Holy crêpe : le food truck breton en Finlande

Holy crêpe : le food truck breton en Finlande

Découvrez l’aventure de Julia, une jeune auto-entrepreneure qui s’est lancé le défi de faire connaître les crêpes bretonnes en Finlande. Retrouvez ici son parcours, des formalités administratives jusqu’à l’ouverture de son food truck, Holy crêpe !


Nous avons eu le plaisir de rencontrer Julia Félix, ardéchoise de 25 ans, qui a créé son food truck en auto-entreprise pour faire découvrir les recettes de crêpes de sa grand mère aux finlandais. Le projet débute en 2016 et se poursuit les deux saisons d’été suivantes. Nous avons pu recueillir son témoignage sur son expérience de l’auto-entrepreneuriat en Finlande.

C’est après une année d’Erasmus en Finlande que Julia tombe raide dingue de ce pays nordique ! De retour en France, elle termine son DUT dans le management culturel mais rencontre des difficultés pour trouver un travail dans cette branche.

Les allers-retours en Finlande se multiplient et finalement la question se pose de chercher un emploi là-bas. La barrière de la langue qu’elle ne maîtrise pas complètement est un handicap, elle ne décroche pas de job.

Issue d’une famille d’entrepreneurs et petite fille de bretons et crêpiers, elle envisage de perpétuer l’héritage familial. Ses grands-parents maternels ayant commencé à exporter leur savoir-faire vers la capitale dans les années 70, pourquoi ne ferait-elle pas la même chose aujourd’hui pour les Finlandais ?

Afin d’allier son amour de la Finlande aux talents culinaires familiaux, elle imagine tout d’abord ouvrir une crêperie là-bas. Elle entame quelques recherches et se retrouve vite freinée par le capital colossal que représente ce type de projet. C’est là que lui vient l’idée du food truck.

Julia, alors âgée de 23 ans, et ayant seulement 2 mois de permis de conduire à son actif décide de tenter une sacré aventure ! Le nom et le logo sont trouvés : ce sera “Holy crêpe !” (jeu de mot avec l’expression anglaise “holy crap”). Achat du camion, aménagement express avec l’aide de ses proches, et en quelques semaines Julia et son ancien véhicule de pompier Renault Master sont fin prêts à quitter l’Ardèche. Elle aménage une petite chambre à l’arrière du camion, bricole une enceinte pour tenter d’avoir la radio à bord, et part pour Lübeck en Allemagne où le ferry l’attendait direction Jyväskylä en Finlande. Après sa première saison, 4000 km de route, 6 pays traversés, 2 pannes et 1 contrôle de douane, l’aventure prenait fin… jusqu’à l’été suivant !

Nous avons voulu en savoir un peu plus sur l’expérience de cette courageuse crêpière-baroudeuse…

L’entrepreneuriat a-t-il été une évidence pour vous ?

J'ai toujours voulu être entrepreneure et j’espère d’ailleurs renouveler encore l’expérience avec d’autres projets qui tourneront cette fois autour du domaine culturel et du monde des artistes.

Pourquoi avoir choisi le statut auto-entrepreneur ?

Je ne connaissais rien au statut avant cela ! Venant d’une famille d’entrepreneurs, je n’ai jamais vu mes parents être employés de quelqu’un à part d’eux-mêmes et c’est donc tout naturellement que cette envie m’est venue ! Le statut auto-entrepreneur me semblait être le plus simple. N’ayant pas trop d’argent de côté, et voyant l’exemple de mon frère ainé, lui-même déclaré sous ce statut, j’ai été d’abord rassurée par le fait que je n’aurai rien à payer si je ne faisais pas de chiffre d’affaires. Ce statut me semblait correspondre à ce dont j’avais besoin pour me lancer en limitant la prise de risque.

Comment s’est déroulée la création de cette entreprise ?

J’ai commencé par entreprendre des recherches sur le statut afin de savoir comment faire pour monter un food truck sous ce régime. Je n’aurai jamais pensé que ce serait si difficile de savoir comment, quand et où se déclarer pour ce genre d’activité. J’ai finalement réussi tant bien que mal à rassembler les informations dont j’avais besoin pour pouvoir débuter les démarches.

Mon activité étant artisanale, je dépends de la chambre des métiers et de l’artisanat (CMA). De ce fait j’ai passé le stage de préparation à l’installation (SPI) dont j’aurais pu être exemptée du fait de mon DUT mais je ne le savais pas à l’époque. Avec le recul je me rends compte avoir appris beaucoup de choses sur la gestion de mon auto-entreprise, donc pas de regrets ! D’autant plus que j’ai été partiellement remboursée des frais du stage grâce à mon inscription à Pôle Emploi. Une fois que mon dossier était complet j’ai pu le déposer et j’ai recu mon SIRET peu de temps après. Heureusement car mon départ en Finlande était prévu 2 jours après la fin du stage ! Toute la CMA de l'Ardèche s’est mobilisée pour que je puisse obtenir mon SIREN et KBIS en temps et en heure avant mon départ. 

Avez-vous eu besoin d’une formation ou d’un diplôme ?

Je n’ai pas eu besoin de présenter de diplôme, mais dans mon cas une formation aux règles d’hygiène était obligatoire. Je devais la passer dans les premiers mois de mon activité. En Finlande j’ai également dû passer un contrôle afin de pouvoir exercer dans le pays. Pour connaître les obligations locales en matière d’hygiène j’ai fait mes propres recherches. Par exemple je n’avais pas le droit de couper certains  ingrédients dans le camion ou encore d'y casser les oeufs, je devais le faire à domicile et les cuisiner ensuite sur place.

A-t-il été facile d’exercer en tant qu’auto-entrepreneur à l’étranger ?

Créer une auto-entreprise et exercer à l’étranger est possible mais simplement pendant un temps donné. Cela dépend d’un pays à l’autre et dans mon cas je ne pouvais pas rester plus de 3 mois, donc seulement le temps d’une saison.

Que retenez-vous de cette expérience ?

Que de bonnes choses ! Je me suis retrouvée moi-même ! En prime, je me suis dégagée un joli bénéfice surtout sur la première année puisque le beau temps était avec moi ! La seconde a été un peu plus compliquée. Ma saison a été plus courte, je suis restée moins longtemps que l’année précédente. Également la météo n’a pas été à mon avantage, ce qui ne favorisait pas la vente de crêpes en extérieur ! Quand il pleut on n’ouvre pas puisque les clients ne viennent pas. Si je dois retenir un point négatif sur cette expérience ce serait clairement la recherche d’informations pour ouvrir l’auto-entreprise. J’ai souvent eu peur d’avoir manqué quelque chose et que le projet tombe à l’eau.

Quel serait votre conseil aux auto-entrepreneurs qui veulent se lancer ?

Never give up ! (NDLR : N’abandonnez jamais !) Même si la mise en place peut être difficile, l’auto-entreprise est une fierté personnelle quand l’activité démarre. On passe souvent trop de temps à se poser des questions en amont, mais au final il faut simplement prendre le risque de se lancer pour pouvoir vivre de sa passion ! Une fois qu’on s’est lancé, tout fait déjà moins peur, et on apprend en faisant les choses au fur et à mesure.

Avez-vous une citation ou une personnalité qui vous inspire ?

Un jour mon frère m’a lu ce proverbe arabe qui dit :

“Le tout étant de ne pas perdre sa vie à vouloir la gagner”.

Chacun le comprend ou l’interprète comme il le veut mais pour moi ça veut dire qu’il ne faut pas tourner autour du pot, quand on veut quelque chose on travaille pour y arriver !

Propos recueillis par Laëtitia Lorieul.

 

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