • le BMA broderie (Brevet des métiers d’art)
  • le BMA Arts de la reliure et de la dorure
  • le BMA Arts et techniques du tapis et de la tapisserie de lisse
  • le BMA Bijou option joaillerie
  • le BMA céramique
  • le BMA gravure
  • le BMA graphisme et décor
  • le BMA ébéniste
  • le CAP (Certificat d’aptitude professionnelle) arts du bois
  • le CAP arts et techniques du verre
  • le CAP décoration en céramique
  • le CAP tapisserie d’ameublement
  • le BAC Pro artisanat et métiers d'art options arts de la pierre
  • le BAC Pro ébéniste
  • le BAC Pro tapisserie d'ameublement
  • etc.

Après le Bac :

  • le DMA (Diplôme des métiers d’art) Arts de l'habitat option restauration de mobilier
  • le DMA Arts textiles et céramiques
  • le DMA arts graphiques
  • le DN MADE (Diplôme national des métiers d'art et du design) mention patrimoine

Niveau Bac + 5 :

  • Le Master restaurateur du patrimoine de L’Institut national du patrimoine (INP)
  • Le DNSEP - Diplôme national supérieur d'expression plastique (dans les écoles des Beaux-arts)
  • Le Master professionnel conservation préventive du patrimoine
  • Le Master professionnel conservation et restauration des biens culturels

Bon à savoir

Il existe uniquement 4 formations qui sont reconnues pour travailler sur les collections des Musées de France : le Master de restauration du patrimoine de l’INP, le Master conservation-restauration des biens culturels de l'université Paris 1 et les DNSEP des Écoles des Beaux-arts de Tours et d'Avignon. 

Quels sont les pré-requis pour se lancer dans ce métier ?

Les qualités nécessaires

Un bon restaurateur doit être :

  • soigneux et méticuleux
  • méthodique car certaines restaurations nécessitent des protocoles et des étapes particulières et normées
  • curieux puisque les techniques de restauration sont en évolution permanente. Vous devrez donc continuer à vous former régulièrement.
  • patient
  • habile et manuel car vous manipulerez et interviendrez sur des objets rares, uniques et précieux
  • capable de gérer des parties administratives et documentaires importantes liées à vos interventions (transmission, état, dossier de suivi, etc.)
  • passionné
  • en capacité d’intégrer un réseau et de se faire connaître

Les compétences incontournables

Que vous ayez suivi une formation spécifique ou pas, vous devrez être en capacité d’analyser les processus et les traitements de conservation-restauration qui englobent les mesures préventives, curatives et de restauration. Il est donc nécessaire d’avoir un niveau avancé d’aptitudes et de posséder toutes les connaissances factuelles, conceptuelles et l’ensemble des procédures. Par ailleurs, vous devrez savoir contrôler et enregistrer ces procédures et les résultats de votre intervention de conservation-restauration afin de les rectifier si nécessaire. En effet, une part importante de la conservation-restauration est la durée de vie à long terme du bien culturel et l’analyse des futures actions (soins préventifs, prescrire des lignes de conduite à venir, etc.).

Quelles sont les obligations d’un restaurateur ?

Les obligations morales et déontologiques

Un restaurateur de biens culturels se doit de respecter les œuvres et bâtiments sur lesquels il intervient, de respecter leur histoire et leur signification culturelle, historique, esthétique, éthique et artistique. Il doit également intégrer dans ses interventions le caractère réversible ou non de son geste.

Assurer les biens qui vous sont confiés

Comme tous les professionnels du monde de l’art qui doivent manipuler, transporter et stocker des biens culturels, le restaurateur se doit d’avoir une responsabilité civile professionnelle (RC Pro) et une police d’assurance tous risques stock que vous ajustez en fonction de vos habitudes de travail (nombreux transports, manipulations risquées, interventions sur place ou dans votre atelier, etc.).

Bien démarrer en tant que restaurateur d’œuvres d’art

Se constituer un réseau

Au cours de votre formation, vous serez amené à faire différents stages professionnels. Vous pouvez profiter de ces périodes pour vous constituer un réseau de futurs clients potentiels, de référents ou de futurs collègues dont l’activité est similaire ou complémentaire à la vôtre.

Avoir de bonnes relations avec d’autres auto-entrepreneurs du même domaine peut également être intéressant. Il n’est pas rare en effet que des restaurateurs répondent de manière collective à certaines missions. Les sculptures par exemple, sont souvent des œuvres qu’il n’est pas possible de restaurer seul à cause de leur volume imposant. Connaître des auto-entrepreneurs qui travaillent dans la même spécialité que vous et avec lesquels vous vous entendez bien peut ainsi vous permettre de répondre à certains gros appels d’offre ou à de contrats sur la conservation et restauration de fonds documentaires vastes (photographies, archives complètes, etc.).

Faites-vous connaître !

Aller à la rencontre des institutions, musées et châteaux privés et ne pas avoir peur d’être mobile, surtout si vous exercez en dehors de la région parisienne, sont également des atouts qui faciliteront les contrats.

Le bouche-à-oreille et la bonne réputation sont aussi des facteurs à ne pas négliger dans ce corps de métier.

N’hésitez pas enfin à vous rapprocher de la Fédération française des professionnels de la conservation-restauration (FFCE) afin de vous faire connaître, d’apparaître dans l’annuaire des professionnels et d’être informé des actualités de la profession. Sur le site de la fédération, vous trouverez également des annonces diverses sur votre métier (offres d’emploi, tables rondes, journées professionnelles, etc.), des fiches pratiques et des conseils pour bien vous installer.
Pour bien démarrer ou continuer à être attentif à l’évolution de votre métier, vous pouvez également consulter la Bibliographie générale de la conservation des biens sur le site de la Fédération des professionnels de l’art contemporain (CIPAC).

Bon à savoir

Vous êtes restaurateur-conservateur salarié ? Si votre activité est à temps partiel, vous pouvez — si les clauses de confidentialité de votre contrat de travail le permettent — compléter vos revenus avec des missions de restaurateur en tant qu’auto-entrepreneur. 

Vous aimez l’art, êtes habile de vos mains, avez une interaction particulière avec les œuvres et êtes heureux de transmettre et de participer à la sauvegarde du patrimoine culturel ? Ce métier est fait pour vous !

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