L’auto-entreprise fête ses 10 ans : quel est le bilan ?

L’auto-entreprise fête ses 10 ans : quel est le bilan ?

31 janvier 2019

L’auto-entreprise fête ses 10 ans en 2019 ! Depuis sa création, le statut a conquis des milliers d’entrepreneurs souhaitant lancer leur activité facilement et rapidement. Qu’en est-il aujourd’hui ? À l’occasion de cet anniversaire, la rédaction a souhaité faire le point sur l’évolution du statut et les principales raisons de son attractivité.

Les évolutions de l’auto-entreprise en 2018

La croissance du nombre d’auto-entreprises

Les derniers chiffres de l’INSEE montrent une véritable explosion du nombre des auto-entrepreneurs en France en 2018 :

  • uniquement sur le premier semestre 2018, 152 598 auto-entreprises ont été créées

  • entre mai 2017 et avril 2018, 42,9 % des créations d’entreprise étaient des auto-entreprises (2 créations sur 5)

  • au total, en 2018, on estime que 25 709 auto-entrepreneurs se sont inscrits chaque mois en moyenne.

À titre d’information, cette forte augmentation (+ 28 % entre 2017 et 2018 selon l’Insee)  est principalement due à la réforme entrée en vigueur au 1er janvier 2018 et qui a notamment permis de doubler le plafond de chiffre d'affaires des auto-entrepreneurs.

En 2017, l’Acoss confirmait déjà la nette accélération du nombre de création d’auto-entreprises constatée en France. En effet, fin décembre 2017, l’agence comptait 1 183 000 auto-entrepreneurs (sur un total de 2,8 millions de travailleurs indépendants) contre 1 072 000 à la même période en 2016, équivalent à une augmentation de 11,3 %.

Le chiffre d’affaires des auto-entrepreneurs

Là aussi, les chiffres sont plutôt positifs. D’après le dernier bulletin de l’Acoss (juillet 2018), 61,1% des auto-entrepreneurs ont déclaré un chiffre d’affaires positif au 4ème trimestre 2017.

Pour information, le chiffre d’affaires moyen des auto-entrepreneurs était de 3 664 € au 4ème trimestre 2017 contre 3 505 € à la même période en 2016. Ce montant a donc augmenté de 4,5 % en 1 an.

Enfin, selon la Fédération Nationale des Auto-entrepreneurs, le chiffre d’affaires global des auto-entreprises en France était estimé à près de 9,8 milliards d’euros pour l’année 2017 contre 8,8 milliards en 2016.

Les secteurs les plus représentés en auto-entreprise

En 2018, selon la Fédération Nationale des Auto-entrepreneurs, les secteurs les plus dynamiques sous le régime de l’auto-entreprise sont :

  • le transport et l’entreposage (33 %)

  • les activités immobilières (22 %)

  • les activités de soutien aux entreprises (18 %)

  • les services à la personne (15,9 %)

  • les activités de communication (13,8 %)

  • le bâtiment (5,1 %)

À l’inverse, on estime que le transport de personnes (les VTC par exemple) a enregistré pour la première fois une baisse des immatriculations (- 2 % en 2018), après deux années de très forte hausse.

Temps forts de l’auto-entreprise en 2018

L’année 2018 a été marquée par plusieurs temps forts pour les auto-entrepreneurs :

  • l’arrivée de la TVA : avec le doublement des plafonds de chiffre d’affaires en janvier 2018, les auto-entrepreneurs sont désormais redevables de la TVA s’ils dépassent certains seuils de chiffre d’affaires annuel.

  • la plateformisation de l’économie : cette année encore, on note une explosion du nombre de plateformes de mises en relation entre particuliers et professionnels (ou entre professionnels). Très utilisées par les auto-entrepreneurs (coursiers à vélo, chauffeurs VTC, services à la personne, etc.), certaines ont été vivement critiquées et accusées de pratiquer du salariat déguisé.

  • l’application du décret de protection des indépendants : pour faire face aux éventuelles dérives de l’ubérisation, le gouvernement a publié en mai 2017 un décret visant à mieux protéger les auto-entrepreneurs travaillant pour des entreprises ubérisées. Depuis le 1er janvier 2018, les plateformes ont donc l’obligation de prendre en charge les accidents du travail des indépendants qui exercent des missions pour eux.

L’auto-entreprise : les raisons principales du succès

Au-delà des réformes visant à simplifier la création des entreprises, plusieurs éléments expliquent le succès du statut de l’auto-entreprise depuis 2009 :

  • le statut auto-entrepreneur est ouvert à tous que vous soyez salarié, fonctionnaire, étudiant, chômeur, dirigeant assimilé salarié, mineur ou encore retraité

  • vous pouvez cumuler les revenus issus de votre auto-entreprise avec votre salaires ou vos allocations

  • les démarches de création d’une auto-entreprise sont simples, rapides et peuvent être effectuées en ligne sur le site officiel des auto-entrepreneurs

  • la gestion administrative et comptable est simplifiée au quotidien

  • vous payez des cotisations sociales en fonction de votre chiffre d’affaires.

Quels changements à venir pour les auto-entrepreneurs ?

Vous hésitez encore à franchir le pas ? Sachez qu’en 2019, de nombreux changements devraient impacter positivement ce statut.

À titre d’exemple, voici quelques-unes des mesures annoncées par le gouvernement pour les auto-entrepreneurs :

  • le « congé maternité unique » : permettant aux travailleuses indépendantes de bénéficier d’une indemnité de repos maternel de 112 jours au total

  • l’ACRE ou « exonération de début d'activité » (anciennement ACCRE) : permettant une exonération des cotisations sociales partielle et dégressive sur 3 ans, pour tous les auto-entrepreneurs qui créent leur auto-entreprise à partir du 1er janvier 2019

  • l’exonération de la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE), pour les auto-entrepreneurs qui déclarent moins de 5 000 € de chiffre d’affaires par an.

Afin de faciliter la création de nouvelles entreprises, d’autres mesures pourraient progressivement être mises en place pour les auto-entrepreneurs :

  • la fin du compte bancaire obligatoire, pour les auto-entrepreneurs dont le chiffre d’affaires annuel est inférieur à 5 000 € (la loi n’a pas encore été votée)

  • le rattachement progressif de tous les auto-entrepreneurs à la CPAM d’ici 2020

  • la mise en place d’un interlocuteur unique pour tous les créateurs d’entreprise, afin de centraliser leurs données et faciliter les démarches administratives (loi PACTE)

  • la fin du SPI obligatoire (le vote est prévu le 12 février pour une application éventuelle au printemps 2019)

Très dynamique depuis sa création en 2009, le régime juridique de l’auto-entreprise a permis un essor considérable de l’entrepreneuriat en France, notamment pour les personnes qui souhaitent tester leur projet en limitant les risques. Et vous l’avez compris, au vu des derniers chiffres et des mesures engagées par le gouvernement, le statut a encore de beaux jours devant lui !

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